Jeudi 19 juin 2025 : Chéri du Père.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 6, 7-15) : «En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

Plutôt que de vivre sous l’idée d’un destin aveugle, les chrétiens préfèrent se savoir inscrits dans un Dessein, dans le Projet d’un Père qui a le souci de notre liberté et de notre bonheur. Un petit David disait joliment en récitant son Notre Père : « … que ton Rêve vienne ». Un autre enfant avait fait, en recopiant la prière de Jésus, cette belle faute d’orthographe : « Que ta volonté soit fête »… ! Un jeune porteur d’un handicap mental, avait répondu alors qu’on lui demandait ce qu’il faisait à l’adoration silencieuse, qu’il écoutait Dieu. Ah bon parce qu’il te parle à toi ? Et qu’est-ce qu’il te dit ? Il me dit : « Tu es mon fils bien aimé »… !

Après une vie consacrée au monde universitaire, le célèbre Père Henri Nouwen décida de vivre dans la communauté de l’Arche. Un jour, il fut abordé par une handicapée qui lui dit : « Henri, peux-tu me bénir ? » Le Père Nouwen s’exécuta de manière toute mécanique, en traçant du pouce un signe de croix sur le front de la fillette. Au lieu de l’en remercier, elle protesta avec véhémence : « Non ! Pas comme ça ! Je veux une vraie bénédiction ! » Le Père Nouwen eut conscience du caractère machinal et formaliste de son geste. Il dit à la petite : « Oh, excuse-moi… Je te donnerai une vraie bénédiction, quand nous serons tous rassemblés pour la célébration. » À la fin de la cérémonie, au milieu d’une trentaine de personnes assises en cercle sur le sol, le Père Nouwen prit la parole : « Jeannette m’a demandé une bénédiction spéciale. Elle sent qu’elle en a besoin actuellement. » La fillette se leva et se dirigea vers le prêtre. Il portait une longue aube blanche aux manches amples recouvrant autant les mains que les bras. Dans un élan de spontanéité, Jeannette l’embrassa et posa sa tête contre sa poitrine. Le Père Nouwen, d’un mouvement instinctif, l’enveloppa de ses manches au point de la faire presque disparaître dans les plis de son aube. Et tandis qu’ils étaient l’un contre l’autre, le Père Nouwen dit : « Jeannette, je veux que tu saches que tu es aimée de Dieu. Tu es précieuse à ses yeux. Ton beau sourire, ta gentillesse envers les membres de la communauté et tout ce que tu fais de bien nous montrent la beauté de ton âme. Je sais que tu te sens un peu déprimée ces jours-ci et que ton coeur est triste, mais tu es une personne unique, aimée de Dieu et de toutes les personnes qui vivent ici avec toi. » Jeannette leva la tête et le regarda : son large sourire était la meilleure preuve qu’elle avait vraiment ressenti et reçu la bénédiction. Quand Jeannette eut rejoint sa place, tous les autres handicapés voulurent recevoir la bénédiction. L’un des assistants, un jeune de 24 ans, leva la main et dit : « Et moi ? » « Bien sûr, répondit le Père Nouwen, Viens ! » Il l’embrassa et dit : « John, c’est tellement beau que tu sois là. Tu es le fils aimé de Dieu. Ta présence est une joie pour nous tous. Quand les choses sont difficiles et que la vie est pesante, souviens-toi toujours que tu es aimé d’un amour infini. » Le jeune homme le regarda, les larmes aux yeux, et dit : « Merci, merci beaucoup ! »

On raconte que  le Shah de Perse convoqua un jour tous les artistes de ses royaumes et les convia à un concours. Il s’agissait de représenter le visage du roi. Alors, arrivèrent les Hindous, avec de merveilleuses couleurs, des ocres et des bleus dont, seuls, ils connaissaient le secret ; puis les Arméniens, avec une glaise d’une qualité spéciale ; puis vinrent les Egyptiens, avec des gouges et des ciseaux inconnus et de très beaux blocs de marbre. Enfin, en dernier, se présentèrent les Grecs, avec simplement un petit sachet de poudre. On enferma chaque délégation pendant plusieurs semaines dans les salles du palais. Puis, au jour dit, le Roi vint, et vit d’abord les merveilleux tableaux en ocre et bleu des Hindous, les modelés des Arméniens et les statues des Egyptiens plus belles les unes que les autres. Enfin il entra chez les Grecs. Ceux-ci n’avaient fait qu’une chose : avec leur petite poudre, ils avaient frotté et poli la paroi de marbre de la salle où ils étaient, de telle sorte que lorsque le roi se présenta, il ne contempla qu’une seule chose : son propre visage, reflété lui-même par la paroi. Ce furent, bien entendu, les Grecs qui remportèrent le prix du concours, car ils avaient compris que seul le roi pouvait représenter le roi. Le Père nous veut chacun à l’image du Fils Unique. Il veut se refléter dans notre coeur. Pour y arriver, faut-il tout quitter et se réfugier dans un monastère ? Faut-il accomplir quelque exploit ? Est-ce, peut-être, réservé à ceux qui sont aptes à faire de longues études ? Les moines et les moniales sont utiles, les études sont importantes, les pèlerinages à Saint-Jacques-de-Compostelle ou en Terre Sainte peuvent être déterminants. Mais il faut surtout apprendre à accepter la pauvreté de cette poudre des événements de nos vies.

Les bonus : (3401) Baptême par immersion de Thaïs #baptême #pâques #jesussaves #immersion #foi – YouTube