Sonorisation

Comment Jésus se faisait-il entendre ?

Dans l’évangile, nous voyons Jésus qui soigne la foule ; il veille à ce que chacun puisse bien entendre. Parce qu’il se met sur une barque, ce qui n’est pas très confortable pour lui à cause de la danse de l’embarcation sur l’eau, il permet que sa voix soit réfléchie par la surface de l’eau et renvoyée à la foule amassée sur le rivage. Il est probable aussi qu’il parlait à sa « garde rapprochée », peut-être les 72 disciples et que ceux-ci répercutaient à la foule réparties en groupes.   Alors voici trois histoires souriantes à propos des soucis des curés avec la sonorisation de leurs églises qui est parfois un casse-tête.

C’était aux grandes heures des Missions Paroissiales. Deux Pères Capucins étaient dans cette paroisse pour une quinzaine de jours. C’était l’hiver. Les travaux des champs n’occupaient pas beaucoup de cultivateurs. Tout le monde se réjouissait de cette animation. Chaque matin et chaque soir l’église était pleine à craquer. Entre les deux, les missionnaires visitaient sans relâche les familles. A cette époque-là, il n’y avait pas de sonorisation électrique. Mais on utilisait la chaire. Ce soir-là un des Pères capucins y avait pris place. De sa voix tonitruante il exhortait les fidèles. Quand on est prédicateur de mission paroissiale on se doit d’être aussi un peu comédien. Pour bien comprendre l’histoire rappelons que les Capucins était vêtus d’une bure marron retenue à la taille par un gros cordon blanc. Quand ils prêchaient, ils mettaient simplement par-dessus la bure le surplis, un vêtement blanc en dentelle qui tombait des épaules jusqu’à la ceinture, et l’étole insigne du sacerdoce. Ce Père Capucin était particulièrement en forme ce soir-là. Sa voix de stentor résonnait dans les voûtes et ses grands gestes le faisaient transpirer… Il gesticule tellement que son cordon passe par-dessus la balustrade de la chaire. A ce moment donné il use de l’effet oratoire qui consiste à laisser à l’improviste un temps de silence avant de reprendre de plus belle. Dans ce petit silence on entend alors la voix d’un petit enfant apeuré : ” Maman, maman, partons vite, il s’est détaché… “

Il paraît que l’anecdote est authentique… Elle s’est passée dans une grande cathédrale. Ce jour-là, l’assemblée est nombreuse. La messe n’a pas encore commencé. Mais la cathédrale est déjà pleine à craquer… Soudain, dans le choeur, les animateurs et les sacristains sont pris d’inquiétude alors que dans l’allée centrale s’avancent les concélébrants et les servants d’autel… Le cardinal-archevêque qui préside arrive à son siège mais le cérémoniaire vient lui parler dans le creux de l’oreille. De l’autre côté, près de l’ambon des lectures, on sent une certaine agitation. Non pas l’agitation d’une manifestation de rue, bien sûr mais tout de même. Les premiers rangs voient bien que tous les acteurs principaux de la célébration sont fébriles… Le chant d’entrée vient de se terminer.  Toute l’assemblée est debout en silence… On n’entend plus l’animateur de chant. Alors le cardinal-archevêque dit le plus fort possible : ” Je crois que nous avons un problème de sono “. Et toute l’assemblée répond d’une seule voix : ” Et avec votre esprit “…

Pour le célébrant, il vaut mieux cette réponse que le silence. A certaines célébrations de funérailles, on n’entend que la voix du prêtre. Cela donne une atmosphère plutôt pesante. C’est cocasse quand la préface de la prière eucharistique se termine pour engager l’assemblée à chanter le sanctus : « et d’une seule voix, nous chantons ». Et effectivement au lieu que l’assemblée ne fasse qu’une seule voix, l’on n’entend que la seule voix du prêtre… ! Hommage soit rendu aux paroissiennes et paroissiens qui viennent systématiquement aux messes d’enterrement. On sent ainsi l’accompagnement de la communauté paroissiale. Mais cela peut nous faire réfléchir : que faisons-nous pour que nos prières ne soient pas trop machinales et que nos dialogues dans la liturgie ne soient pas que des réflexes ?

Un père curé en avait marre qu’on lui dise que dans son église on n’entende rien. Il fait appel à une entreprise qui lui installe une sonorisation très perfectionnée. Le dimanche suivant, avant la messe, il procède à un essai. Il dit à ses paroissiens d’agiter la tête de haut en bas plusieurs fois s’ils entendent bien ; « Dans la nef centrale entendez-vous bien ? » Et tous les fidèles font oui de la tête. « Dans la nef latérale gauche entendez-vous bien ? » Les têtes s’agitent de haut en bas. « Dans la nef latérale droite entendez-vous bien ? » Oui de la tête. « à la tribune … ? » Toutes les têtes acquiescent. « Oh je suis vraiment content dit-il. Enfin nous avons résolu le problème ! Maintenant je ne vous cache pas que la facture est salée. Ceux qui ont installé sont des professionnels spécialisés et ils ont mis le matériel le plus performant qui soit. Tout cela coute cher, je vais devoir faire appel à votre générosité. Est-ce que vous entendez bien ? » Et toutes les têtes s’agitent de gauche à droite.. !

Il est important que la Parole du Seigneur soit bien proclamée et bien entendue et bien mise en pratique. Comme le bon grain qui n‘attend que la bonne terre pour germer et produire jusqu’à cent pour un.

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