Mercredi 22 juillet- Ambitions légitimes.
Dans sa première lettre à Timothée sait Paul écrit : « Bien-aimé, voici une parole digne de foi : si quelqu’un aspire à la responsabilité d’une communauté, c’est une belle tâche qu’il désire. » Littéralement : C’est une bonne chose d’aspirer à l’épiscopat.
D’abord deux histoires souriantes : On raconte malicieusement qu’un prêtre, un jour, va chez son meilleur ami prêtre. Il le trouve en pleurs. « Oulala, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Qu’est ce qui t’a mis dans un état pareil ? Un souci avec tes paroissiens ? une mauvaise nouvelle concernant ta famille ? ta maman ? Ton papa ? Ta santé ? »-« Je ne peux pas te le dire. » - « ah bon ? je respecte. Mais ça m’étonne. On se dit tout depuis bien longtemps. Un secret de confession trop lourd ? Aie confiance. Je respecte ta discrétion. Je prierai pour toi. » Le prêtre toujours en pleurs hésite puis finit par dire à son ami : « à toi je vais le dire : je viens de recevoir une lettre du Nonce apostolique en France : je suis nommé évêque » « Oulala , si c’est ça qui te met dans un tel état, on va organiser une fuite. Comme Rome a horreur des fuites, le processus sera arrêté et tu ne seras pas évêque. » Alors son ami lui dit « Je préfère pleurer » … !
On raconte l'histoire d'un prêtre sous le lit duquel, après sa mort, on trouva toute une panoplie de vêtements épiscopaux ainsi que son discours, inutilisé, d'acceptation : « Qu'elles sont étranges, les opérations de la providence divine. L'idée ne m'avait jamais effleuré que je serais appelé à une fonction aussi élevée »
Si saint Paul que c’est une bonne ambition, c’est sans doute parce que cela dénote un désir de servir au maximum, de se donner à fond. Mais point besoin de faire campagne. L’appel viendra ou ne viendra pas.
Monseigneur Henri Brincard se prêtait volontiers aux questions des jeunes. Un jour un jeune lui pose la question : « Comment fait-on pour devenir évêque ? » Il a répondu : « Je n’en ai pas la moindre idée. Je ne sais pas » Et il a ajouté « Et je plains ceux qui le savent »… ! Il avait dit plusieurs fois que pour lui-même l’appel à l’épiscopat avait été « comme un coup de tonnerre en plein ciel d’été », une surprise totale.
Qu’est-ce qui fait la force de quelqu’un à qui sont confiées de si lourdes responsabilités ? Cette petite parole de Jésus : (Jn 15.16) : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis » Se savoir choisi et envoyé donne une force incommensurable !
Nous trouvons de multiples exemples dans les films ou la vraie vie …
Par exemple dans « il faut sauver le soldat Ryan », les soldats du commando américain envoyé en Normandie tout de suite après le débarquement vont accomplir des prouesses incroyables simplement parce qu’ils sont en mission.
Nelson Mandela aurait pu sortir de sa prison ; on le lui a proposé ; mais il se savait missionné pour son peuple ; son œuvre débordait sa personne. Il a renoncé à une vie normale d'homme marié par amour pour son peuple. Personne ne peut être réellement libre si quelqu'un reste prisonnier. S'il voulait, lui, être libre, il fallait qu'il oeuvre à la libération de tous les Sud-Africains, blancs et noirs.
Un Père jésuite vietnamien raconte qu’en 1975, il terminait ses études à Rome. Sachant que dans son pays, les communistes étaient sur le point de prendre le pouvoir et que les chrétiens allaient subir immédiatement une persécution horrible, il va trouver le Général de la Compagnie jésuite, le Père Pedro Arrupe pour lui demander d’être envoyé au Vietnam. Celui-ci refuse catégoriquement. Mais le lendemain, le Père Arrupe lui intime l’ordre d’y aller en lui disant : « sachez que ce n’est pas parce que vous avez insisté mais parce que c’est une décision qui vient d’En-Haut ». Le jeune jésuite part au Vietnam au moment où les Américains s’enfuient du pays. Il va être fait prisonnier très vite et envoyé dans un camp de rééducation très dur. Il célèbre la messe chaque nuit après une dure journée de travail, en haut de leur lit à étages, juste sous les tôles brûlantes du toit de la cabane, couché, l’autel étant sa poitrine… Il tiendra le coup, parce qu’il peut se dire chaque jour : « ce n’est pas moi qui me suis donné cette mission, je suis envoyé. »
C'est aussi la grâce du sacrement de mariage. Le mariage c'est une histoire d'amour reliée à Dieu, par Dieu, pour Dieu. Une histoire d’amour reliée à Dieu de toute éternité de par la succession des générations, et parce que lui-même est l’amour par lequel nous aimons. C'est une histoire d'amour reliée PAR Dieu comme le feu soude deux métaux, comme une greffe unit deux arbres. C’est aussi une histoire d'amour reliée POUR Dieu : les mariés savent qu'ils sont pour Dieu, qu’ils sont envoyés en mission, la mission de représenter Dieu Trinité d'Amour et son Alliance nouvelle et éternelle avec l'Eglise son Epouse mystique, la Mission surtout de le rendre présent. Quand vous savez cela, vous avez ce genre de témoignages : Un couple fêtait leurs noces de platine, 70 ans de mariage ! 94 ans le mari, 91 ans sa petite femme. Un journaliste s’approche du mari et lui crie à l’oreille : « En 70 ans de mariage, vous n’avez jamais pensé au divorce ? » Malicieusement, le jubilaire lui répond : « Le divorce, non. Mais le meurtre, oui et même plusieurs fois ». Le divorce n’était pas au programme. Aimer en patientant, en apprenant à pardonner, aimer en étant inventif, oui. L’amour n’est pas seulement sentiment mais serment. Nelson Mandela disait : « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends. »
De savoir que nous sommes à tel endroit, dans telle vocation, dans tel apostolat, dans telle situation parce que Dieu nous y a envoyés, cela donne une liberté intérieure et un courage démultipliés.
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