Jeudi 24 septembre 2026 Buée des buées
du livre de Qohèlet : « Vanité des vanités, disait Qohèleth. Vanité des vanités, tout est vanité ! Quel profit l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ? Une génération s’en va, une génération s’en vient, et la terre subsiste toujours. Le soleil se lève, le soleil se couche ; il se hâte de retourner à sa place, et de nouveau il se lèvera. Le vent part vers le sud, il tourne vers le nord ; il tourne et il tourne, et recommence à tournoyer. Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’est pas remplie ; dans le sens où vont les fleuves, les fleuves continuent de couler.Tout discours est fatigant, on ne peut jamais tout dire. L’œil n’a jamais fini de voir, ni l’oreille d’entendre. Ce qui a existé, c’est cela qui existera ; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera ; rien de nouveau sous le soleil. Y a-t-il une seule chose dont on dise : « Voilà enfin du nouveau ! » – Non, cela existait déjà dans les siècles passés. Mais, il ne reste pas de souvenir d’autrefois ; de même, les événements futurs ne laisseront pas de souvenir après eux. »
« Vanité des vanités, tout est vanité ! » En hébreu : « Abel des Abel … tout est Abel ! » littéralement : « Buée des buées, tout est buée. » Ainsi parle le sage, le propriétaire, le sédentaire, l’homme qui a acquis des biens et a cru en la stabilité du monde. Il reconnaît que tout est Abel, buée. Tout ce que nous construisons solidement finit par s’user ou par disparaître, tandis que ce qui est fragile, éphémère et faillible, laisse paradoxalement des traces indélébiles dans le monde. Pourriez-vous nommer les trois personnes les plus riches du monde ? Les trois gagnants des derniers Prix Nobel ? Les trois derniers gagnants des Oscars du meilleur acteur ? Vous n’y arrivez pas ? C’est difficile ! Ne vous inquiétez pas : personne ne s’en souvient. Les applaudissements passent. Les trophées prennent de la poussière. Les gagnants sont vite oubliés. Maintenant, répondez à ces questions : nommez cinq professeurs qui ont contribué à votre formation, cinq amis qui vous ont aidé dans les moments difficiles, cinq personnes qui vous ont permis de vous sentir important, cinq personnes avec qui vous aimez passer du temps. Il faut réfléchir, bien sûr, faire remonter des souvenirs, mais c’est possible. Beaucoup plus facile en tout cas !
Les personnes qui ont un sens dans nos vies ne sont pas celles qui sont « côtées » au maximum, avec le plus d’argent, les plus belles médailles. Ce sont celles qui se font du souci pour nous, qui prennent soin de nous, celles qui, en toutes circonstances, restent auprès de nous.
La buée des existences passées ne s’évapore pas : elle souffle dans nos vies et nous mène là où nous ne pensions jamais aller.
On pourrait traduire aussi : à quoi bon ?!
Parmi les étourderies célèbres du Père Jolivet, il y a celle-ci : il prêchait une retraite de profession de foi à Sereys. Il dit aux enfants : « Voyez vous, il faut toujours se tenir prêt. J’ai bien connu un jeune. Comme les autres, il étudiait, il jouait, il rêvait de son avenir, il travaillait, il priait. Un soir, il s’est couché comme tous les autres soirs. Mais le lendemain matin, il s’est réveillé mort » (… !)
Grâce à la foi, la vie n’est pas dans la futilité. La foi en Jésus donne du poids à chaque jour qui passe, à chaque moment. Est-ce qu’on se souviendra longtemps de Jeanne Calment même si elle a joué un bon tour à son notaire qui avait acheté sa maison en viager alors qu’elle est morte à 123 ans bien après ce monsieur. En revanche, on va s’inspirer longtemps de sainte Bernadette de Lourdes (34 ans), sainte Thérèse de l’enfant Jésus (24 ans), sainte Catherine de Sienne (33 ans), Bienheureuse Chiara Luce (18 ans), saint Louis de Gonzague (23 ans), saint Dominique Savio (15 ans), Bienheureux Carlo Acutis (15 ans), Pier Giorgio Frassati ( 24 ans)…etc..
Deuxièmement, la foi donne non seulement une densité au temps mais également de la sérénité. Le Père Paul Best était retiré dans son village natal de Saint-Pierre-du-Champ. Il a 84 ans. Alors qu’il célèbre la messe dans la petite église, ils entendent un bruit d’apocalypse et ressentent comme un séisme. Un paroissien va voir : une des grosses cloches vient de tomber sur la voûte. Quelques jours plus tard, un journaliste lui téléphone pour en savoir plus. Il lui raconte. Le journaliste lui demande : « Et après que vous vous soyez rendu compte que c’était une cloche qui s’était détachée, qu’avez vous fait ? » « Eh bien, nous avons continué la messe » « Mais, dit le journaliste, vous n’aviez pas peur que le bâtiment s’écroule ? Est-ce que vous n’auriez pas mieux fait d’évacuer l’église ? » Réponse du Père Best : « Et depuis quand ce sont les événements qui commanderaient au Bon Dieu ? Nous devions dire la messe ; nous avons continué ».
Pour nous aider à apprivoiser le temps, Jésus a institué le dimanche, jour où nous reprenons souffle, où nous nous rappelons pourquoi nous travaillons les autres jours de la semaine, où nous nous tournons vers notre Créateur. Il a aussi institué la messe. Je termine par le mot d’une théologienne en herbe, une petite Madeleine, 5 ans : « Quand on verra Jésus au ciel et qu'on lui demandera quel jour on est, il nous répondra toujours : « Dimanche » !
Les bonus : LA PARABOLE DES DEUX FILS, Rediffusion du 26 dimanche du TO année A, étude biblique
Comment l’humanité est-elle passée des dieux à Dieu ? | Philosophie de la religion #3