Vendredi 22 mai 2026 Eros philia Agapé.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 21, 15-19) : «Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes- tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »
Dans ce passage d’évangile, on entend six fois le verbe aimer dans les questions de Jésus et les réponses de Simon-Pierre.. Mais en grec, il y a trois verbes différents pour dire aimer et saint Jean en emploie deux, ce qui n’est pas rendu en français. Ce sont en fait les trois dimensions de l’amour. Comme des poupées russes qui représentent l’imbrication de l’amour-eros dans l’amour-philia, lui-même intégré à l’amour-agapé.
La première est l’amour d’attrait, d’attirance (eros, en grec). Il fait dire : « Je te perçois comme quelque chose de bon pour moi », c’est un amour intéressé, qui répond à un besoin (être attiré par l’autre pour pouvoir l’aimer) Il possède une connotation charnelle. Il est source de plaisir. La seconde, qui inclut et transcende la première, est l’amour d’amitié (philia). Il fait dire : « Je te perçois comme quelqu’un : je recherche ton bien », c’est un amour désintéressé, qui répond au besoin de sortir de soi-même et possède une connotation spirituelle. Il est source de joie. Enfin, la troisième dimension englobe les deux dimensions précédentes, c’est l’amour agapé. Il fait dire : « Je me donne à toi », c’est un don total et il répond à une vocation. Il est source de bonheur. Les deux premières fois, Jésus demande à Simon-Pierre : est-ce que tu m’aimes (agapé). Et Pierre répond chaque fois: « Seigneur, tu sais bien que je t’aime(philia) ». Alors la troisième fois, Jésus demande « Simon-Pierre est-ce que tu m’aimes philia ? » Et Simon-Pierre répond pour la troisième fois : « Je t’aime-philia ». Ce qui est beau c’est que Jésus vient chercher Simon-Pierre au niveau où il en est. Et cette patience, ce rapprochement va permettre au premier Pape d’aller jusqu’à l’amour agapé, puisque saint Pierre finira martyr à Rome. Denis Sonet qui a passé sa vie à explorer les rouages de l’Amour en a dégagé quatre paliers :
1. Il y a d'abord un amour fondamental : l'amour de soi-même.
Avec les jeunes collégiens, nous prenons du temps pour découvrir les trois couches de notre personnalité… Il y a la façade c’est à dire l’aspect extérieur. Quelquefois, on est assez stupide pour juger sur la façade. Il y a aussi la carapace : chez les uns, de la timidité, des peurs ; chez d’autres, de l’agressivité, de la méfiance, ou de la suffisance. Un tel vivra en pensant « je n’intéresse personne ». Un autre sera le chahuteur ; un autre l’intello, un autre encore le « sans problème » ou « à problèmes »…etc etc... Mais derrière cette carapace, il y a notre trésor, notre caverne d’Ali Baba. Ali Baba ne savait pas qu’il possédait un trésor. Il ne voyait que des rochers. Il l’a su le jour où il a entendu un voleur prononcer le sésame. Comment découvrir notre trésor ? En guettant ce que les autres viennent chercher en nous.
2. Deuxième palier : l’amour des autres pour soi-même.
Si Victor ne s’aime pas, il va choisir un camarade ou une camarade qui lui fait du bien. Il aime quelqu’un d’autre mais pour lui. La caricature, c’est : « Qui veux-tu inviter à ton anniversaire ? » « Kevin parce que son papa a une pâtisserie. Théo parce qu’il a une piscine. Quentin parce qu’il est fort en math, il pourra m’aider… » L'amitié ne se ramène pas aux bonnes relations. Ce palier est important. Il peut faire progresser dans la confiance en soi. Mais il ne faut pas en rester là.
3. Troisième palier : l’amour de l’autre pour l’autre.
Dans une amitié solide ou dans un couple, on peut parfois redescendre sur le deuxième palier. D’ailleurs, dans tout amour, il y a une part de joie, de réciprocité, même le plus gratuit. Par exemple l'amour d'une maman. Elle n'aime pas son enfant en fonction de ce qu'il lui donne (ses sourires, sa tendresse, une satisfaction personnelle...) mais elle a du plaisir à se surpasser pour lui. On appelle ce troisième palier « l’amour d’amitié ». Il peut être filial, maternel, conjugal, amical, fraternel, il s’agit toujours de donner de soi. Dans l'Amour d'Amitié, qu'est-ce qu'on va aimer de l'autre ? son CŒUR. L'amitié est la révélation du secret du coeur à un autre, de ce qui nous tient le plus à coeur et nous rend donc le plus vulnérable.
Par l'amour d'amitié, je veux pour l'autre tout le bien que je veux pour moi-même. C'est une démarche volontaire, active, réfléchie, différente d'une attraction instinctive passionnelle. Les amoureux italiens ont une belle expression. Ils ne se disent pas tellement « Ti amo » (« Je t'aime »). Ils se disent plutôt : « Ti voglio bene » : « Je te veux du bien, je ne veux que ton bien ». Et l'amitié devient la plus parfaite lorsque je veux tout le bien possible : j'aime alors l'autre en Dieu. Je vis pour sa promotion dans la joie et la lumière. Je veux tout faire pour qu'il soit bien. Aimer au maximum c'est vouloir le bien de l'autre.
4. Il y a un quatrième palier : avec l’autre, aimer les autres.
Quand deux jeunes tombent amoureux, on dit qu’ils font « aquarium ». C’est une phase normale. Mais s’ils en restent là, ils vont étouffer. Il faudra qu’ils apprennent petit à petit à s’ouvrir aux autres. Mais il y a un grand principe qui dit que l’on ne peut donner que de son trop-plein. C’est quand on est comblé par l’amour de l’autre, et - au fond - par l’amour du Seigneur, que l’on peut se donner vraiment aux autres. Nous ne finirons peut-être pas martyr mais nous pouvons travailler grâce à Jésus à nous élever au-dessus de nous-mêmes.
Les bonus : (7455) Prédication de Carême du père Roberto Pasolini, O.F.M. Cap. (1/4) | 6 mars 2026 - YouTube
Samedi 23 mai 2026 Si je veux, que t’importe
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 21, 20-25) : «En ce temps-là, Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. » S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? » Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait. »
Si je veux pour Jean un autre chemin que pour toi, que t’importe ? Au fond Jésus dit à Pierre : de quoi tu te mêles ? Un jour on interrogeait Benoît XVI. « Combien y a-t-il de chemins pour aller à Dieu ? » Il a répondu : « Autant qu’il y a de personnes ». Réponse inattendue. Bien sûr : Jésus est Le Chemin. Il n’y a que par lui, avec lui et en Lui que nous puissions rejoindre le Père. Mais concrètement , ce compagnonnage avec Jésus, cette imitation de Jésus, cette Sequela Christi (l’art de suivre Jésus) va prendre autant de formes que de personnes. Pierre n’est pas le Bon Larron, Marie-Madeleine n’est pas Zachée, Zachée n’est pas Matthieu même s’ils sont collègues percepteurs. Nous pouvons bannir toute jalousie de nos vies.
Le chanteur Marc Lavoine chante : J'habite en Jalousie. C'est un drôle de pays. Entre le soleil et le gris. Je vis en Jalousie. Les visites et les visas sont interdits. Si nous voulons habiter dans le Royaume du Père, réfléchissons à la jalousie
Il faut distinguer l'envie -- qui porte sur les choses -- et la jalousie -- qui porte sur les personnes. La jalousie, il y a des signes qui ne trompent pas :
. A l'annonce d'un heureux événement survenant à quelqu'un (une promotion, une élection, une décoration, un mariage, etc.), le jaloux est incapable de ressentir la moindre joie : il est soit triste, soit indifférent.
. Le jaloux est captatif dans la relation. Souvent, il étouffe l'autre (le conjoint, l'enfant, l'ami, le collègue) par son besoin exclusif d'être préféré.
. Le jaloux cherche à diminuer le bonheur de l'autre. Allô, Sophie, cela se passe bien ces vacances avec ta famille ? -- Oui. Les enfants sont adorables. -- Et ta belle-soeur ? -- Elle est charmante. -- Et le temps ? -- Il pleut. L'amie jalouse raccroche, soulagée par cette ombre au tableau.
. Le jaloux a spontanément l'esprit plus critique que laudatif. Il a besoin de dénigrer les personnes brillantes -- ceux dont on dit : Ils ont réussi.
Est-ce que c'est un péché ou une blessure ? La jalousie jaillit à la vue du bonheur d'autrui. Mais ce spectacle ne nous affecterait pas s'il n'y avait en nous un vide. Pour les amoureux qui se sentent comblés, le bonheur de l'autre ne les fait pas souffrir -- au contraire, il accroît le leur. Inversement, plus on se sent privé, plus la jalousie mord le coeur. Dans le fond, ce qui manque au jaloux, ce n'est pas seulement telle ou telle chose, c'est l'estime de son propre bien. Quel homme devant qui l'on dresse l'éloge d'un confrère pour sa réussite professionnelle, son intelligence, son humour, n'entend pas en lui une voix qui susurre : Et moi ? Et moi ? ? Nous touchons ici le fond de la jalousie -- tant du péché que de la blessure qui la favorise : c'est le manque d'amour de soi. Qu'un célibataire se sente jaloux en assistant au mariage de son meilleur ami, n'est-ce pas légitime ? Que l'annonce de la naissance du quatrième enfant chez les voisins, alors que nous ne parvenons pas à en avoir, nous serre le coeur, n'est-ce pas humain ? C'est une réaction normale de la sensibilité : elle entre sans frapper, surgit sans prévenir. La faute commence lorsque nous nous acoquinons avec la passion, et devenons son complice.
La jalousie n'est pas seulement un péché, mais un péché capital. c'est-à-dire qu'il en entraîne d'autres : la malveillance, le dénigrement, la satisfaction devant les difficultés de l'autre, la déception de voir sa réussite, la haine Observez. Dans une équipe, le jaloux dénigre toutes les initiatives dont il n'est pas l'auteur. Il fait perdre un temps et une énergie considérables. C'est un pisse-vinaigre. C'est aussi l'un des pires fomenteurs de division. Accouplée à la cupidité, la jalousie fracture les familles les plus unies à l'heure de l'héritage. Poussée à l'extrême, elle assassine.
COMMENT SOIGNER LA JALOUSIE ? Peut-être d’abord en se persuadant que la jalousie est un péché archi-bête. En effet, c'est le seul péché qui ne produit aucun plaisir. Le vol permet de posséder plus ; le mensonge, d'éviter une punition ; la gourmandise le plaisir de la langue. Même s'il faut ensuite payer ces péchés par une grosse honte, de gros ennuis ou une crise de foie, pendant un moment, c'est agréable. Mais avec la jalousie il n'y a rien d'agréable. C'est seulement un poison qui fait souffrir. Au Ciel, il n'y aura plus de jaloux. Nous découvrirons avec un soulagement inouï que Dieu a prévu une place différente et unique pour chacun. Davantage, nous nous réjouirons infiniment plus du bonheur de tous que de notre seul bonheur. Au Ciel, mon plus grand bonheur ne sera pas le mien, confiait un mystique, mais celui de tous les autres. C'est à devenir jaloux de ceux qui sont déjà au Ciel ! Amen !
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Pentecôte 2018
Frères et sœurs, L’Esprit-Saint Qui est-il ? Que fait-il ? Quand nous disons notre Credo, nous parlons du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Prenons chacune des œuvres du Saint-Esprit.
Nous disons qu’il rend l’Eglise Sainte et Catholique. Catholique cela veut dire universel. C’est facile à admettre. Mais « sainte » ? On distingue le personnel et la Personne de l’Eglise comme dans un hôpital : vous pouvez tomber sur des infirmières grincheuses et des médecins durs, mais vous vous confiez quand même à l’hôpital. Le Saint-Esprit garantit sa « traçabilité » : le Vrai Jésus se donne continuellement tout entier, essentiellement dans Sa Parole et ses Sacrements.
La communion des saints. Le Saint-Esprit réalise cette espèce d’ « internet » puissant entre tous les baptisés, même ceux qui sont déjà au Ciel, si bien que les saints du Ciel obtiennent des guérisons et des libérations pour ceux qui sont encore en chemin et sur terre nous nous entraidons spirituellement, nous bénéficions des prières des autres, de leurs charismes. De même que nous pouvons aussi prier pour les âmes du purgatoire. Nous expérimentons la grâce de la communion des saints dans toutes nos équipes, que ce soit les jeunes de Chiara-Luce, le Parcours Alpha, les équipes Notre Dame, le MCR, etc.. Le Seigneur nous édifie les uns par les autres. Mère Térésa : «C'est une grâce que Dieu agisse dans ta vie. C'est une grâce plus grande quand tu prends conscience que Dieu agit dans ta vie. C'est une grâce encore plus grande quand tu peux partager à d'autres ce que Dieu fait dans ta vie. »
Pardon des péchés. Chaque fois qu’il y a du Pardon soit dans un sacrement de confession soit dans la vie courante, le Saint-Esprit est là. Un enfant l’avait compris ; il a fait ces deux lapsus : il récitait son Acte de .. « construction » et il disait : « Je prends la ferme résurrection »…
La résurrection de la chair. Nous aurons toujours bien des raisons pour ne pas croire en la résurrection de la chair. Cela paraît tellement invraisemblable. Nous sommes dans la situation du bébé avant la naissance ; il ne peut pas imaginer une vie en dehors du liquide amniotique, et sans le cordon ombilical. Nous sommes comme la petite larve dans l’étang à qui il est impossible de s’imaginer petite libellule. Et pourtant c’est vrai. En effet comme pour Jésus, nos corps sont destinés, à la résurrection glorieuse. Un arrière grand père de quatre vingt treize ans venait de mourir. Sa fille prend son petit fils à part pour lui annoncer la nouvelle et lui parler très très bien d'ailleurs du Ciel. David revient vers sa maman : « Maman, c'est vrai que pépé ressuscitera inusable ? »
La vie éternelle. Un journaliste demandait un jour à Stan Rougier, prêtre qui a un grand charisme auprès des jeunes : «Quelle est votre espérance ?» Il a répondu : L'au-delà». Et il a ajouté : Le seul univers viable… Nous ne sommes ici-bas qu'en stage d'amour… Prenez la plus belle minute de votre vie, multipliez-la par cent milliards de milliards, vous aurez un petit avant-goût du Ciel !» Oui, la terre n’est pas qu’un vaste tombeau. C’est un aéroport, une piste d’envol pour mettre sur l’orbite de l’éternité ceux dont l’ambition est de devenir des saints, des êtres qui finiront par ne faire que aimer et se laisser aimer.
L'Esprit est le Maître intérieur et celui qui pousse vers l'extérieur.
L'Esprit est l'Ame de l'Eglise et Il n'est pas absent hors de l'Eglise.
L'Esprit a pour action propre la sanctification et Il n'est pourtant pas étranger au simple développement humain.
L'Esprit est répandu sur tout le peuple des baptisés et Il est donné spécialement à certains, notamment aux apôtres et à leur successeurs.
L'Esprit ouvre l'avenir et l'invention et Il établit la continuité avec le passé.
L'Esprit est l'Amour même et c'est Lui qui donne l'intelligence.
L'Esprit est immatériel et c'est Lui qui opérera à la résurrection.
L'Esprit souffle violemment et Il est la douceur même.
L'Esprit est silence et recueillement, pourtant, c'est Lui qui fait parler. Amen !
Les bonus : (8210) Personne ne pense à faire ça et pourtant c’est très utile à la maison - YouTube
La cohérence des récits de résurrection : Vidéos Bing
25 mai 2026 Marie Mère de l’Eglise
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 19, 25-34) : « En ce temps-là, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé, pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. »
Il était une fois un mendiant qui avait appris que le roi recevrait au château ceux qui auraient la simplicité de lui offrir un présent. Etre reçu à la cour, pouvoir saluer le roi, la chance de sa vie… ! Mais quoi offrir pour pouvoir entrer ? Dans sa besace il n'a qu'une pomme. Tant pis, il tente le coup. Sur le pont-levis, les gardes le laissent entrer. Mais, dans la cour intérieure, les serviteurs qui sont chargés de vérifier les cadeaux se moquent de sa pomme. Bien sûr, c'est une grosse et belle pomme mais dans sa besace, elle s'est abîmée. Elle est même véreuse. Ce n'est pas un cadeau acceptable pour le roi. Le pauvre rebrousse chemin, très déçu mais résigné. Son rêve n'était pas réalisable. Il aurait dû le savoir. Cependant, dans son dos, il entend comme un remue-ménage. Depuis sa fenêtre, la reine l'a vu quand il s'est approché, elle a été peinée de voir les serviteurs le refouler. Et c'est elle-même qui après avoir descendu le grand escalier quatre à quatre rattrape le mendiant. Elle lui demande de la suivre. Très intimidé, il lui emboîte le pas et après avoir parcouru un défilé de couloirs, il se retrouve avec elle à la cuisine du château. La reine sort une assiette et un couteau. Elle épluche la pomme, enlève les parties véreuses et abîmées et coupe tout ce qui est bon en fines lamelles qu'elle dispose magnifiquement dans la petite assiette. Fier comme Artaban, le mendiant qui n'en croit pas ses yeux, remercie chaleureusement et s'en va les yeux brillants de joie présenter sa pomme aux serviteurs. Il aura accès au roi avec tous les égards dus à son cœur anobli par l'attention de la Reine… Le mendiant, c'est chacun de nous. Le Roi, c'est le Seigneur. La pomme, ce sont nos pauvres vies, nos pauvres prières, nos pauvres cadeaux. La Reine, c'est la Vierge Marie. Elle nous rend présentables. Elle nous anoblit par sa présence.
Saint Louis Marie Grignon de Montfort, dans son « Traité de la vraie dévotion » se sert d’un passage fameux de l’Ancien Testament pour nous expliquer la place que la Vierge Marie peut avoir dans nos vies. C’est à lire avec humour, dans un esprit d’enfance. Rappelons-nous d’abord que l’histoire du salut a commencé avec Abraham. Il est le premier homme sur terre à avoir su que Dieu est Quelqu’un qui entre en dialogue avec l’homme. Abraham est le premier homme qui fait confiance totalement à Dieu. La bénédiction est transmise à son fils Isaac. Isaac épouse Rébecca. Rébecca lui donne des jumeaux. On considère que l’aîné c’est Esaü. C’est lui qui doit recevoir la bénédiction. Or, quand Blaise Pascal - trois mille ans plus tard - parle du Dieu de la Bible - qu’il oppose au Dieu des philosophes - il parle du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de … Jacob ! Que s’est-il passé ? Esaü est plus intéressé par la chasse que par la prière et les choses du Seigneur. Jacob, lui, est plus tourné vers le spirituel. Et il désire cette bénédiction. Un jour qu’Esaü rentre de la chasse affamé, Jacob lui propose un délicieux plat de lentilles en échange du droit d’aînesse. Esaü accepte mais pour que Jacob ait vraiment la bénédiction, il faut encore que le Père la lui donne. Alors, Rébecca va entrer en scène. Isaac est très vieux. Il est aveugle et ne peut pas bouger très loin de sa chaise. Esaü est reparti à la chasse.
Il est le roi des barbus, pas seulement dans la chanson, mais en réalité. Il est recouvert de poils alors que son frère jumeau n’est pas imberbe mais beaucoup moins velu. Rébecca coud à son fils des peaux de chevreau qu’il met sur ses avant-bras. Et Jacob fait semblant d’être Esaü qui rentre de la chasse. Le vieil Isaac lui dit : « Déjà ? Tu es déjà là ? Approche mon fils… C’est curieux, ta voix n’est plus la même ; approche » Isaac tâte les avant-bras de son fils. « C’est curieux, c’est plutôt la voix de Jacob mais c’est bien la peau d’Esaü … » Et il lui donne la bénédiction. Quand Esaü l’apprendra, il sera furieux et Jacob devra fuir sa colère. Mais c’est fait.
Et voilà comment Saint Louis Marie Grignon de Montfort se sert d’un passage de roublardise pour nous expliquer la place de la Vierge Marie. C’est une excellente chose de désirer la Bénédiction du Seigneur. Ce devrait être notre première occupation, notre seule obsession, comme Jacob. La Vierge Marie, dit Saint Louis Marie, est la maman Rébecca qui nous met à la place de Jésus son fils aîné. Et voilà comment nous recevons la Bénédiction du Père. Nous recevons le même Esprit Saint que lui, la même onction, la même grâce.
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Mardi 26 mai 2026 Saint Philippe Neri
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 10, 28-31) : « En ce temps-là, Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. »
Nous fêtons aujourd’hui saint Philippe Neri. Cette page d’évangile n’a pas été choisie pour sa fête. C’est le texte prévu pour le mardi de la huitième semaine du temps ordinaire mais ce passage lui convient bien. D’abord parce que saint Philippe a tout quitté pour suivre le Christ. Il est né à Florence le 22 juillet 1515. En 1532, à 17 ans, Philippe est envoyé à San Germano pour aider un oncle dans son commerce. Il prend l'habitude de fréquenter les bénédictins du mont Cassin situé à proximité. Peu après son arrivée, Philippe Néri a une vision mystique qu'il qualifie de conversion chrétienne. Cet événement va radicalement changer sa vie. Il perd son intérêt pour le commerce et ressent un appel à servir radicalement le Christ et son Église.Vers 18 ans, il décide de partir pour Rome où il trouve un emploi de précepteur.En dehors de son travail Philippe suit des cours de philosophie et des cours de théologie. Cependant, après trois ans, il décide d'abandonner ses études et de se consacrer aux pauvres de la ville de Rome et à la ré-évangélisation de la ville. Pour cela, Philippe déambule dans les rues et sur les places, exerçant un apostolat par le contact amical et sans autre méthode que la cordialité. Il aborde tout le monde et spécialement les jeunes : « Quand commençons-nous à faire le bien ? ».
En 1544, la veille de la Pentecôte, il sent un globe de feu lui entrer dans la bouche et puis se dilater dans sa poitrine. La joie intérieure qui en résulte se manifeste par des phénomènes physiques : excès de chaleur, palpitations et tremblements, battements de cœur véhéments qui se répercutent jusque dans le banc où il est assis… À sa mort on découvrira la saillie de deux côtes formant protubérance à l’endroit du cœur.
Le 23 mai 1551, à 35 ans, Philippe est ordonné prêtre.
Influencé par saint François Xavier, Philippe envisage d'aller en mission en Inde mais il en est dissuadé par ses pairs au motif que Rome a encore besoin de son ministère et de son l'influence. En 1551, il fonde la congrégation de l'Oratoire qui sera reconnue par le Pape Grégoire XIII en 1575. En 1575, il fonde la Société de l'Oratoire de Jésus et de Marie..
Cette vie joyeuse, ce choix de la joie s'assortit aussi, souvent, d'expériences mystiques ou même de miracles de son vivant, dont les détails de sa vie fourmillent : extases, lévitations, miracles (comme la résurrection du prince Massimo afin que ce dernier ait le temps de se confesser). Le caractère extraordinaire de certaines manifestations, la réputation de saintetéde Philippe suscitent des persécutions et des calomnies. Accusé de folie, poursuivi jusque dans la sacristie lors de sa préparation à la célébration de la Messe, il conserve sa gaîté et sa confiance inébranlable en Dieu. Le feu de l'Esprit ne cesse de le brûler.
Dans ce petit passage de l’évangile on peut déceler le sens de l’humour de Jésus. Il promet à ceux qui le suivent le centuple en maison et en famille. Très bien. La vie éternelle. Encore mieux. Mais aussi … des persécutions ! De même tout le monde sait que saint Philippe Néri était un saint rigolo. Mais ce n’est qu’une facette de sa personnalité. Il était aussi un très grand érudit, un grand spirituel et un grand réformateur. Mais c’est vrai qu’il avait, par-dessus tout, souci de rester humble. Il savait que lorsqu’on doit enseigner et à plus forte raison lorsqu’on est fondateur d’un ordre (les oratoriens) il est difficile de ne pas se laisser envahir par l’orgueil. Le savoir enfle facilement notre moi. C’est pour cela qu’il prônait volontiers l’humour pour garder l’humilité. Ainsi, on sait qu’il lui arrivait facilement de tomber en extase pendant qu’il célébrait l’eucharistie, des extases qui pouvaient durer plusieurs heures. Il avait trouvé ce stratagème : il mettait son chat tout près de l’autel pour le distraire. A la manière des Pères du désert, il conseillait les oraisons jaculatoires, ces petites prières furtives que l’on peut lancer au Seigneur à tout moment de la journée tout en travaillant : « Seigneur ouvre mes lèvres, Seigneur, je t’aime, Seigneur, viens vite à mon secours, Seigneur pardonne-moi, Seigneur fais-moi connaître ton amour ! » Des historiens en ont identifié près de deux cents dont on est sûr que saint Philippe les ait dites. Parmi celle-ci, il y en a une dans laquelle il est tout entier : « Seigneur, méfie-toi de Philippe ». Ou encore à son réveil : « Seigneur, protège bien Philippe aujourd'hui, sinon Philippe va te trahir ! ». Un jour, il envoya un de ses frères disciple les plus immédiats, Bozonius, chercher dans une énorme bouteille un tout petit peu de vin…
Une autre fois, saint Philippe Néri entend dire que le gentilhomme qu’il doit recevoir en rendez-vous dit partout qu’il va rencontrer le saint. Quand le gentilhomme en question arrive, saint Philippe se livre à des clowneries et des idioties. Le gentilhomme repart en disant qu’il n’a pas rencontré un saint mais un fou. On rapporte ses propos à saint Philippe qui dit : « Faites-lui savoir que s’il revient demain ce sera pire. » Quand il recevait des gens importants à l’oratoire, il demandait à ce qu’on lui lise des histoires enfantines ou simplement drôles qui surprenaient les visiteurs. Il aimait qu’on dise de lui qu’il était un peu stupide. Seigneur, apprends-nous à avoir recours à l’humour pour nous éviter de nous prendre trop au sérieux !
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