Vendredi 14 mars 2025 Pourquoi cette colère ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu  (Mt 5, 20-26) : «En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Dans un de ses livres, le Père Timothy Radcliffe, devenu depuis, cardinal, écrit ceci : « Comme les pandas, nous avons besoin de lieux où nous sommes complètement libres. Pour procréer, les pandas ont besoin d’un entourage qui leur convienne ; ils ne veulent pas de zoos pleins de gens qui les regardent à travers les barreaux et leur tendent des bambous. Ils veulent être en liberté et qu’on ne les dérange pas. Nous avons besoin de lieux de « communication non déformée », comme dit Jurgen Habermas. Ce sont des endroits où il n’y a pas de relations intimidantes ou menaçantes pour altérer la communication, et où la dignité de tous est reconnue. Nous avons besoin de lieux où nous pouvons parler sans crainte et sans préjugés. Nous avons besoin de lieux où nous pouvons nous mettre en colère les uns contre les autres et avoir le temps de nous réconcilier. » Le cardinal Radcliffe sous-entend donc qu’il est normal de se mettre en colère. D’ailleurs l’évangile rapporte plusieurs colères de Jésus. Cependant, il est important de chercher pourquoi nous nous mettons en colère.

Anne Merlot disait que lorsqu’on ressentait de la déception puis de la colère, c’étaient les signes que l’on avait idolâtré la personne (le conjoint, les enfants, les amis ou membres de la famille), le groupe (le groupe de prière par exemple), l’idée qu’on se faisait du couple par exemple aussi

Une blagounette loufoque nous met aussi sur cette piste. Un grand chien entre dans une boucherie portant une bourse dans la gueule. Il dépose la bourse à terre et s’assied juste devant le comptoir de viande. « Qu’y a-t-il copain… lui lance d’un ton farceur le boucher : Veux-tu acheter un morceau de viande ? » « Woof, Woof » répond le chien. Le boucher surpris emballe la viande et trouve l’argent dans la bourse à terre. Quand le chien quitte le magasin, le boucher décide de le suivre. Le chien, au bout de la rue, entre dans une HLM, monte au 3e étage et commence à gratter à une porte. Quand enfin la porte s’ouvre, c’est sur un homme en colère qui commença à crier sur le chien. « Arrêtez » dit le boucher, « c’est le chien le plus intelligent que j’aie jamais vu ! » « Intelligent ? réplique l’homme. Pourquoi ? C’est la troisième fois cette semaine qu’il oublie sa clef ! » …. ! Nous avons de grandes attentes vis-à-vis des autres, souvent beaucoup trop. Et les déceptions alors n’en finissent plus de surgir que ce soit vis-à-vis de notre conjoint, nos enfants, nos parents, nos collègues de travail, nos voisins.

Comment lutter ? Penser que l’on est en attente d’un amour, d’une affection, que seul Dieu peut vraiment donner de façon absolue et totale comme on en ressent tellement le besoin… Témoignage : « je savais déjà avec ma tête qu’il n’y avait que Dieu qui pouvait vraiment combler cette soif d’être aimée, mais là, cela a résonné en moi, j’ai ressenti la tendresse de Dieu et depuis je sens une certaine liberté par rapport aux autres, qui fait que je n’attends rien et que tout peut être “cadeau”… j’ai aussi reçu cette phase d’Anne Merlot) : “il n’y a pas de plus grand malheur que de perdre Dieu ». Anne Merlot témoignait que c’est lorsqu’elle n’a pas plus cherché à être comblée par quelqu’un et qu’elle a pu dire “je suis heureuse, grâce à Dieu, célibataire !” qu’elle a rencontré son mari… et elle disait avec humour, mais vérité je pense, à son époux, qu’il n’était pas son idole !!

Dans l’Ancien Testament, il y a cette expression étonnante : « le Seigneur endurcit le cœur de Pharaon », comme si c’était lui qui entretenait la colère de Pharaon contre Moïse et le peuple hébreu.  Comment comprendre ? Est-ce que le Seigneur nous pousserait au péché ? nous contraindrait à pécher ? Imaginons que le Seigneur soit comme le soleil. Si mon cœur est du beurre, il fondra au soleil. Si mon cœur est de l’argile, il durcira au soleil. J’ai donc la responsabilité d’être comme le beurre ou comme l’argile. J’ai la capacité de pécher. Comme le beurre a la capacité de rancir. Ce n’est pas grave si je me laisse fondre, liquéfier. J’ai la capacité de m’endurcir comme l’argile. C’est grave.

Seigneur toi seul peux me combler vraiment, rends-moi indulgent, patient et bienveillant. Veille à ce que mon cœur soit du beurre et pas de l’argile.

Les bonus : Pour changer le monde faites grandir vos talents et mettez les au service de Sa gloire – Fr Baudouin