5° dimanche de Pâques année C 18 mai 2025

Frères et sœurs, La première lecture nous dépeint comment se passait la toute première annonce de l’évangile. Les apôtres allaient dans les synagogues du pourtour de la Méditerranée. Ils parlaient d’abord à leurs frères de religion juive pour leur expliquer que le Messie venait d’arriver et qu’il accomplissait les Ecritures au-delà de toute espérance puisqu’il était Dieu en personne. Ils baptisaient et puis ils ordonnaient un « ancien » pour conduire la petite communauté. Quand ils ont réalisé que l’évangile était aussi pour les païens, ils se sont mis à parler aussi à ceux qui ne connaissaient ni Abraham ni Moïse ni rien du tout de la Bible.

Mais au fait quel est cet évangile qu’ils sont si pressés d’annoncer ? La deuxième lecture nous le dit. Il s’agit de l’Alliance, du « mariage » enfin réussi entre Dieu et l’humanité en Jésus. En Jésus le mariage est parfait. Il a tenu bon contre les assauts du mal. Le Mal est vaincu. « Maintenant le Fils de l’Homme est glorifié et Dieu est glorifié en Lui ». La Bonne Nouvelle c’est que l’Eglise est dépositaire de cette victoire. Nous pouvons être associés à cette Communion divine mise à notre portée.

Pourquoi le commandement « Aimez-vous les uns les autres » est-il nouveau ? Parce que dès qu’il est accompli, il rend présent Jésus. S’efforcer d’accomplir ce « commandement » c’est mettre Jésus aux commandes. Jésus a fait don de sa personne : « Ceci est mon corps et je vous le donne. » Il se donna sans condition. C’est le don mutuel de soi. Cela peut prendre la forme de l’amitié, de l’engagement, et même, en fin de compte du mariage quand on dit à l’autre : « je te reçois comme époux(se) et me donne à toi maintenant et pour toujours ».

. Jésus n’a pas dit : « Si les conditions vous le permettent aimez-vous ». Notre amour doit être inconditionnel. Le meilleur modèle c’est la maman. Son enfant peut lui en faire voir de toutes les couleurs : fugues, prison, drogue, violence,… elle continue de l’aimer. Un dessin de Sempé : un monsieur s’adresse à Dieu au sommet d’une montagne : « Seigneur, j’ai pardonné à tout le monde, mais j’ai des noms ». Je t’aime si tu es bien sage, si tu fais mes quatre volontés : cela ne marche pas. Je t’aime. Point. Je le dis aux fiancés qui se préparent au mariage parce que, dans une vie de couple, peuvent se glisser du chantage, de la manipulation ; il ne faut pas .

. Jésus n’a pas dit : « Aimez-vous, vous verrez : ça paiera. » Petite confidence : j’ai été vicaire d’un curé pendant six ans, le Père Charles. Un jour, il me racontait qu’il avait dû se montrer sévère envers quelqu’un. J’ai voulu faire de l’humour en lui disant : « A défaut de se faire aimer, il faut savoir se faire craindre ». Il n’a entendu que la première partie et il m’a remonté les bretelles : « Si tu cherches à te faire aimer, tu es fichu. L’amour viendra ou ne viendra pas. Il ne vient que par surcroit ». Nous n’aimons pas pour avoir du retour. L’amour est gratuit.

. Jésus n’a pas dit : « Aimez-vous les uns les uns les autres les autres (un prédicateur disait : « quand on ne s’aime que les uns les uns, on devient zinzin ».. !) Notre amour doit être universel. Comment faire ? Une distinction très simple peut nous y aider : la différence entre respect et tolérance. Tout être humain quoi qu’il ait fait est infiniment respectable. Mais il y a des opinions, des idées, des comportements qui sont intolérables. Je t’aime mon frère mais je te dis que tu nous mènes à la catastrophe. C’est aimer l’autre que de lui dire que ses idées, ses lois, sont intolérables.

. Jésus n’a pas dit : « Si vous le sentez, aimez-vous ». L’amour ne s’enracine pas dans le ressenti mais dans la volonté. J’aime parce que j’ai promis. Aimer c’est du sentiment mais c’est surtout un serment.

Le cardinal Joseph Ratzinger, la veille de l’entrée en conclave qui devait l’élire Pape disait : « Tous les hommes veulent laisser une trace qui demeure. Mais qu’est-ce qui demeure? Pas l’argent. Même les constructions ne demeurent pas; les livres non plus. Après un certain temps, plus ou moins long, toutes ces choses disparaissent. L’unique chose qui reste pour l’éternité est l’âme humaine, l’homme créé par Dieu pour l’éternité. Le fruit qui reste est donc ce que nous avons semé dans les âmes humaines – l’amour, la connaissance; le geste capable de toucher le cœur, la parole qui ouvre l’âme à la joie du Seigneur. Alors, allons et prions le Seigneur, pour qu’il nous aide à porter du fruit, un fruit qui demeure. Ce n’est qu’ainsi que la terre peut être transformée d’une vallée de larmes en un jardin de Dieu.»

Mgr Brincard interpellait un jour des jeunes en leur posant la question : « Est-ce que tu es la source de l’amour ? Si tu me dis « Oui », je te demande : pourquoi n’aimes-tu pas tout le temps ? Une fontaine ne coule pas par intermittence. Si tu me dis non, alors qui est la Source de l’amour ? D’où vient-il ? ».  Il vient de Jésus. Voilà la bonne nouvelle. C’est pourquoi nous venons faire le plein régulièrement à la messe ;  nous pensons que les autres ont droit à plus qu’à notre bonté naturelle. Ils ont droit à l’amour même de Dieu qui peut couler à travers nous « à l’insu de notre plein gré ».

La Vierge Marie a parfaitement réussi ce commandement. Son oui, est le premier oui de l’Eglise en même temps que la première manifestation visible du Oui éternel du Fils au Père. Elle est en premier la Demeure de Dieu parmi les hommes. Elle peut nous aider dans cet apprentissage de l’Amir qui demeure jusque dans la vie éternelle ! Amen !

Les bonus : (3201) ITW EXCLUSIVE : « Le Catho de service », le visage d’une foi jeune, claire et missionnaire – YouTube