1 septembre 2025 le sommeil et le réveil
De la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens (1 Th 4, 13-18) : « Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui.Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci : nous les vivants, nous qui sommes encore là pour la venue du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis. Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord. Ensuite, nous les vivants, nous qui sommes encore là, nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu’eux, à la rencontre du Seigneur. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur. Réconfortez-vous donc les uns les autres avec ce que je viens de dire. »
Arrêtons-nous sur l’expression de saint Paul « Ceux qui se sont endormis dans la mort ». L’apôtre reprend l’expression de Jésus qui a parlé plusieurs fois de la mort comme d’un sommeil « Cette jeune fille n’est pas morte, elle dort » et pour son ami Lazare. Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » (Jn 11,11) Les chrétiens en ont été tellement frappés qu’ils ont appelés le lieu où ils déposent le corps de leurs défunts le « cimetière ». Le mot « cimetière » vient du grec « koimêtêrion » qui signifie « lieu où l’on dort » ! On pourrait traduire par « dortoir ». Jésus a dit que la mort est un sommeil. Et cela, c’est très éclairant !…Pour plusieurs raisons : premièrement, quand on dort, on ne contrôle plus son corps, mais l’âme reste bien vivante : la preuve c’est qu’on peut rêver. La mort c’est la séparation du corps et de l’âme mais l’âme reste bien vivante. Deuxièmement, quel soulagement pour nous de ne plus voir nos défunts dans les angoisses, l’anxiété, les tourments qui les ont agités ! Et troisièmement, le sommeil se termine toujours par le … réveil : au cimetière, au « dortoir », le chrétien attend le réveil de la résurrection. Nous aurons toujours bien des raisons pour ne pas croire en la résurrection de la chair. Cela paraît tellement invraisemblable. Nous sommes comme la petite larve dans l’étang à qui il est impossible de s’imaginer petite libellule ; ou bien comme la chenille qui est incapable de penser qu’elle pourrait bien devenir papillon. Et pourtant quelle espérance : nous ne voyons pas nos âmes immortelles. Mais nous pourrons reconnaître nos corps aux signes de l’amour, comme Jésus reconnu par ses apôtres aux stigmates de sa Passion. Je parlais de larve de libellule, et de chenille de papillon ; il y a une meilleure image : nous sommes dans la situation du bébé avant la naissance ; il ne peut pas imaginer une vie en dehors de l’enveloppe du liquide amniotique, et sans le cordon ombilical. Jésus a vécu le grand accouchement par sa mort sur la croix à notre profit. La tête est passée, le corps lavé de ses péchés peut espérer suivre !
Nous savons bien que nos représentations du Ciel sont toujours trop humaines. Au ciel nous nous reconnaîtrons, mais ce ne sera pas que la photocopie de ce que nous connaissons ici-bas. Faisons confiance à Celui qui a imaginé la première création, la variété infinie des couleurs, l’harmonie du règne végétal et du règne animal, la danse parfaite des planètes, l’unicité de chaque visage, les couchers de soleil et attendons la surprise qu’il nous prépare.
Cependant, le Ciel, de par la communion des saints, nous est d’ores et déjà accessible. Et nous pouvons compter sur ceux qui y sont déjà. Les saints sont comme nos entraîneurs vers le Ciel, en particulier celui ou celle dont nous portons le prénom. Les corporations et les pays ont leurs saints Patrons. Il y a aussi les patronages fantaisistes : saint Ignace serait le patron des coiffeurs qui nous coupent la « tignasse. » Saint Camille de Lellis qui s’est beaucoup occupé des malades pourrait être le saint Patron des aviateurs et – pourquoi pas – de tous les véhicules à hélice, à moins que ce ne soit saint Viateur. Savez-vous combien y a-t-il de lavabos au Ciel ?… Un seul, car il n’y a que saint François de Sales (sale)… Et combien y a-t-il de chaises ? Une seule, car il n’y a que sainte Claire d’Assise. Combien y a-t-il de pèse-personnes ? Un seul, car il n’y a que sainte Bernadette de lourde !
Trêve de plaisanterie. Comme l’a écrit magnifiquement le Père Sertillanges, « La famille ne se détruit pas, elle se transforme. Une part d’elle va dans l’invisible… On croit que la mort est une absence quand elle est une présence secrète. On croit qu’elle crée une infinie distance alors qu’elle supprime toute distance en ramenant à l’esprit ce qui se localisait dans la chair… Plus il y a d’êtres qui ont quitté le foyer, plus les survivants ont d’attaches célestes. Le ciel n’est plus alors uniquement peuplé d’anges, de saints inconnus et du Dieu mystérieux ; il devient familier. C’est la maison de famille, la maison en son étage supérieur, si je puis dire, et du haut en bas, le souvenir, les secours, les appels se répondent. »
Dans une conversation, quelqu’un exprimait son athéisme : « Pour moi, la mort c’est la fin. On meurt. Point final »… Le prêtre présent a rebondi : « Non, ce n’est pas un point final. C’est un point à la ligne … Nous ne connaissons pas la suite, mais nous savons qu’il y en a une. » En attendant, à l’invitation de saint Paul, quand la mort survient, réconfortons-nous donc les uns les autres avec ce que je viens de dire.
Les bonus : (4027) 11 Corps Incorrompus des Saints de l’Église Catholique – YouTube
Semence : (3958) A two-year timelapse of a pine tree growing from a seed, condensed into 60 seconds. – YouTube