Mardi 24 février 2026. 1ère semaine de carême. Père Nôtre
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 6, 7-15) : « En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »
Le Pape Benoît XVI, écrit dans son « Jésus de Nazareth » (Flammarion Paris, p. 158) : « Le Notre Père commence donc avec Dieu et il nous conduit, à partir de lui, sur les voies de « l’être homme ». Pour finir, nous descendons jusqu’à l’ultime menace pour l’homme guetté par le Malin. Ici, « peut surgir en nous l’image du dragon de l’Apocalypse, qui mène la guerre contre les hommes « qui observent les commandements de Dieu et qui gardent le témoignage pour Jésus.» (Ap. 12,17) Mais le commencement reste toujours présent : nous savons que notre Père est auprès de nous, qu’il nous tient dans sa main, qu’il nous sauve. Le Père Hans Peter Kolvenbach parle dans son livre d’exercices spirituels d’un starets orthodoxe qui ne pouvait s’empêcher « de faire réciter le Notre Père en commençant par le dernier mot, afin qu’on devienne digne de clore la prière avec les paroles initiales : « Notre Père ». De cette manière déclarait-il, on prend le chemin pascal : « on commence dans le désert avec la tentation, on retourne en Egypte, on parcourt à nouveau le chemin de l’Exode ; par les stations du Pardon et de la manne de Dieu, pour arriver grâce à la volonté de Dieu dans la Terre promise, le Royaume de Dieu, où il nous communique le mystère de son Nom : Notre Père ».
Alors, puisque Benoît XVI nous y encourage, essayons :
Du mal, délivre-nous.
Dans la tentation, ne nous laisse pas entrer.
Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,
Pardonne-nous nos offenses.
Notre pain de ce jour, donne-le nous aujourd’hui
Que comme au Ciel ta volonté soit faite sur la terre.
Que ton Règne vienne
Que ton Nom soit sanctifié
Toi qui es aux Cieux, Notre Père.
« Les deux chemins, l’ascendant et le descendant, peuvent ensemble nous rappeler que le Notre Père est toujours une prière de Jésus et qu’elle s’éclaire à partir de la communion avec lui. Nous prions le Père qui est aux cieux, que nous connaissons à travers son Fils . Jésus se tient toujours derrière les demandes :Le Pardon, c’est lui, le Pain pour aujourd’hui, c’est Lui, le Règne de Dieu, c’est lui en personne , le Nom de Dieu, c’est Lui.. Et enfin, le Notre Père étant une prière de Jésus c’est une prière trinitaire. Nous prions le Père avec Jésus et par le Saint Esprit. »
Jésus, précisément, avant de livrer à ses disciples le Notre Père, leur commande de ne pas rabâcher comme les païens qui « s’imaginent qu’en parlant beaucoup, ils se feront mieux écouter » (Mt 6,7). Inutile d’assaillir le Ciel de logorrhées interminables, mieux vaut prier sobrement. La sagesse d’Israël recommandait déjà: « Ne hâte pas tes lèvres devant Dieu… que tes paroles soient peu nombreuses » (Qohélet 5,1).
Telle est la pointe des propos du Christ : vous n’avez pas besoin, dit il à ses disciples, d’inventer sans cesse des paroles nouvelles. Le petit nombre des paroles que je vous donne dans « le Notre Père » suffit. Comparé aux prières orientales, le « Pater » frappe, en effet, par sa brièveté. Dans la version de saint Matthieu on ne compte que cinquante sept mots grecs, et trente-huit seulement chez saint Luc ! C’est un résumé que le Christ donne à ses disciples, le « bréviaire de tout l’Évangile » selon l’expression de Tertullien.
Pour nous renouveler dans la prière du Notre Père pensons à l’évangile selon saint Jean. Dans cet évangile, le quatrième, Il est sans arrêt question du Père sur les lèvres de Jésus , beaucoup plus que dans les trois autres évangiles. Cependant, Jésus n’emploie l’expression « votre Père » qu’une fois la Passion traversée. Nous nous souvenons ; c’est quand il dit à Marie-Madeleine : « ne me touche pas ; va plutôt trouver mes frères et dis leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20,17). Pourquoi faut-il attendre la fin de l’évangile pour entendre parler de Notre Père ? Parce que ce qui nous donne le droit de nous adresser ainsi au Seigneur de l’univers, c’est que Jésus a donné sa vie pour nous. Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui, mais en Italie, le prêtre célébrant la messe n’avait pas besoin de proposer aux fidèles de se donner la main pour dire ensemble le Padre nostro. Les fidèles tendaient presque instinctivement les mains vers leurs voisins dès qu’arrivait le moment de prononcer la prière de Jésus. Le geste de se donner la main est le symbole que Dieu est le Père de tous et qu’il établit une fraternité entre nous. Cependant ce n’est pas le sens premier du « notre ». « Notre » signifie d’abord que Dieu est le Père de Jésus et le mien. Pensons-y en disant le Notre Père : si je peux dire « notre » ce n’est pas en raison de la fraternité universelle, mais d’abord parce que Jésus a donné sa vie pour moi, d’abord parce que depuis mon baptême je suis greffé sur Jésus. Ainsi en disant Notre je me laisse enflammé par une reconnaissance éperdue envers Jésus.
Les bonus : (7189) prière pour commencer son carême – YouTube
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