Samedi 15 novembre 2025 Le Seigneur nous délivre.
Lecture du livre de la Sagesse (Sg 18, 14-16 ; 19, 6-9) : « Un silence paisible enveloppait toute chose, et la nuit de la Pâque était au milieu de son cours rapide ; alors, du haut du ciel, venant de ton trône royal, Seigneur, ta Parole toute-puissante fondit en plein milieu de ce pays de détresse, comme un guerrier impitoyable, portant l’épée tranchante de ton décret inflexible. Elle s’arrêta, et sema partout la mort ; elle touchait au ciel et marchait aussi sur la terre. La création entière, dans sa propre nature, était remodelée au service de tes décrets, pour que tes enfants soient gardés sains et saufs. On vit la nuée recouvrir le camp de son ombre, on vit la terre sèche émerger là où il n’y avait eu que de l’eau ; de la mer Rouge surgit un chemin sans obstacles et, des flots impétueux, une plaine verdoyante. C’est là que le peuple entier, protégé par ta main, traversa en contemplant des prodiges merveilleux. Ils étaient comme des chevaux dans un pré, ils bondissaient comme des agneaux et chantaient ta louange, Seigneur : tu les avais délivrés. »
La nuit de Pâques, nous lisons le long récit de la libération d’Egypte qui préfigure le Passage de Jésus de la mort à la vie, sa Pâques, dans laquelle il entraîne tous ceux qui lui donnent leur foi.
Un mercredi midi, un gentil garçon revient du catéchisme. Sa maman lui demande ce qu’il a appris. Il lui dit que monsieur le curé leur a raconté la sortie d’Egypte .« Ah très bien ; de quoi te souviens-tu ? – Eh bien les Hébreux étaient esclaves des Egyptiens. Ils devaient travailler très dur pour construire des villes. Alors le Seigneur a appelé Moïse, et finalement le pharaon a accepté que tous les Hébreux s’en aillent. Ils sont partis la nuit en emportant tout ce qu’ils pouvaient mais assez vite ils se sont retrouvés devant la Mer Rouge infranchissable. Et ils ont pris peur parce qu’ils ont vu au loin que les Egyptiens regrettaient de les avoir laissé partir et qu’ils étaient à leurs trousses. Alors Moise a téléphoné à son Chef à Jérusalem de leur envoyer du renfort. On leur a envoyé des avions bombardiers, des hélicoptères, et des blindés, et ils ont réussi à arrêter la progression des Egyptiens. » Cette maman est interloquée. « C’est monsieur le curé qui vous a raconté cette histoire ? » – « Non, mais si je te disais ce qu’il nous a raconté, tu ne me croirais pas. »
Dans la Bible elle-même il y a des exagérations à la manière de la Chanson de Roland. Parfois même dans le même récit : ainsi pour raconter la libération d’ Egypte et le passage de la Mer Rouge à pieds secs, on nos dit à la fois que le Seigneur avait créé un couloir dans la mer avec un mur d’eau à droite et un mur d’eau à gauche (comme dans le film des Dix commandements de Cecil. B de Mile) mais il est écrit aussi qu’il avait fait souffler toute la nuit un vent très chaud, un fort vent d’Est…
Tout ceci nous dit à quel point Le Seigneur tient à nous et quel prix il est prêt à mettre pour nous sortir de nos esclavages. Cher Jésus, si Vous aviez été juste un petit bébé à Bethléem, tenant au creux des mains calleuses de saint Joseph, émerveillant, avec son petit nez, son menton et ses paupières closes encore transparentes, les mages et les bergers. Si Vous aviez été seulement cet Enfant limpide et doux, cela aurait été déjà le miracle le plus grand de toute la Terre. Si Vous, le Dieu vivant, Vous aviez simplement été le Fils du charpentier, trente ans à jouer au sifflet avec ses cousins Jacques, Joseph, Simon et Jude, comme leur simple frère, à balayer le sol avec Marie, réparer des charrettes, aider monsieur Jacob et monsieur Zacharie pour leur toiture qui fuyait, leurs chaises bancales ou la table de la salle à manger… Cela aurait été déjà stupéfiant et splendide.
Si Vous aviez seulement appelé des Apôtres, fait jaillir la joie à des noces devenues tristes, si Vous vous étiez contenté de guérir des malades, de ressusciter Lazare et la petite fille de Jaïre, nous aurions déjà été les plus chanceux de tous les hommes. Si Vous aviez seulement pardonné nos fautes en les jetant au fond de la mer, si Vous aviez seulement inscrit nos noms dans les Cieux, nous aurions été comblés au-delà de tout ce que nous pouvions imaginer. Mais… Vous avez détruit nos péchés en les portant sur votre dos, Vous nous avez ouvert la résurrection en mourant Vous-même, Vous avez inscrit nos noms dans les Cieux en laissant déchirer vos mains par les clous, en nous gravant à jamais sur votre Cœur transpercé.
Et cela n’était pas assez à vos yeux. Vous avez encore livré votre Esprit pour qu’Il palpite en nous, rompu votre Corps afin qu’Il soit nôtre et que nous devenions vôtres comme les doigts sont à la main. Et Vous avez continué de nous appeler de génération en génération, gens cabossés derrière gens cabossés, gens ingrats derrière gens ingrats… Et Vous avez persévéré au long des jours, des saisons, des années, des centenaires et des millénaires, et Vous vous êtes entêté à faire des disciples pour que nous éprouvions l’étonnante joie de Vous suivre et de Vous aimer.
Les bonus : (5344) Paul de Saint Sernin assume sa différence – YouTube