Samedi 18 janvier 2025 Coupante comme une épée

Lecture de la lettre aux Hébreux (He 4, 12-16) : « Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. »

Il était une fois un roi fameux, qui avait un beau jardin. Il aimait s’y promener dans la fraîcheur du soir. Il admirait les plantes, plus belles les unes que les autres. Sa préférée était un bouquet de bambous, au bord d’une pièce d’eau claire. Il aimait ses lignes pures, simples et sveltesse. Il admirait sa façon d’être à la fois flexible et solide. Ses nuances de vert et d’or faisaient ses délices. Assis à son ombre, il passait des heures à écouter le bruissement de ses feuilles, le murmure des branches se balançant ensemble. Au fur et à mesure de sa croissance, le bambou se réjouissait du plaisir de son maître. 
Un jour, le maître observe le bambou plus longuement que d’habitude, et lui dit : – “Bambou, je veux me servir de toi”.
Le bambou frémit de joie de pouvoir être encore plus utile. Il savait dans son coeur qu’il avait mieux à faire dans sa vie que de satisfaire les délices de son maître.
– “Maître, utilise-moi comme tu voudras. J’en serai très honoré.”
– “Bambou, il faudrait que je te coupe”, dit le maître.
Le bambou pâlit, horrifié. Toutes ces années de croissance dans le beau jardin n’auraient donc servi à rien ? Le maître poursuit :
– “Si je ne te coupe pas, tu ne peux pas m’être utile”.

Le jardin fait silence et s’immobilise. Le bruissement des branches du bambou a cessé, les oiseaux ont arrêté leurs gazouillis. Après un long silence, le bambou répond d’une faible voix :
– “Maître, si je ne te suis utile qu’une fois coupé, alors coupe-moi”.
– “Il me faudra aussi couper tes branches et tes feuilles”.

Lui qui avait mis toute sa fierté dans ses branches et dans ses feuilles, est grandement embarrassé. Lentement, avec une grande tristesse, le bambou répond :
– “Maître, si tu ne peux m’utiliser qu’en enlevant mes feuilles, prend-les.”
– “Ce n’est pas tout, ajoute le maître, il me faudra aussi arracher ton cœur.”

Les ténèbres sont maintenant tombées sur le jardin, mais elles ne sont rien comparées aux ténèbres que ressent le bambou. Il faudra donc tout perdre ! Longtemps, il hésite ; le maître attend patiemment, la compassion et la compréhension brillent dans ses yeux. Un frissonnement se fait entendre, partant des feuilles du bambou :
– “Maître, s’il me faut tout perdre pour t’être utile, prends tout”.

Le maître coupe le bambou, le dépouille de ses feuilles et de ses branches, creuse son cœur. Il sort le bambou du luxuriant jardin, le porte dans des champs arides qui s’étendent, sans vie, sous un soleil brûlant. Il le branche à une source d’eau limpide qui peut maintenant couler à travers le bambou pour arroser les champs assoiffés.

Les champs se recouvrent d’eau, on plante du riz, les pousses vertes grandissent. C’est encore plus beau que dans le jardin du maître. Puis, c’est la moisson. Des hommes, des enfants chantent de joie. Le bambou et l’eau de la source chantent avec eux.

Pas facile de se laisser couper par une épée coupante à deux tranchants telle que « Venez à ma suite en laissant femme, mari, maison », « Aimez vos ennemis », « Pardonnez sept-cent-soixante-dix-sept fois sept fois ».  « Faites du bien à ceux qui vous haïssent », « Quand vous aurez fait tout ce que vous deviez faire, considérez-vous comme des serviteurs inutiles ». « Prenez votre croix et suivez-moi » « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des Cieux », « Heureux les persécutés à cause de moi et de l’évangile » Mais quelle grâce d’entrapercevoir les fruits !

Les bonus : Ce dimanche 19 janvier à 15 heures à l’église de Solignac, 

le magnifique spectacle de Joachim Leyronas 

sur saint Marcellin Champagnat 

pour marquer la fête du Saint patron de Solignac, 

saint Vincent

Témoignage d’une médecin musulmane qui rencontre Jésus Christ