20 décembre 2025 La Vierge est enceinte.
La prophétie : « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). »
La réalisation de la prophétie : « Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. »
Une des clefs pour entrer dans le mystère de l’incarnation est le psaume 40 (39) plus précisément les versets 7-9 d’ailleurs cités par la Lettre aux Hébreux : « Frères, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre » (He 10, 5-10).
Ce psaume nous dévoile le dialogue à l‘intérieur de la Sainte Trinité quand Le Seigneur a décidé l’Incarnation. Le Fils dit au Père : « Tu ne veux ni sacrifice ni holocauste mais tu me fais un Corps. Alors je réaliserai dans mon corps d’homme ta Volonté, Père, et je ramènerai leurs cœurs dans notre Communion ». Et voilà pourquoi le prophète Michée annonçait que nous serions sauvés par un enfantement ! : « Mais Dieu livrera son peuple jusqu’au jour où enfantera… celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les fils d’Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur » (Mi 5, 1-4a). Et voilà pourquoi les premiers sauvés sont ceux qui sont en contact avec le corps de Dieu le Fils : la Vierge Marie d’abord, puis Elisabeth et Jean Baptiste, et ensuite Joseph, les bergers. Il faut être en contact avec le Corps de Jésus et ouvrir son cœur.
Alors commençons par nous émerveiller devant le Plan de Dieu. Partons de deux phrases maladroites. Un auteur expliquait qu’« à Noël, Dieu se donne un fils ». Non ! A Noël, Dieu se donne EN son Fils. En nous donnant son Fils, Dieu se donne pleinement, complètement.
Une deuxième expression maladroite se trouve dans une œuvre célèbre. Nous n’en voulons pas à Yvan Audouard. Sa « Pastorale des santons de Provence » est tellement belle ! Et puis c’est de la poésie. Mais le début est … hérétique (!) : « Moi, je suis l’ange Bouffaréou ; ils m’ont appelé comme ça à cause des grosses joues que j’ai fini par attraper à force de jouer de la trompette chaque fois que le Bon Dieu est content. Et cette nuit-là, jamais il n’avait été aussi content de sa vie, le Bon Dieu : il allait être papa d’un moment à l’autre. Et moi je n’avais jamais soufflé aussi fort de mon instrument … »
Il « allait être » papa ; Non ! Dieu « est » Papa depuis les siècles des siècles. Il est Papa-Fils-Esprit-Saint. A Noël, Dieu-le-Fils vient transcrire en une vie d’homme sa façon de vivre éternellement : il se reçoit continuellement du Père et il se donne à Lui.
Dieu avait deux possibilités. La première : créer et laisser le monde aller tout seul avec les lois inscrites dans la nature et la conscience de l’homme. La deuxième : intervenir dès qu’il y aurait des « pépins » ; un dieu interventionniste, un dieu dépanneur, un papa-poule en quelque sorte.
Or, il a choisi une troisième solution que nous raconte l’Ancien Testament : il a voulu faire alliance avec l’homme et ceci de plus en plus près jusqu’à se faire homme lui-même. En Jésus, Dieu vient partager la vie des hommes. Mais cette venue dans sa Création ne se déroule pas comme une simple visite chez un voisin, en venant frapper inopinément à sa porte. Cette venue de Dieu est d’abord un acte d’amour. Il entend venir vivre parmi nous afin de nous unir à sa propre vie qui est une communion d’amour. Lorsqu’il s’est agi de créer l’univers, Dieu l’a décidé de sa seule autorité. Toutefois lorsque, par amour, Dieu désire nous partager sa vie, il ne peut le faire qu’avec notre accord. L’amour ne s’impose pas.
Aujourd’hui encore, comme à la Vierge Marie, comme à Elisabeth, Le Seigneur demande à chacun de nous : « Acceptes-tu de m’accueillir en toi ? » Et cela marche ! Voici un fait qui le montre.
Luc et Laurence ont trois enfants : Axel 10 ans, Chloé 7 ans, et Lise 3 ans1/2. Pour le temps de l’avent, mamy et leur tatie Marion leur ont acheté un calendrier. Chaque matin au petit-déjeuner, ils ouvrent une petite fenêtre. Ce jour-là, le calendrier de l’avent propose comme petit effort de la journée de partager son goûter. Le soir, voilà ce que les enfants racontent : Axel a partagé son goûter en deux parts et n’a rien gardé pour lui. Chloé a donné deux bouts de son goûter à deux camarades de classe qui lui ont demandé pourquoi elle faisait cela. Alors Chloé a expliqué la préparation de la fête de la naissance de Jésus, le temps de l’avent, le calendrier avec la fenêtre chaque jour, et l’effort du jour. Alors les deux filles ont partagé entre elles leur propre « quatre-heures » (… !) Pour Axel, il a eu la joie que le lendemain, ce soit son camarade qui partage avec lui son goûter ! Heureux qui accueille Jésus ; il donnera à d’autres l’idée de savourer la même joie ! Nous ne pouvons pas ne pas imaginer Dieu dans la joie quand il peut ainsi se donner en ses fils.
Les bonus : Le véritable sens du Je Vous Salue Marie (catéchisme adulte 3/31)