Lundi 20 juillet - Bons samaritains
La Parabole bien connue du Bon samaritain nous invite à deux attitudes suivant que nous nous identifions au blessé sur la route ou au samaritain qui vient à son secours.
Nous sommes invités à nous mettre à la place de l’homme au bord de la route. Parce que le Seigneur ne cesse de venir à nous dans les sacrements (huile, vin) et en nous envoyant des bons samaritains.
Un exemple. Magad Hollander-Lafon est juive. Elle avait 16 ans quand elle a été déportée à Auschwitz. Un livre bouleversant raconte comment elle est passée « des ténèbres à la joie » et comment l’homme, capable du pire, peut aussi « quitter son âme » pour sauver une âme à l’abandon comme l’a fait le « bon gardien » ukrainien au visage repoussant et à la voix si rude. Déjà épuisée après plusieurs jours de voyage, Magda doit clouer des rails et décharger des wagonnets de traverses. Elle a peine à suivre et regarde avec envie les pieds des compagnes qui sont encore chaussées. Car ses godasses pleines de notes écrites en cachette, on les lui a volées. C’est la vie même qui s’en est allée par les pieds déchaussés. Alors, elle marche comme elle peut dans de vieux godillots trop larges et pleins de trous. « Le vilain visage à gros traits a tout vu, écrit-elle : Brusquement, il m’arrache le marteau des mains, et m’ordonne de le suivre ; Il me conduit près d’un tas de bois, à l’abri des regards. Avec un ton de voix méchante mais qu’un regard de bonté dément, il gesticule ostensiblement et frictionne mes pieds avec des journaux. »
Cette homme un peu rude va aussi lui donner une nouvelle paire de galoches, et petit à petit, la ramènera à la vie. Car durant quatre mois, en prenant lui-même de grands risques, le gardien rendra son travail moins difficile, les journées moins longues. « A son contact, j’ai pu de nouveau pleurer et espérer encore en la bonté des hommes. »
Une bonté que Magda pourra encore côtoyer lorsqu’un jour, à Birkenau, une mourante lui fait signe et ouvre une boîte qui contient quatre petits bouts de pain. D’une voix à peine audible, elle dit « Prends, tu es jeune, tu dois vivre pour témoigner de ce qui se passe ici. »
Autre exemple plus banal : je pense à la joie de Marie-Rose, 80 printemps, me disant : « Chaque fois que le jeune agriculteur vient préparer la clôture électrique pour parquer ses vaches tout près de notre maison, il nous apporte un litre de lait frais, du « lait bourru », comme dans notre enfance. Vous n’imaginez pas combien j’apprécie cette attention ! » Qu’est-ce qui est le plus remarquable : la délicatesse du jeune paysan ou la joie de Marie-Rose ?
Deuxième attitude . Cette parabole de Jésus s’est inscrite dans nos lois. Aujourd’hui, en effet, nous pouvons être poursuivis pour « non-assistance à personne en danger ». C’est dire combien l’évangile a imprégné notre culture.
Pour être sauvé, il ne suffit pas d’être en règle avec les commandements de Dieu. Nous sommes invités à demander à Dieu une charité inventive, un amour ingénieux. Une histoire qui peut nous nous encourager nous vient des Etats-Unis. Un vieux monsieur, qui vivait seul en Idaho, voulait planter des pommes de terre dans son jardin. Mais c’est un travail très pénible. Ses rhumatismes, son arthrose, son mal au dos l’empêchaient de retourner la terre. John, son fils unique qui habituellement l'aidait pour cette tâche était en prison pour meurtres. Le vieil homme écrit donc une lettre à son fils dans laquelle il décrit sa situation difficile : « Cher John, je me sens très malheureux, parce qu'il me semble bien que cette année, je ne serai pas capable de planter mes patates au jardin. Je suis trop vieux pour pouvoir creuser et retourner la terre. Si tu étais ici, tous mes problèmes seraient résolus. Je sais que tu étendrais le fumier, que tu bêcherais et ferais les trous pour y déposer les pommes de terre. Je t’embrasse. Signé : Papa. » Quelques jours plus tard, il reçoit une lettre de son fils : « Cher papa, pour l'amour du ciel, ne creuse pas dans le jardin, c'est là que j'ai enterré les corps. Je t’embrasse. John. » Le lendemain à quatre heures du matin, une nuée d'agents du FBI et de la police locale arrivent et se mettent à creuser tout le carré du jardin. Cependant, ils ne trouvent aucun cadavre. Dépités, ils s'excusent auprès du vieil homme et quittent les lieux. Quelques jours plus tard, le père de John reçoit une autre lettre de son fils : « Cher Papa, vas-y, maintenant, tu peux planter tes patates. C'est le mieux que je pouvais faire dans ces circonstances. Je t’embrasse, John. »
Seigneur, fais que je ne passe jamais à côté de quelqu’un qui souffre sans l’aider au moins un petit peu, avec ingéniosité et cœur. Fais aussi que j’accepte de bons cœurs les bons samaritains que tu m’envoies !
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Trucs pour la quotidien : https://youtube.com/shorts/ha1QEohYArM?si=UddkhtBJ2oVeIz7i