21 janvier 2026. « Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs ,… » (Mc 3, 1-6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 3, 1-6) : « En ce temps-là, Jésus entra dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale.Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr. »

Les expression sont fortes Jésus promène sur eux un regard de colère. Il est navré de l’endurcissement de leur cœur.

Tout est dit : L’amour de Dieu est d’une patience infinie mais en face, l’homme est têtu à l’infini. Le film « Le monde de Narnia » est célèbre.  Il est tiré d’un livre écrit par Lewis. Cet Irlandais devenu chrétien en 1929 à 31 ans a mis aussitôt ses dons d’écrivain au service de la foi. Dans un livre « le grand divorce entre le ciel et la terre », il nous éclaire avec humour sur certaines folies de l’esprit humain. Il s’imagine en voyage dans le bus qui le conduit de l’enfer de la terre aux abords du ciel. Il y rencontre l’artiste incompris, l’intellectuel cynique, le rustre belliqueux, le scientifique sceptique, l’ecclésiastique apostat. Il y raconte l’éternel conflit entre le vrai moi et le faux moi, entre la personne que l’on est vraiment et le personnage que l’on se donne. Voici ce qu’il écrit de l’enfer : « En somme, il  n‘y a que deux sortes de gens : ceux qui disent à Dieu : « Que ta Volonté soit faite », et ceux auxquels finalement Dieu dit : « Que ta volonté soit faite ». Tous ceux qui sont en enfer y sont parce qu’ils l’ont choisi. Sans ce choix personnel, il ne pourrait pas y avoir d’enfer. La joie n’échappera à aucune âme qui la désire avec honnêteté et constance. Ceux qui cherchent trouvent. On ouvre à celui qui frappe. Comment certains peuvent-ils choisir l’enfer ? Parce que pour eux,  « mieux vaut régner en enfer que de servir au ciel. » Il y a toujours quelque chose que ces gens tiennent à garder, même au prix de rester malheureux. Observez-le chez un enfant gâté qui préfère être privé de jouer et de souper que de demander pardon et de faire la paix. On le traite de boudeur. Mais chez les adultes ce comportement porte des centaines de noms redondants. On parle de « fidélité à soi-même », d’« orgueil légitime », de « raison d’état », de « grande ouverture d’esprit », de « juste vengeance », et du « respect de soi-même », etc … Tout est bon pour justifier en fait la fermeture, l’emprisonnement sur soi, l’enfermement (le mot est très expressif : « l’enfer me ment » .. !) A ces personnes qui persisteront dans l’autojustification, Dieu ne pourra que dire : « Que ta volonté soit faite ».

Jérémie avait prophétisé que le Seigneur arriverait un jour à inscrire sa Loi d’amour au plus profond de  nos cœurs. Comment s’y est-il pris ? Jésus est venu nous sauver par  l’obéissance, nous dit l’épître aux Hébreux. L’étymologie du mot nous aide beaucoup. Obéir vient de ob-audire. Cela signifie donc « bien-écouter, bien-entendre ». Obéir, cela va rarement sans difficultés.

Dans les monastères, on raconte que pour former l’obéissance d’un jeune moine, le Père Abbé lui demanda de planter un manche à balai dans le jardin et de l’arroser tous les jours. Au bout de plusieurs années, le jeune moine vit des feuilles pousser sur le manche à balai. On sait que c’est une caricature, mais c’est pour dire la force de l’obéissance. Je me rappelle aussi un moment d’indignation d’un ami prêtre : « Le problème dans l’Eglise, c’est qu’il y a trop de papes »… Sous-entendu, chacun se fait sa petite religion. On se rappelle aussi le joli mot du Pape saint Jean-Paul II alors qu’il était hospitalisé : « Vous savez : le Pape doit obéir à ses supérieurs … les médecins »… ! Obéir, bien écouter, c’est le travail de toute une vie, et le travail de chaque jour.

Au fond il s’agit de donner sa vie soit de façon active soit en offrant de bon cœur ce que nous ne pouvons que supporter.

Les parents qui élèvent des enfants connaissent bien l’obéissance active : se lever au milieu de la nuit pour les nourrir, les calmer, changer leurs couches, endurer leurs tragédies, leurs drames d’adolescents, et éventuellement ne pas attendre de reconnaissance. Ou bien on peut penser à ceux qui dépensent leur vie pour leur épouse malade, en sacrifiant leurs forces, en soignant quelqu’un qui a peut-être même oublié leur nom.

L’obéissance passive c’est le bon mot de ce monsieur à la maison de retraite : il  avait du mal à retenir sa salive dans sa bouche. De plus, il était très enrhumé et son nez coulait.  Je savais qu’il souffrait aussi de problèmes de prostate. Ses yeux laissaient échapper des larmes non parce qu’il était triste mais à cause d’un dysfonctionnement. Par contre l’esprit allait bien. L’œil pétillant de malice, il me dit : « Vous savez, à nos âges, on a l’eau courante à tous les étages : au troisième, au deuxième, au premier, et aussi au rez-de-chaussée… ! »

Obéir, c’est rechercher la volonté du Père, avec discernement et persévérance, pour pouvoir, un jour, l’écrire ainsi : « Que ta volonté soit fête ».

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