24 avril 2022 Jeudi de Pâques La nourriture du ressuscité.
Il est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 24, 35-48) : «En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »
Dans son état glorieux, Jésus n’a pas besoin de manger. Et pourtant il le fait. Pourquoi donc ? Pour attester qu’il n’est pas un fantôme mais possède un vrai corps de chair certifiée. Mais pas seulement. J’emprunte à Fabrice Hadjadj une belle réflexion à la fois profonde et souriante, dans son livre « Résurrection mode d’emploi ».
S’il mange, ce n’est plus par dépendance mais par « assomption ». Il assume dans sa Gloire notre ordinaire pour que nous puissions reconnaître dans notre ordinaire un ordre merveilleux.
Emerveillons-nous un instant devant notre ordinaire le plus ordinaire Notre appareil digestif est une orchestration d’organes si variés, des incisives jusqu’au « fondement », avec la merveille des muscles sphincters et du péristaltisme, des deux cents millions de neurones délocalisés dans nos intestins, de l’action amicale des enzymes et des bactéries en symbiose (ces bactéries qui sont en chacun de nous cent fois plus nombreuses que nos propres cellules et forment sous notre ceinture abdominale l’écosystème le plus dense de la planète !), de la délicate absorption des nutriments par la partie grêle et le colon de cette tuyauterie deux fois plus longue qu’un boa constrictor, sans compter cette salive qui vient à la langue par les yeux ou par l’odeur ou par l’imagination, et ce stupéfiant estomac qui secrète des litres d’acide chlorhydrique et en même temps le mucus lui permettant de ne pas se dévorer lui-même ! Quelle machine est plus admirable ? Laquelle est capable de cette alimentation qui n’est pas d’un carburant mais d’une nourriture ? Car le carburant (gaz, essence, électricité, etc…) ne sert qu’à faire fonctionner une machine. Quand on ne lui en apporte pas, la machine continue de fonctionner. Elle est à l’arrêt mais elle ne meurt pas. Le carburant n’est pas un reconstituant. Il ne maintient pas l’existence du moteur, ni de la carrosserie, ni de n’importe quelle autre pièce de la voiture. La nourriture, elle, ne fait pas que fournir les calories qui servent au fonctionnement ; elle restaure, elle refait, elle régénère. (On retrouve ces mots dans « restaurant » et « réfectoire »).
Emerveillons-nous aussi devant la concordance entre nos besoins vitaux et ce que nous trouvons dans la nature : honneur à la cuisse de poulet sans laquelle je ne tiendrais plus sur mes jambes ! Honneur à la salade sans laquelle je ne pourrais pas raconter mes salades. Hosanna au bol d’air sans quoi mes lèvres seraient incapables de louange !
Le Ressuscité qui mange nous invite donc d’abord à l’émerveillement. Avec les jeunes, nous essayons de le vivre en chantant les « bénédicités» (Il y en a une infinité ; « Comme le pélican nourrit ses petits enfants, comme le kangourou nourrit ses petits bout’d chou, tu nous donnes en pâture une bonne nourriture, merci Seigneur ! »)
Mais il y a plus que cela. Jésus Ressuscité passe ses apparitions à expliquer les Ecritures et à manger ou faire manger. Il est clair qu’il nous donne rendez-vous à la messe, à l’eucharistie, à la Fraction du pain. Le Ressuscité se volatilise mais il devient aussi quelque chose de très concret : le pain quotidien de ses disciples. Il s’était déjà fait chair (C.H.A.I.R.), maintenant il se fait chère (C.H.è.R.E.) et refait leur chair. Il n’est plus là pour leur regard mais pour leur repas. Il n’est plus seulement là pour leur instruction, mais aussi pour leur construction.
Il est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !
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