Mercredi 2 septembre 2026 Mal éclairés

De la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens :  « Frères, quand je  me suis adressé à vous, je n’ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais comme à des êtres seulement charnels, comme à des petits enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n’auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore des êtres charnels. Puisqu’il y a entre vous des jalousies et des rivalités, n’êtes-vous pas toujours des êtres charnels, et n’avez-vous pas une conduite tout humaine ? Quand l’un de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul Â», et un autre : « Moi, j’appartiens à Apollos Â», n’est-ce pas une façon d’agir tout humaine ? Mais qui donc est Apollos ? qui est Paul ? Des serviteurs par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d’eux. Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance. Donc celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose ; seul importe celui qui donne la croissance : Dieu. Celui qui plante et celui qui arrose
ne font qu’un, mais chacun recevra son propre salaire suivant la peine qu’il se sera donnée. Nous sommes des collaborateurs de Dieu, et vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison que Dieu construit. Â»

En Haute-Loire, nous sommes plutôt fiers d'avoir tout un plateau où se pratique beaucoup l'Å“cuménisme. Entre Tence, Le Chambon-sur-Lignon, Le Mazet Saint Voy, beaucoup d'Eglises chrétiennes prient le même Seigneur, célèbrent le même baptême au nom de la même Trinité, lisent la même Bible, essaient de mettre en pratique le même évangile. Beaucoup de confessions chrétiennes sont représentées : les catholiques, les réformés, les darbystes, les églises évangéliques libres que l'on appelle aussi les libristes, les baptistes, et bien d'autres encore… On raconte qu'un jour, un éleveur de chèvres libriste va vendre ses chèvretons sur le marché… Dans la matinée, il voit arriver devant son étalage, un darbyste. Il se souvient de la discussion assez animée qu'ils ont eue lors de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens en janvier dernier, quelques mois auparavant. Et après les salutations d'usage pleines de gentillesse et de respect, il lui dit : « Alors, je n'ai pas bien compris, est-ce que vous nous reconnaissez comme des frères ou non ? Â»â€¦ Et l'autre, un peu pris de court, lui répond : « Vous êtes des frères… mais… mal éclairés… Â»Au premier abord, cette expression peut choquer. Comment peut-on se permettre de dire à un autre chrétien qu'il est mal éclairé, qu'il n'a pas toute la lumière ? Mais à la réflexion, on peut dire que cette expression est pleine d'espérance. En effet, si nous demeurons dans une Eglise, c'est qu'elle est la meilleure, c'est là que nous avons trouvé la lumière, on ne peut pas nous reprocher de la préférer aux autres. Mais ce « mal éclairé Â» qui a été dit spontanément, sans calcul, exprime très bien qu'il s'agit d'abord de lumière. Nous sommes tous à la recherche de la lumière. Et même si notre Eglise a la plénitude des moyens de salut, la lumière peut nous venir aussi d'un frère d'une autre confession chrétienne, comme elle nous vient souvent de tel ou tel enfant, de telle ou telle personne handicapée, comme elle nous vient de l'encyclique du Pape. J’ai été touché par l’expression d’un prêtre aujourd’hui décédé, le Père Claude Garnier. On ne pouvait pas le taxer de traditionaliste, mais lorsque la discussion venait sur le sujet des catholiques intégristes opposés à la liturgie du Concile Vatican II, il disait de sa voix érayée par une opération d’un cancer : « Leur prière vaut bien la nôtre Â».    

Seigneur, vois notre désir de lumière intérieure.  Donne-nous un cÅ“ur assez libre pour l'accueillir quand elle nous vient de personnes qui ne sont pas de notre sphère. Donne-nous un cÅ“ur assez humble pour l'attendre même de ceux qui se considèrent comme nos ennemis.  Donne-nous un cÅ“ur assez large pour la chercher en tout homme. Donne-nous assez de discernement pour ne pas nous laisser égarer par les lumières de pacotille, mais reconnaître celle dont tu es la source. Donne-moi de me considérer moi-même comme un frère « mal éclairé Â», toujours en attente de ta lumière inouïe, infinie, inaccessible. Confiance ! Nous sommes embarqués dans une magnifique aventure. Préparons hardiment l'avènement de Jésus, c'est-à-dire, faisons en sorte que sa présence au milieu de nous soit de plus en plus manifeste.

Pour terminer sur une note humour. Une famille protestante et une famille catholique avaient tellement bien sympathisé qu’ils avaient décidé de prendre leurs vacances ensemble. Les deux familles avaient chacune quatre enfants. Les plus jeunes avaient cinq ans, un garçon chez les catholiques, une petite fille chez les protestants. Début août direction la côte d’azur. Après 8 heures de voiture, ils filent à la plage pour se rafraîchir.  Les deux petits de cinq ans, parce les mamans n’avaient déballé toutes les valises, se retrouvent tout nus sur le sable – à cet âge-là, c’est permis - Et le petit garçon de dire : «  Je ne savais pas qu’un protestant c’était si différent d’un catholique »   Ce petit garçon découvrira qu’il y a une différence encore plus grande, c’est la différence entre hommes et femmes !

Les bonus : (9268) Jour 299/365 : une expérience bouleversante lors d’une adoration - YouTube