Mardi 24 mars 2026 Où est le Mystère ?
« Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; […] Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable ».
J’emprunte deux pages au Père Guy Vandevelde que l’on peut appeler spécialiste du Mystère de la sainte Trinité.
« La Sainte Trinité n’est pas une invention de l’Église ou des théologiens, mais une constatation qui s’est imposée à partir de l’Evangile lui-même et du mystère du Christ, conduisant les Apôtres eux-mêmes à cette révélation inouïe de la pluralité des Personnes en Dieu. Révélation si énorme – la manifestation de la vie intérieure de Dieu lui-même, en quoi consiste précisément la religion chrétienne – qu’il a fallu quelques siècles pour forger les formules dogmatiques les plus à même de rendre compte de cette expérience chrétienne et de la foi catholique, et quelques siècles encore pour que la théologie parvienne à rendre compte de l’intelligence de la foi, en un certain nombre de principes authentifiés par le Magistère. Quelle est cette constatation ? On démarre dans le cadre du monothéisme juif, de la religion du Temple à Jérusalem, et de la Parole révélée à Moïse dans la Torah, les Prophètes, et les Ecrits sapientiaux d’Israël. Et là, on s’aperçoit que Jésus affirme un lien privilégié absolument unique avec Dieu qu’il appelle son Père, au point de revendiquer pour lui-même la condition divine, et d’en faire la démonstration dans l’autorité de sa parole et la puissance de ses œuvres, récapitulant sur sa personne même, l’ensemble de ce qui constituait la religion d’Israël. Ceci fut parfaitement compris, mais refusé, de sorte que Jésus fut livré aux païens pour être crucifié sous l’accusation de blasphème : toi qui n’es qu’un homme tu te fais Dieu en appelant Dieu ton propre Père. Ce que Jésus avait lui-même prophétisé : « Lorsque vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous saurez que Je Suis (c’est moi Dieu, Adonaï ou YHWH) et que je ne fais rien de moi-même, mais je parle comme le Père m’a commandé. » Ce qui signifie à la fois la divinité du Christ, et sa condition de Fils de Dieu, recevant tout du Père, y compris son unité et égalité avec lui. La résurrection du Christ le troisième jour, selon les Ecritures, confirme la vérité de sa divinité : maître de la vie et de la mort. Dès lors que l’on reconnaît la divinité du Christ « Dieu né de Dieu, lumière né de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de la substance même du Père, et par qui tout a été fait », il faut essayer de comprendre comment cette distinction entre le Père et le Fils n’altère pas l’unité absolue du seul Dieu vivant et vrai. Surtout que la question rejaillit également à propos du Saint-Esprit manifesté au jour de la Pentecôte, « qui est Seigneur et Donateur de vie, qui procède du Père et du Fils et reçoit même adoration et même gloire. » Comment donc, rendre compte, dans l’intelligence de la foi, de cette expérience fondamentale de toute l’Église et de chaque chrétien « baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », et recevant par ce baptême participation à la vie même de Dieu jusque dans l’éternité s’il persévère ? Concernant la Sainte Trinité, il importe donc de rappeler dans un premier temps le dogme : le dogme de la Sainte Trinité tel qu’enseigné par le Magistère se résume ainsi. Il y a un seul Dieu, l’Être infini, absolument simple, éternellement parfait, plénitude subsistante de toute vérité et de tout bien : le Sujet divin (Celui qui est Dieu) n’est pas distinct réellement de la nature divine (Ce par quoi il est Dieu). Il y a distinction réelle de Trois personnes en Dieu. Chacun des Trois est pleinement Dieu et ils le sont ensemble. Si je considère le Père seul, je n’ai pas moins de divinité ; si je les considère ensemble je n’ai pas plus de divinité. Les Trois Personnes sont absolument égales et coéternelles : il n’y a pas d’instant où le Père soit sans son Fils ; il n’y a pas d’instant où le Père et le Fils ne soient pas unis dans leur Amour qu’est l’Esprit. Ils sont toujours ensemble, l’un avec l’autre et l’un dans l’autre. Ainsi donc, on posera l’unité dans la Nature divine, et la distinction au niveau du Sujet : une Nature divine numériquement Une, « possédée » (ou « vécue ») par trois Sujets réellement distincts entre Eux, bien qu’ils soient tous et chacun identiques réellement à l’unique Nature divine (voir supra l’Etre infini absolument simple). Ce qu’on ne pourra jamais comprendre c’est précisément : comment peuvent-Ils être réellement distincts entre eux, tout en étant chacun réellement identique à l’unique nature divine numériquement une, selon la formule des Pères « le Père est Autre que le Fils mais il n’est pas autre Chose que lui » ? Notre intelligence est en paix si elle comprend au moins que cela n’est pas contradictoire : distinction des Sujets entre eux, c’est bon ; identité de l’unique nature divine, c’est bon ; mais impossibilité pour nous de penser les deux propositions en même temps (les sujets distincts entre eux sont identiques à la nature divine), nous ne pouvons que le croire.
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