Pourquoi et comment se marier ?
Je voudrais répondre simplement à deux questions : Premièrement, pourquoi se marier à l’Eglise. Pourquoi parmi 7 sacrements le Seigneur en a-t-il voulu un « spécial mariage » ? Deuxièmement, comment se marie-t-on à l’église ?
Pourquoi se marier à l’église ? Pour deux raisons. Je dis la première en commençant par une blagounette. Ne la prenez pas mal. On demandait à quelqu’un de trouver une comparaison pour dire ce qu’est la journée du mariage. – « C’est comme un mirage. Tu vois l’oasis, le ciel bleu azur, les dunes ondulées par le vent, les palmiers chargées de dattes. Et puis petit à petit tout s’estompe et disparaît et il ne te reste plus que le chameau ! »
C’est une vision un peu pessimiste mais reconnaissons que nous avons tous nos côtés « chameau »… ! Dites-moi franchement : quand on vous présentera la photo, quelle est la frimousse sympa que vous chercherez en premier ? …. ! C’est le signe que nous sommes chacun égocentrique, nombriliste et que le mariage comporte le gros risque de devenir deux bulles d’ego qui se fracassent l’une contre l’autre.
Deuxième raison de se marier à l’église. C’est que Dieu en a marre. De quoi ? De toutes les caricatures qui circulent sur lui : il serait un Jupiter, une force cosmique impersonnelle, un distributeur automatique, un tranquillisant, un sheriff qui demande à ses adjoints de semer la terreur auprès de tous ceux qui ne sont pas de son camp, un culpabilisateur, un marionnettiste (qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ?) etc etc….. Alors, quand on vous posera la question : « Tu t’es marié à l’Eglise, mais qu’est-ce que ça te fait de plus ? », vous pourriez répondre : « La question n’est pas celle-ci ; la question, c’est qu’est-ce que ça va me faire faire ? Non pas « qu’est-ce que ça m’apporte » mais « Qu’est-ce que ça me fait apporter » ? » On s’y prend mal quand on pose la question en ces termes : « Qu’est ce que ça va me faire ? » Parce que Dieu nous sauve en nous confiant une mission. Comme des parents « élèvent » (au sens propre et au sens figuré) en leur confiant des responsabilités, pas en faisant à leur place. Il vous donne la Mission de le représenter, de le rendre présent lui qui est AMOUR en personne. Vous acceptez aujourd’hui d’être parmi nous la Vitrine de sa Vie Trine, Père Fils et Saint-Esprit.… Mais bien sûr, pour que vous accomplissiez bien cette Mission , il vous donne des pouvoirs surnaturels.
Comment on se marie en Eglise ?
Parfois les fiancés choisissent comme évangile la magnifique parabole de Jésus de la maison à construire. Le jour du mariage, c’est le jour où l’on coule les fondations. Dans une maison le plus important c’est ce qui est invisible, ce sont les fondations. On a pris le temps pendant près d’un an de vérifier la solidité des quatre pilotis porteurs qui reposent sur le Rocher qu’est Le Seigneur. 1) L’engagement libre de chacun. Libre c’est à dire sans aucune pression extérieure ou intérieure, et en toute connaissance de cause. Vous n’épousez pas une personne idéale ou parfaite ; cela n’existe pas. 2) Un engagement dans la fidélité : quel moyen je prends pour que l’autre ait toujours toujours la priorité et ne pas être petit à petit accaparé par une occupation voire une addiction ? 3) Un engagement dans l’indissolubilité. Amour rime avec toujours. Le mariage ce n’est pas un GAEC. 4) Et puis quatrième pilier, la certitude que Dieu en attend quelque chose, qu’il compte sur vous. C’est ce qu’on appelle la fécondité du couple, son rayonnement. « Avec l’autre aimer les autres ».
Maintenant tout reste à faire, ce n’est pas une maison clef en mains. Mais vous avez l’architecte, le ciment, les matériaux. C’est Jésus. Pourquoi embarquer Jésus ? Tout simplement parce qu’il est le sauveur de l’Amour.
Pour construire, du solide, du beau, du rayonnant, Jésus vous donne des pouvoirs surnaturels.
Je reviens au chameau, il y a quelque chose d’intéressant. Vous savez peut-être que le mot hébreu que l’on traduit par bénédiction se dit beraka. » C’est la même racine que le mot arabe que tout le monde connaît : le mot baraque. « Avoir la baraqua », c’est avoir de la chance, être béni. Or c’est le même verbe que l’on emploie pour le chameau. Faire baraquer un chameau, c’est le faire mettre à genoux de façon à pouvoir le charger ; aussi il pourra accomplir sa mission. Les deux chameaux qui se retrouvent après la disparition du mirage restent avec la grâce de leur mariage. Ils seront « baraqués » chaque jour s’ils restent « baraqués ». Ils seront bénis s’ils restent humbles et pauvres. Entre mariage et mirage, il n’y a qu’un « a » de différence ; c’est le « a » de la grâce… Et la grâce, c’est en personne celui qui est l’Alpha et l’Oméga, Jésus.
Prenez un nid d’oiseau. Regardez-le de près. C’est assez fantastique tous les matériaux qui le composent : de la mousse de sous-bois, de la laine de brebis mais aussi des bouts de plastique, des plumes et même de la fiente d’oiseaux qui sert de ciment colle ! Souvent ce sont des matériaux qui ne sont pas ragoûtants. Et pourtant un nid voit naître la vie … ! Mais pourquoi un nid enfante-t-il la vie ? Parce qu’il est ouvert ! De même, ma vie peut être faite de bric et de broc et même de blessures, de passages pas très reluisants. Elle peut porter du fruit si elle est ouverte à la grâce. Si elle est … céleste !
Les bonus : (3201) Transformez Votre Mariage : La Théologie du Corps et du Don expliquée – Père François Potez – YouTube