Du 1er Juillet- Qui a inventé le mariage ?

« Au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. »

Un grand érudit m’a dit un jour que le deuxième chapitre de la Genèse est un des plus beaux textes de toute l’humanité parce qu’un enfant de six ans peut comprendre beaucoup de choses en l’entendant et qu’il nourrit la réflexion de grands philosophes et de grands théologiens. Voyons de près. Nous sommes dans un récit qui est comme une parabole. Ce récit nous parle de notre lien avec Dieu et du projet de Dieu quand il lance l’univers.

Dans ce récit, le Bon Dieu est d’abord potier-sculpteur. Avec l’argile du sol, il façonne l’homme. Que d’enseignements dans cette simple image. J’ai un frère sculpteur ; dans chacune de ses œuvres il met beaucoup de lui-même ; de l’inspiration et de la transpiration. Le Bon Dieu met beaucoup de lui-même en chacun de nous. Nous lui coûtons cher … ! (Nous avons chacun du prix à ses yeux). Quand l’œuvre est terminée, il insuffle son haleine de vie. (Le Bon Dieu souffleur de verre.. !) Quand il créera les animaux, il ne soufflera pas comme on fait le bouche à bouche ; c’est le signe que l’homme a quelque chose de spécial. Et un enfant peut ainsi comprendre que nous sommes en argile donc très fragiles (il suffit d’un degré de plus de température pour nous mettre au lit). Mais nous sommes infiniment grands parce que nous avons en nous le Souffle de Dieu … !

Imaginons l’homme à ce moment-là : il est très réussi, mais il est tout seul, les pieds dans l’argile. Le Bon Dieu se fait alors paysagiste-jardinier. L’homme a tout à disposition, à profusion, les légumes, les fruits, les tisanes. (c’est vrai que s’il vit 80 ans, il lui faudra plus de 30 tonnes de nourriture pour lui tout seul ; Dieu donne vraiment à profusion !!) Mais il est seul. Alors le Bon Dieu se fait éleveur d’animaux. Et là, coup de génie : tout est dit en une demi-ligne : c’est le Bon Dieu qui crée les animaux mais c’est l’homme qui les nomme. « Celui-ci hippopotame, celle-ci girafe, celui-ci perroquet, celle-ci hirondelle, … coccinelle, ornithorynque, etc … » Le peuple qui écrit ce texte sous l’inspiration du Saint-Esprit est tout petit (le pays d’Israël est seulement grand comme deux fois la Haute-Loire, comme la Bretagne environ). Or il est entouré de deux colosses, deux immenses civilisations, l’Egypte et Babylone. Mais les Egyptiens vouent un culte au chat et au lion, et les Babyloniens au serpent. Au contraire, la Bible dit que l’homme domine tous les animaux. Pourvu qu’il les respecte et ne les fasse pas souffrir, il peut les apprivoiser, les dresser, les manger … L’animal est au service de l’homme. L’homme ne doit pas les idolâtrer.

Mais une fois que le petit canari est passé ainsi que le poisson rouge, le petit chat, le chien, le cheval, l’homme ressent toujours cette tristesse de ne pas avoir une compagne qui lui corresponde, un vis-à-vis, avec qui il puisse avoir des côte-à-côte et des cœur-à-cœur.  Alors le Bon Dieu se fait chirurgien – anesthésiste : il fait sombrer l’homme dans un sommeil mystérieux, puis il prend de la chair de son côté et il en fait la femme.

Un commentaire juif de ce passage pose la question : Pourquoi Dieu n’a-t-il pas tiré la femme de la tête de l’homme ? Parce qu’il n’a pas à la dominer. Pourquoi Dieu n’a-t-il pas tiré la femme du pied de l’homme ? Parce qu’elle n’a pas à être son esclave. Pourquoi l’a-t-il tirée du côté de l’homme ? Pour qu’elle reste près de son cœur.

Dans ce 2ème chapitre de la Genèse nous avons la révélation du mystère du couple. La femme est préparée pour l’homme pendant son sommeil. En clair, l’homme ne prend pas sa femme, il la reçoit. C’est le cœur du mariage. Lors du sacrement de mariage, c’est l’échange des consentements qui est le cœur de la célébration. Les mariés se disent : « Je te reçois comme époux (se) et je me donne à toi » … Cela change bien des choses quand les deux peuvent dire en vérité : « Je te reçois comme le plus beau Cadeau que Dieu puisse me faire. Il t’a préparé pour moi depuis des générations et des générations ». Mais l’idéal est que les deux disent aussi : « Je suis le plus beau Cadeau que Dieu puisse te faire ». 

Le récit se termine ainsi : « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un » … Les Juifs disent qu’à chaque mariage, il s’agit d’une œuvre de Création. Le Bon Dieu prend deux personnes et il en fait une nouvelle créature, un « Nous » qui est unique dans toute l’histoire de l’humanité. Un « Nous » qui va toute sa vie rechercher l’unité. Elle n’est pas uniformité, elle n’est pas anthropophagie (l’un a mangé l’autre). Chesterton disait avec humour : « Le jour du mariage, les deux sont devenus Un mais lequel ? » Une épouse malicieuse qui connaît ce bon mot de Chesterton dit : « J’aimerais bien que maintenant on fasse moi … » ! L’unité c’est une harmonie. Les deux par la grâce de Dieu s’emploient à chercher le ton juste, à bien exécuter la partition qu’il leur est donnée de jouer, à respecter le rythme, les silences, à dépasser les anicroches, pour jouer la mélodie du bonheur pour les autres. Un chrétien c’est comme un boxeur : il sait qu’il aura toujours plus de joie à donner qu’à recevoir.

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Du 2 juillet- Gratitude

Toto demande à sa maman : « Dis, maman pourquoi, tu as des cheveux blancs par ci par là ? Sa maman sur un ton un peu énervé lui répond :  « C’est à cause de tes bêtises ; chaque fois que tu fais une bêtise, ça me cause du souci, et hop un cheveu blanc de plus ». Toto lui dit alors : « ah ben dis donc : toi tu as dû en faire beaucoup des bêtises, parce que mamy elle, est couverte de cheveux bancs ». Maman ne s’attendait pas à ce que l’ascenseur lui soit renvoyé… !        

Dans son livre sur la gratitude le Père Pascal Ide fait remarquer qu’il y a une loi universelle qu’on retrouve à chaque étage de la nature.  Les processus cosmiques sont rythmés par la sortie et le retour, le flux et le reflux ; l’inspiration et l’expiration ; pour le cœur, diastole et systole, etc… etc… Prenons l’exemple du souffle. Si nous inspirons de l’oxygène, (qui est la source indispensable de notre énergie), nous expirons le gaz carbonique (qui est toxique pour notre métabolisme). Tout à l’inverse, la plante capte le gaz carbonique et rejette l’oxygène. Dans la société de consommation c’est je prends, je consomme et je jette, dans la vraie vie, c’est une boucle où, ce qui est jeté, peut être donné pour qu’un autre le reçoive.  Aujourd’hui, l’écologie montre que tout est lié, les cycles de l’eau, du carbone, de l’oxygène, etc.. englobent la totalité des règnes minéral, végétal et animal qu’autrefois on cloisonnait.  Notre pensée occidentale, jusqu’ici linéaire doit intégrer cette pensée circulaire pour laquelle tout ce qui sort, comme la pluie des nuages, revient tôt ou tard par évaporation. Or nous avons cela dans la Bible (Isaïe 55) :  « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » Et cette loi est si profonde qu’elle trouve son fondement ultime dans le Dieu Trinité. Jésus qui est sorti de Dieu, s’en va vers Dieu, et dans sa vie intime, le Père engendre le Fils en son sein, et le Fils, qui est tout tourné vers Dieu son père, y retourne dans l’Esprit.

Alors comment les créatures retournent-elles à Dieu dont elles ont jailli ?  Par la gratitude ; c’est-à-dire par la louange, par l’action de grâce, par le merci. Soit consciemment et intentionnellement, par la louange humaine ; soit inconsciemment par la louange des créatures omniprésentes dans la Bible. Le psautier s’achève ainsi : « Que tout être vivant chante : louange au Seigneur ». Le Père dominicain Jacques Fontaine aimait répéter : « l’action de grâce, c’est la clé de l’harmonie universelle. » Nous sommes les bénéficiaires passifs du don de Dieu et nous avons à revenir activement à Lui. Toute grâce qui vient de Dieu est ainsi appelée à retourner vers Dieu en action de grâce. Jésus, on peut dire qu’Il est l’Eucharistie par excellence. Il est l’eucharistie tout court parce qu’Il a tout reçu du Père et Il fait tout remonter vers Lui dans la joie.

Et la Vierge Marie, qui est la première disciple de son Fils, reçoit son Fils par la grâce de son OUI, et le redonne par l’action de grâce de son Magnificat.

On comprend donc que sans la gratitude, sans le merci, l’univers est amputé. Il manque le deuxième temps qui constitue le rythme intégral de la création. La louange, c’est l’attitude fondamentale de l’homme devant Dieu. Comme un pont qui n’aurait qu’une arche, ou un cœur qui ne serait que diastole.

Même si la passion et la résurrection nous obtiennent le salut, il faut que chacun de nous entre dans ce mouvement.

C’est sainte Catherine Labouré qui a eu les apparitions de la Vierge Marie dans la chapelle de la rue du Bac à Paris (Un enfant disait : la rue de Pâques. Elle dit que la Vierge Marie apparaissait avec les mains tendues vers le bas de chaque côté et, de ses mains sortaient des rayons lumineux. Or, elle distingue que dans les rayons lumineux, il y a aussi des rayons éteints et elle dit : « Pourquoi ces rayons éteints ? » Et la Vierge Marie dit : « c’est toutes les grâces que l’on m’a demandées, mais qui n’ont pas été reçues parce qu’il n’y a pas eu de merci. » En effet, dire merci, c’est faire nôtre ce que l’on nous donne.  Imaginons une marraine a préparé un beau cadeau pour son filleul et le filleul ne sait pas dire merci. A qui est le cadeau quand elle lui a donné ? Il est à lui, bien sûr, mais il n’en a pas accusé réception. Il ne l’a pas fait sien. Il ne s’en est pas imprégné. Outre le fait que la marraine sera un peu triste, le petit n’a pas réceptionné, alors que s’il dit merci, il donne de la joie et il fait sien ce cadeau.

On raconte aussi que, quelqu’un arrivant au Ciel, visite le vestibule et il voit plein de casiers. Alors il regarde, il cherche le sien, il le trouve et il a la surprise de voir dans son casier plein de cadeaux qui sont là, en attente. Et il dit à l’ange qui lui fait visiter, mais qu’est-ce que c’est que ces cadeaux ? C’est tout ce que tu as demandé à Dieu, mais qui n’est pas parti parce que tu n’as pas remercié, tu n’as pas su dire MERCI.

Nous avons un moyen de dire merci. C’est la messe chaque semaine. Dieu nous donne 168 heures ! Ne serait-il pas normal de lui en donner une ?  Ça fait 0,7% de notre temps. Et ces 0,7% de notre temps sont faits pour que Dieu puisse nous donner ce qu’Il a prévu. Parce que Dieu attend de nous la conversion de nos péchés.  Mais Il veut aussi la conversion de nos vertus. C’est-à-dire qu’Il aurait de quoi nous dire de temps en temps : « Est-ce que je t’ai demandé ça ? » Vous savez, c’est le fameux : « j’assume, je contrôle, je gère, je maîtrise, j’assure. Je… je… je… je… je… » alors que le Seigneur veut peut-être tout autre chose. En lui donnant un peu de ce qui nous est le plus précieux (du temps !) nous lui permettrons de nous dire ce qu’il attend de nous et de nous donner les moyens de l’accomplir.

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Du 3 juillet- Il y a doute et doute

Dans l’évangile selon saint Jean, le doute de saint Thomas nous donne l’occasion de réfléchir à nos propres doutes qui peuvent nous traverser l’esprit. On dit que « la Foi c’est pas évident mais que c’est une certitude ». Or on entend dire parfois : « J’ai la foi mais j’ai des doutes ».

Dans « La Bible de l’humour juif », j’ai trouvé une histoire que je « traduis » en catholique.   Un moine reçoit la visite d’un jeune qui se présente comme fervent athée. – « Cher jeune, dit le moine, avant d’accepter ou de repousser une religion, avant de croire ou de ne pas croire, il faut d’abord connaître de quoi on parle, es-tu d’accord avec moi ? » – « Oui, approuva le jeune. – « Alors je te demande ! as-tu étudié l’évangile ? » – «  Un petit peu oui, avant de faire ma première communion, je suis allé au caté. » – « Et as-tu étudié les Lettres de saint Paul, et l’ancien Testament ? » – « Père, vous savez bien que plus personne n’ouvre la Bible de nos jours ! » «  Hmmm… Et nos grands penseurs, saint Augustin, saint Thomas d’Aquin, et nos théologiens actuels, le Père Descouvemont, Frère Paul-Adrien, Joseph Ratzinger, Le Père Daniel-Ange,…. ?» – «  Non, je ne connais pas… » – « Jeune homme, conclut le moine, tu connais très peu l’évangile, tu ne sais rien ou presque de la Bible, tu n’as jamais entendu parler de nos grands penseurs, et tu te permets de te prendre pour un athée. Mon cher, tu n’es pas athée, tu es tout simplement ignorant ! ». Nos doutes sont parfois uniquement de la paresse intellectuelle.

Un homme et son fils, un garçon de huit ans, marchent depuis déjà longtemps côte à côte, le sac au dos bien amarré. L’enfant bombarde son papa de questions :  – « Dis papa, pourquoi le ciel est bleu ? » – « Là, tu me poses une colle. » – « Dis papa, pourquoi au printemps, les fleurs des arbres arrivent avant les feuilles ? – « Je n’en ai pas la moindre idée. » – « Dis papa, pourquoi les avions si lourds arrivent à voler ? » – « Je ne me suis jamais posé la question » – « Dis papa, j’ai l’impression que je t’agace avec mes questions. » – « Mais pas du tout mon fils, si tu ne poses jamais de question, comment sauras-tu les choses ? » Ce pauvre papa était porté de bonne volonté mais il ne transmettait pas grand-chose à son fils. Pour surmonter nos doutes, il faut deuxièmement poser les questions à qui a les réponses. 

Mais il faut autre chose. Dieu ne nous reprochera jamais de Lui poser des questions, mais tout dépend du ton de ces questions.  Il y a le pourquoi hargneux qui accuse plus qu’il ne questionne, et il y a le pourquoi secrètement humble du « blasphème » de Job. Il y a la question émerveillée de l’enfant qui demande pourquoi le soleil se lève : ce « pourquoi » fait plaisir aux parents, même s’ils ne savent pas répondre. Et c’est au fond le pourquoi des savants, s’ils sont de vrais savants… c’est-à-dire des contemplatifs. Un vrai savant, c’est un enfant qui a de la patience. Il échafaude des hypothèses, mais si ça ne marche pas, il recommence : il ne critique pas la réalité, il critique son hypothèse. Il s’efface et il s’oublie : ses questions à la Nature sont des questions d’amoureux, non de jaloux. Il y a le pourquoi du sceptique, qui n’attend même pas de réponse, comme Pilate. (Entre parenthèse, il peut y avoir des fausses sceptiques qui soient de vraies croyantes… !) Il y a des questions qui sont des blasphèmes, et il y a des « blasphèmes » qui sont une adoration. Il y a le pourquoi des enfants en colère.

Sur quel ton posons-nous des questions à Dieu, à l’Eglise et aux prêtres ? En avril 2024, nous avons vu arriver au Puy un frère avec une belle croix pectorale représentant le Christ de Saint Damien, sur une bure franciscaine bleue. Il marche avec une ânesse qui se prénomme Espérance, et un petit chien. Il est venu partager notre repas du soir au presbytère et nous a raconté son histoire pas banale. Ses parents sont athées et anticléricaux. Aujourd’hui ils ne comprennent absolument pas son choix mais préfèrent qu’il soit sur la route plutôt que dans un monastère, ce qui serait pour eux l’abomination de la désolation. La Moselle, son département d’origine étant concordataire, même à l’école publique, il a eu droit aux cours de religion chrétienne. Et c’est ainsi qu’il a préparé et fait sa première communion. En collège, il lit les évangiles mais pour y rechercher des contradictions, des incohérences, des preuves que tout cela est faux dans le but d’embêter les prêtres avec ses questions. Un jour il va piéger un prêtre. Mais c’est le prêtre qui le piège en lui disant : « Maintenant ça suffit ; c’est moi qui vais poser les questions et toi qui vas répondre. Dis-moi si tu connais un Dieu comme celui de la religion catholique, un Dieu qui vient sur terre pour mourir sur une croix. Si tu avais eu à imaginer Dieu, est-ce que tu l’aurais imaginé comme celui dont parle l’évangile ? Et si tu avais eu à fonder une Eglise, est-ce que tu aurais raconté ce que dit l’évangile des apôtres : jaloux, peureux, lâches, renégat, lents à comprendre ? ». Ce sont ces questions qui le font basculer dans la foi en Jésus.  Ce prêtre le Père André Dukiel va aider Brice à trouver sa vocation : ni chez les Carmes, ni chez les Bénédictins, ni chez les trappistes, mais une vie d’évangélisation au grand vent comme une espèce de saint Benoît Joseph Labre.  Il sillonne à pied les routes de l’Europe avec le désir de se rendre à Jérusalem.

Sommes-nous capables d’écouter la réponse à nos questions et déjà prêt à en accepter les conséquences ? Pensons à la question de la Vierge Marie : « Comment cela se fera-t-il ? » et au pourquoi du Christ en croix : « Mon Dieu pourquoi m’as-Tu abandonné ? »… et la réponse, c’est la Résurrection.

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Du 4 juillet – Parole de Dieu tous azimuts

Si vous aviez à donner une comparaison pour dire ce qu’est la Parole de Dieu, pour un chrétien, peut-être penseriez-vous au code de la route, ou bien à une recette de cuisine, ou encore au plan pour construire une maison.

Rien de tout cela dans la Bible mais plutôt l’image de la graine semée qui a son propre dynamisme, ou encre cette belle image en  Isaïe 55 :  « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » Un juge trés sympathique  raconte ses débuts difficiles dans sa vie professionnelle.  La veille du jour où il devait présider le tribunal pour la première fois, il était totalement paniqué. Il ne se sentait pas du tout à la hauteur. Il n’a pas fermé l’œil de la nuit. Le matin, complétement affolé, il téléphone à son ancien professeur pour lui confier son désarroi. Celui-ci lui répond : – Vous n’avez aucune raison d’avoir peur. Suivez mon conseil et tout ira bien. Dans votre tête, vous avez les milliers de paragraphes du code pénal et c’est très bien comme ça. Mais si vous perdez les pédales dans cette jungle de paragraphes, alors regardez vos dix doigts et rappelez-vous les dix commandements. Ils vous aideront à retrouver le bon chemin. Et le juge d’ajouter : – Depuis, chaque fois que, dans un procès, tout devient compliqué et obscur, j’ai recours au grand soleil du Décalogue. Dans l’Ancien Testament, il est dit : ‘Quand les peuples entendront parler de ces commandements, ils s’écrieront : « Il n’y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation ! » (Dt 4,6).

Richard Bormann est un petit homme (il est né grand prématuré) étonnant, pétillant d’humour et de liberté . Il a d’abord été pasteur évangélique pentecôtiste, en mission dans différents pays d’Afrique. Puis il s’est converti. Il est aujourd’hui un catholique très missionnaire. Un de ses fils est devenu prêtre. Il raconte qu’un jour il participait à une session pentecôtiste et en tant que pasteur lui-même. Il écoutait avec attention depuis un moment le prêche d’un autre pasteur très moralisateur, et très culpabilisant. Ce qu’il entendait avec ses oreilles le gênait. Il entend alors au fond de son cœur : « Richard, enlève ta chaussure, et enlève ta chaussette et va poser ton pied nu sur le pupitre du prédicateur » (Il faut dire qu’il est plein de charismes. Il a une relation très directe, et assez facétieuse avec le Seigneur.) Il se demande ce qu’il a mangé le matin pour penser un tel truc. La petite voix revient. Alors il se met alors à enlever sa chaussure et sa chaussette ; sa femme le regarde un peu étonnée même si elle a l’habitude des excentricités de son mari.  Il se lève et marche clopin-clopant (puisqu’il lui manque une semelle) en direction du pupitre. Il se dit intérieurement : « J’espère que ça va être comme pour Abraham ; le Seigneur va me dire : ça va, je vois que tu m’écoutes, que tu me fais confiance, que tu es prêt à m’obéir, alors tu peux retourner à ta place ». Le prédicateur le voyant arriver le fixe de son regard inquiet et sévère.

Et juste au moment où il pose son pied sur le pupitre arrive dans son esprit la parole de Dieu correspondante : saint Paul nous dit que dans le Corps du Christ il y a le pied. Le pied ce n’est pas la partie la plus noble de notre corps, le pied n’est pas tellement reluisant ; il peut sentir très mauvais, il peut être sale. Mais le pied permet de se tenir debout. Certains peuvent se sentir comme des pieds, mais ils permettent au Christ d’aller porter sa consolation, son réconfort, sa paix, sa joie. Quelle est ma place dans le Corps du Christ ?  

Un dimanche vers midi, une jeune femme était en train de laver la salade dans la cuisine, quand son mari s’approcha. Pour la taquiner, il lui demanda : ” Saurais-tu me dire ce que le curé a dit dans le sermon de ce matin . ” ” Non, je ne me rappelle plus de rien “, confessa la femme.

” Alors pourquoi tu vas à l’église écouter des sermons, si c’est pour oublier ? ” ” Regarde, chéri, l’eau lave ma salade sans rester dans le panier ; pourtant ma salade est complètement lavée. ”  Nous ne comprenons pas tout, nous ne retenons pas tout, mais ce qui est important, c’est de donner l’occasion à la Parole de Dieu de nous laver, de nous bonifier.

Le Père Jean-Baptiste raconte que dans sa communauté, ils organisent de temps en temps un « Banquet de la Parole ». Le principe de cette prière communautaire est simple : un frère lit un passage de la Bible, et tous ceux qui le veulent, redisent le verset qui leur parle, le verset qui les touchent, le verset qui exprime la prière de leur cœur. Ce jour-là, c’est un banquet de la Parole sur le psaume 116 (114-115). Chacun s’exprime : « Je crois et je parlerai parce que j’ai beaucoup souffert ». Un autre : « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ?  J’élèverai la coupe du salut ». Un autre encore : « J’invoquerai le nom du Seigneur »… « Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple ». « Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce » Cela fuse de partout : « J’invoquerai le nom du Seigneur » « Je tiendrai mes promesses au Seigneur à l’entrée de la maison du Seigneur »  … Et voilà qu’après un temps de silence qui manifeste que tous ceux qui voulaient intervenir se sont exprimés, un frère malicieux dit le verset qui lui parle le mieux, le verset 11 de ce psaume 116 : « L’homme n’est que mensonge ». Silence interloqué puis fou-rire général !  Il est bon parfois de nous entendre rappeler notre extrême fragilité.. 

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Du 5 juillet- Mariage coté souriant

Pourquoi se marier à l’église ? Pourquoi recevoir le sacrement de mariage ? Parce que marier deux personnes, conjuguer deux egos, ce n’est pas évident. Disons-le avec humour … !

Il parait que pendant les six premiers mois on se dit : Bonsoir, mon amour
à partir de Six mois : Coucou, bonne journée ? ! à partir de Six ans : Salut, il y a du courrier ?
            jusqu’à Six mois : Ne te dérange pas, j’y vais. ..  à partir de Six mois : Tu veux que j’y aille ? Six ans plus tard Alors tu viens ?

Six semaines : Tu n’as pas eu une enfance très drôle…
Six mois : C’est vrai qu’ils sont chiants, tes parents…
… Six ans : Tu as de qui tenir !
            Et en plus tu fais bien la cuisine …Qu’est-ce qu’il y a pour le dîner ? …. Pffff. encore des pâtes ?

            Chérie, Jacqueline au téléphone … C’est pour toi  … TéléphoooOOOOoone !
            Je t’emmène au Népal …. Tu veux vraiment aller au Népal ? ….On n’est pas bien ici ?…

ça te va bien cette robe … Encore une nouvelle robe ?… Combien ta robe ?

On va chez tes parents … Pas cette semaine, j’ai du boulot … Alors ils vont bien ?
Je t’aime…. Mais oui, je t’aime … Si je ne t’aimais pas, il y a longtemps que je me serais tiré ! Ce serait le temps qui serait le principal ennemi du couple. Alors que le temps peut être l’allié de ceux qui s’aime. Comme le bon vin, le temps peut bonifier l’amour.

Une dame disparait. Son mari alerte la police qui entame des recherches. Au bout de trois jours, il téléphone à la Police et leur demande d’arrêter les recherches. « Elle est revenue ? Vous l’avez retrouvée ? » – « Non, mais j’ai réfléchi ».

Un couple venait de fêter leur 75ème anniversaire de mariage. Chacun avait juste cent ans. Tout le monde est étonné d’apprendre peu de temps après qu’ils ont entamé une procédure de divorce. – « Pourquoi divorcez-vous après tant d’années de mariage ? » – « Nous attendions que nos enfants soient morts »… ! C’est une blague mais elle peut attirer l’attention sur le fait qu’un divorce affecte les enfants quel que soit leur âge. Et que la délicatesse n’a pas d’âge !

Après 35 ans de mariage, j’ai regardé ma femme et je lui ai dit : « Chérie, il y a 35 ans, on avait un appartement, une vieille voiture, on dormait sur le canapé acheté à Emmaüs, en regardant une télé en noir et blanc. Mais je dormais avec une jeune blonde de 25 ans… Et ça me rendait heureux ! Aujourd’hui, on a une maison à 500 000 €, une Mercedes à 150 000 €, un lit king size, une télé couleur à écran plat.  Et je dors avec une vieille de 60 ans ! » Ma femme, qui est très vive d’esprit, m’a répondu avec un petit sourire sournois :            « T’as juste à te trouver une jeune blonde de 25 ans et mon avocat fera en sorte que tu te retrouves dans un petit appartement avec une vieille voiture et que tu dormes sur un canapé en regardant une télé en noir et blanc ». Les femmes sont incroyables. Elles te guérissent vite de ta crise de la soixantaine.

Quel est le motif de rupture le plus fréquent ? la revue Psychologies de juillet 2022 a publié le résultat d’une enquête : Quel est le motif de rupture le plus fréquent ?

On s’attendait à l’infidélité ou à la disparition des sentiments. Arrivent sur le podium : en premier, une mauvaise hygiène (81 %) en deuxième les remarques blessantes (75 %), en troisième l’égocentrisme « elle ne parle que d’elle » « Il ne parle que de lui » (71 %) puis vient le manque de sens de l’humour (50 %).

Une animatrice en maison de retraite qui visite chaque résident dans sa chambre, semaine après semaine me disait qu’aucun n’émet de regret sur sa vie professionnelle, ou ses études, ou ses engagements associatifs mais très souvent en revanche sur son couple brisé « Et pourtant j’aimais ma femme » … On s’aime on est transporté au septième ciel, et on finit par se haïr pour des riens «une mauvaise hygiène ou des remarques blessantes !  Il y a donc un problème que tous les efforts psychologiques ne peuvent résoudre.

Je rencontre François-Baptiste à l’occasion de la célébration des baptêmes de deux de ses neveux. Je ne l’ai pas revu depuis la célébration de leur mariage 10 ans auparavant. Après leur mariage ils sont partis en Corse où il est gendarme. On sait que leur travail s’exerce dans des conditions difficiles. Je découvre leurs trois filles, beaux fruits du mariage. Je lui demande comment ça va ? Il me répond aussitôt : « ça va super bien puisque je suis avec Delphine ». Beau sens des priorités ! Il faut dire qu’ils sont pratiquants réguliers. Sans Jésus, le couple ce sont facilement deux bulles d’ego qui se fracassent l‘une contre l’autre. Avec Jésus, il y a des grâces pour que les deux egos se marient bien. 

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14°dimanche année C 6 juillet 2025 évangélisation action de grâce et perspectives

Chers frères et sœurs, Trois parties dans mon homélie. Petit commentaire des Lectures de ce 14° dimanche ordinaire. Action de grâces pour les40 ans de sacerdoce et perspective.

Pourquoi évangéliser ? C’est Le Seigneur qui en donne lui-même la raison sous la plume ou par la voix du prophète Isaïe : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve … vous serez choyés sur ses genoux… Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés… votre cœur sera dans l’allégresse ; et vos os revivront comme l’herbe reverdit ». C’est pour transmettre la paix du Seigneur, sa Consolation, sa Joie, et ressusciter les personnes. Un français a traduit la pensée du Pape François par un beau jeu de mots : le chrétien doit quitter le vieux divan pour annoncer le Dieu vivant.  

Un évangélisateur né qui était pasteur protestant et qui est devenu catholique (un de leur fils est devenu prêtre) Richard Bormann explique que trois conditions sont absolument nécessaires pour l’évangélisation directe. Je vous les donne pour que vous discerniez si vous êtes aptes à évangéliser. Première condition : Il faut avoir peur d’y aller. Quand on témoigne de sa foi, une certaine timidité facilite la rencontre. Les gens ne sont pas intimidés par quelqu’un qui tremble ou qui bégaie.

2e condition. Il faut être persuadé qu’on n’est pas assez formé pour y aller. Pour évangéliser, il n’est pas nécessaire d’avoir toutes les réponses. Mieux vaut se contenter d’avoir une oreille pour écouter et prier.

3e condition. Il nous faut avoir ce que le prophète Jonas avait. De fait. Jonas n’avait pas grand-chose. Il était désobéissant et un brin têtu. Pire encore, il ne voulait pas que les Ninivites se convertissent. Il manquait totalement de miséricorde à leur égard et s’est même fâché quand les multitudes se sont converties. Il n’avait vraiment rien pour lui. Et pourtant, quelle efficacité dans son évangélisation ! Toute la ville de Ninive s’est convertie à sa prédication. Alors qu’avait-il qu’il nous faut absolument avoir. Une bouche, simplement.

Voici les trois conditions pour être un bon évangélisateur. Avoir peur, penser que sa formation est inadaptée et avoir une bouche. Vous remplissez ces trois conditions ? Bravo vous avez le diplôme de mon école d’évangélisation. Allez-y en tremblant de peur. Prêts à écouter et ouvrir la bouche au bon moment. Ah, j’oubliais. Même si vous n’avez pas de bouche, venez avec votre cœur empli d’amour pour Jésus. C’est ce que les gens cherchent le plus.

Deuxièmement : le Concile Vatican II dit plusieurs fois que le prêtre se sanctifie dans l’exercice de son ministère. Je fais mention de quelques-unes des grâces inouïes qui ont émaillé toutes ces années. D’abord ma famille. Nous avons encore la maman qui nous édifie par son sourire alors qu’elle a tout perdu ou presque. Maman c’est 91 ans de « mon Dieu je vous l’offre ». J’ai béni les mariages de mes cinq frères. Cadeau de cinq belles-soeurs et de 12 neveux et nièces et pour le moment 4 petits neveux. Grâce à mes frères les enfants du caté et des camps d’été font beaucoup de menuiserie.

Coté soutien spirituel, une des petites sœurs de maman est entré chez les trappistines de Bonneval en Aveyron à 20 ans  quand j’avais deux mois. Ce monastère a été et reste très important pour nous tous même si la tatan sœur est morte d’épuisement à 68 ans.

Le renouveau charismatique. Le 14 mars 1982 j’ai reçu ces trois paroles qui me portent chaque jour : « Pierre va au large. Sur ta Parole Seigneur je jetterai le filet ». « Si je veux qu’il en soit ainsi, que t’importe, toi suis-moi. » et « C’est parce que tu es pauvre que je t’ai choisi et c’est si tu restes pauvre que je pourrai agir en toi. Aie confiance. Abandonne-toi à moi. » La fraternité sacerdotale qui apprend beaucoup et qui ouvre à des amitiés qui donnent des ailes. Et à cheval sur le spi et le psy, la méthode Vittoz à laquelle m’a initié la maman du Père Paul Ollier  qui m’a changé la vie. J’ai pu l’indiquer à de nombreuses personnes . Une rencontrée à Paray le monial en a même fait son métier à Annecy.

Il me faut mentionner les camps d’été à Charnaud pendant 18 ans ; cette année j’ai baptisé trois enfants dont les parents gardent de merveilleux souvenirs. Aux camps ont succédé les écoles de prière. Je vais accompagner la 23 ème ce mois d’août. J’ai déjà célébré quatre mariages qui sont nés dans ces séjours. Foi et Lumière pendant 20 ans avec la communauté Main dans la main regroupant des familles avec des enfants porteurs de handicaps adoptés ou faits-maison.  Les équipes de jeunes comme les Christ Teens à Yssingeaux ou les Chiara Luce à Monistrol. L’organisation de grands rassemblements de collégiens dans les hauts-lieux de notre région : Ars, Paray, Saint-Chamont, Lalouvesc. Langeac. Les trois pèlerinages en Terre Sainte grâce à la générosité des paroissiens. Le Parcours Alpha lancé à Monistrol et dans la foulée la découverte de la prière de Libération. Les 30 ans aux Equipes Notre-Dame. Et bien d’autres choses dont je ne me doutais absolument pas en suivant le Seigneur il y a quarante ans. Je vous confie mon rêve pour L’ensemble paroissial Notre-Dame du Puy ; c’est que nous puissions mettre en place le Parcours Venez et Voyez. Nous sommes cinq à être allés trois fois à Vienne courant du mois de mai pour découvrir ce Parcours qui nous a paru génial. Ce sont trois soirées en trois semaines proposées à tous les adultes qui viennent demander un sacrement. Trois soirées dans la bienveillance, et d’esprit fraternel. Souvent on s’adresse à l’Eglise comme à une agence de pompes religieuses. Ceux qui font la soirée ont des chances de découvrir une famille. Première soirée : Dieu le Père aime chacun de façon toute particulière : chacun est unique dans sa collection de perles très rares. Deuxième soirée  : Dieu le Fils : que faisons-nous du mal dans nos vies ? Le mal subi qui s’appelle souffrance ? Le mal que nous sommes capables de commettre qui s’appelle Péché ? Et troisième soirée : Dieu el Saint-Esprit, le meilleur des Conseillers, des Consolateurs, des souffleurs, des avocats. J’aimerais que nous mettions en place cet outil d’évangélisation pour que le Seigneur puisse donner sa paix, réconforter, éclairer, enjoliver la vie de tous les paroissiens. Parce que s’il nous a créés sans nous, il veut nous sauver avec nous. Amen !  

Les bonus : (4080) Raymond Devos – Le Vieux prodige. – YouTube

Un ami de séminaire : Le parcours de Joseph-Marie Verlinde : Gnose, Hindouisme, Bouddhisme et Ésotérisme Christique

Du 7 juilletLe Verbe se fait chair

Un ami prêtre a un beau charisme auprès des jeunes. Il avait emmené les jeunes lycéens de l’aumônerie dans un monastère. A la fin de la récollection, le moine qui avait pris en charge le groupe dit au Père Paul : « Les jeunes vous aiment énormément ». Le Père Paul lui dit modestement : « J’aimerais mieux qu’ils aiment plus Jésus ». Et le moine lui dit alors : « Père, le Verbe s’est fait chair ». Le Père Paul racontait ce petit dialogue qui l’avait beaucoup touché pour dire que le Seigneur veut passer par nous.

Dieu au-delà de tout créé aurait pu nous sauver du haut de son Ciel par un décret qui nous aurait déclarés tous aptes à la Vie Eternelle vu nos circonstances atténuantes et son extrême indulgence. Il aurait pu manipuler un peu notre liberté. Il a voulu associer chacun à son propre salut et nous faire nous entraider. Je vous raconte une anecdote récente : juste avant Pâques, dans l’après-midi de ce jeudi, nous venions de confesser 25 enfants des Cours Moyens de l’école Saint-Régis. A la fin, Gabin – que je connais grâce à la préparation de la première communion – m’amène un copain en m’expliquant qu’il n’est pas baptisé, qu’il se prénomme Louis , et qu’il aimerait que je lui prépare une croix dorée, un dizainier et de l’eau bénite “pour son coin prière”, m’e précise-t-il…. Merci Seigneur. Le lendemain, comme Saint-Régis participe aux jeux olympiques inter-écoles du Puy, et que je suis invité au repas de midi, j’apporte tout cela à Gabin qui s’en montre ravi. Une demi-heure plus tard, c’est Louis qui vient me remercier ! Vive l’évangélisation entre enfants !!

Voulez-vous encore un exemple que le Seigneur se révèle même par les plus petits ? Une catéchiste demande aux enfants de son groupe de chercher à quel animal nous pourrions comparer Dieu. « Si vous aviez à dessiner Dieu, quel animal représenteriez-vous ? » Un enfant répond : « Un lion parce que c’est le roi des animaux. Il est fort comme un lion. » Un autre répond : « Un aigle parce qu’il voit tout d’en-haut avec des yeux très perçants. Il voit de haut et de très loin » Et puis une petite fille lève la main : « Moi je ferais une araignée » « Une araignée, pourquoi ? Parce qu’elle tisse sa toile. Les  hommes la lui déchirent. Mais elle la reconstruit toujours ». Cette petite est une vraie théologienne.

Un jour je rencontre un jeune père de famille que je connais depuis son enfance. Ils ont huit enfants. Il m’apprend que leur plus jeune, Théophane, qui a quatre ans, est animé d’une grande passion : jouer à célébrer la messe. J’envoie presqu’aussitôt un sms à mon frère sculpteur sur bois pour lui demander de tourner un calice, un ciboire, une patène et deux cierges. Quelque jours plus tard il m’envoie une belle photo de cette petite « dînette pour dire la messe ». Je transfère le cliché aux parents de Théophane. Réaction souriante de sa maman : « Il va être fou de joie, mais… nous allons le perdre ! » (sous-entendu cela va attiser son désir de devenir prêtre, ce qui ferait grand plaisir à cette maman !) Réaction de son mari : « Nous allons avoir la messe tous les jours à la maison ! »  Comme je ne peux pas leur faire passer cette mini valise chapelle immédiatement, j’en profite pour montrer ces magnifiques objets liturgiques miniatures à un paroissien d’une soixantaine d’années qui me dit : « Moi aussi quand j’étais enfant, je jouais à dire la messe. Je me souviens : deux petits camarades y assistaient. Pour la communion, je leur donnais des petites pastilles. Et alors que la petite fille s’avançait une deuxième fois, je lui dis : « Non on ne communie qu’une fois par jour. » Mais elle m’a dit « Oui, mais moi j’aime Jésus ». 

On raconte aussi qu’un enfant qui jouait à dire la messe avait invité son petit voisin. Il avait bien remarqué que dans les églises, l’autel est toujours surélevé par rapport à l’assemblée ; il faut souvent gravir deux ou trois marches pour y accéder. Il avait donc installé une petite table en bas de l’escalier en bois qui conduisait aux chambres. Maman était contente :  les enfants jouaient très bien à dire la messe. Soudain dans l‘après-midi elle les entend se disputer. – Que se passe-t-il ? – C’est lui il veut dire la messe. Eh bien laisse lui un peu la place. Combien de fois tu l’as dite toi ? – Oui, mais c’est moi le prêtre. – Allez, fais pour une fois le fidèle, laisse-lui dire la messe…L’enfant ne dit rien mais maman voit bien qu’il boude. Puis soudain, maman le voit monter l’escalier de bois et du haut de l’escalier, il dit : « Bon d’accord, il fera le prêtre, mais moi je ferai Dieu ».

Le Verbe se fait chair. La Parole du Seigneur s’incarne.

On m’a parlé de Marcel Dupré, organiste dans une paroisse de Paris était un homme assez secret, solitaire, personne ne le connaissait vraiment. Il fumait derrière le buffet de l’orgue. La paroisse avait l’habitude d’organiser un repas de reconnaissance pour tous ceux qui œuvraient dans la paroisse et un jour un vicaire dit:” Pourquoi nous n’invitons pas Marcel Dupré ?” Ils lui ont dit et il est venu . Le vicaire lui demanda : ” Si vous saviez qu’il y a Mozart parmi nous, qu’est-ce que vous feriez ?” Marcel Dupré a répondu:  ” Je lui laisserai ma place, prenez donc la place!”

Le Vicaire: “Et si vous saviez qu’il y a Jean Sébastien Bach parmi les convives que feriez-vous ?” Marcel Dupré : ” Je m’enfuirais, je partirais.”

Le vicaire : ” Et si vous saviez qu’il y a parmi nous Jésus, Jésus Christ de Nazareth que feriez-vous ?” Marcel Dupré : ” Là, je me mettrai à genou et je lui dirai prends pitié du pécheur que je suis.”

Le Verbe nous interpelle, le Verbe frappe à nos portes. Tendons bien l’oreille !

Les bonus : Une messe expliquée en 6 minutes : https://youtu.be/Y9sPGNQVjg4