Ascension, Solignac 14 mai 2026

Où est Jésus après l’Ascension ? Je le dis au travers d'une comparaison et de trois petites histoires.

D’après saint Paul, nous sommes un Corps dont Jésus est la tête. Dans un accouchement, tout est fait lorsque la tête est passée. En espérance nous sommes sauvés, nous sommes déjà passés en Dieu. L'Ascension est la fête de l'Espérance. Avec Jésus nous sommes déjà amarrés au Ciel. Il faut simplement garder les pieds sur terre, et la tête dans le Ciel. On m'a dit que sainte Thérèse d'Avila elle qui était à la fois si pratique et si mystique, aurait pu chanter - si elle avait été française - Â« Gloire à Dieu et pied sur terre Â» ! 

Voici ce que raconte une vieille histoire du Moyen-âge.

Le jour de l'Ascension, Jésus s'élève devant ses apôtres et disparaît à leurs regards. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que ce jour-là, il croise l'archange Gabriel qui lui dit : « Ah quelle joie de te voir ! Mais qu'est-ce qui se passe sur la terre ? C’est un petit peu bizarre, tout est noir, tout est dans la nuit, je vois juste quelques petites lumières là-bas.

Jésus lui explique alors : C'est la nuit sur la terre : c'est vrai. Mais compte bien les petites lumières : il y en a douze : c'est Marie, ma mère, et mes apôtres qui sont en train de prier au Cénacle. Et mon plan, une fois retourné chez mon Père, c'est d'envoyer de Là-Haut l'Esprit-Saint. Alors, une fois que j'aurai envoyé l'Esprit-Saint, tu verras : toute la terre va être embrasée. Les petites flammes qui sont là dans cette petite maison, vont se répandre partout, partout, et toute la terre ne sera qu'un grand feu.

L'archange Gabriel, parce qu'il nous connaît bien -- cela fait déjà quelques années qu'il nous suit -- tire une tête un peu sceptique Et il demande à Jésus :  Qu'est-ce qui se passera si ton plan ne marche pas ?. Alors Jésus répond : «  Je n'ai pas d'autre plan Â». .

Le Christ n'a qu'un Plan pour l'humanité !

C'est le premier enseignement de cette histoire : ne cherchons pas, pour sauver l'humanité, un autre plan. Faisons confiance à Jésus. Le mieux est d'entrer dans son Plan. Le deuxième enseignement : Jean Guitton rappelle cette maxime qui dit que le monde a toujours vécu  de quelques-uns. Paucis vivit genus humanum.

Un théologien racontait à ses étudiants une histoire à la fois amusante et tragique parce qu'elle illustre une erreur qui traîne dans les esprits. 21 avril 2025, le pape François meurt Il arrive à la porte du paradis. Il frappe. Saint Pierre ouvre : - C'est pour quoi ? 

- Eh bien, je suis François ! 

- François  ?, connais pas.

- Ah bon pourtant je suis pape 

- Un pape ! ? C'est quoi ?

- Eh bien vous devez être au courant puisque c'est vous le premier. Je suis votre 266ème successeur je siégeais à Rome où vous êtes mort martyr etc. 
Pendant ces explications François voit saint Pierre à la fois surpris, et très intéressé, très attentif et allant visiblement de découverte en découverte. Et le candidat au ciel voit tout à coup saint Pierre se retourner et crier : Dis donc Jésus ! L’entreprise que nous avons fondée il y a 2000 ans, ça marche encore ! 

Selon cette perspective, Jésus aurait regagné le ciel le jour de l'Ascension. Mission accomplie. Avant de partir, il aurait laissé des recettes, des indications, des conseils, et des moyens pour proclamer la Bonne Nouvelle et continuer le règne de Dieu qu'il est venu instaurer. En quelque sorte, il nous aurait laissé des outils : l'évangile et les sacrements. A nous de nous débrouiller avec.

Mais selon la perspective chrétienne, ce sont les disciples de Jésus qui sont les outils. C'est Jésus qui fait la Mission. Il agit non seulement par notre docilité, notre disponibilité mais aussi par notre ingéniosité, notre inventivité. On comprend que l'on conserve comme un trésor la prière de saint François : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta Paix. Â»

Quelle est la différence entre un chrétien et quelqu'un qui fait le bien sans appartenir au christianisme ? Est ce que cette différence est de l'ordre de la quantité ? Le chrétien ferait plus, davantage, mieux. Il faut le souhaiter mais ce n'est pas du tout obligé. Nous n'avons pas le monopole de la charité.

Pour dire cette différence, une petite parabole, une fable. Nous sommes à la fin d'un concert, le one man show d'un violoniste. Les applaudissements éclatent tandis que le rideau tombe. Ils redoublent d'enthousiasme. Le violon -oui, l'instrument (c'est une fable)- vient sur le devant de la scène, fait une révérence et, désignant le violoniste timide qui se tient à l'écart s'adresse au public : « Je souhaite que vos félicitations aillent également à monsieur ; je dois à la vérité de reconnaître que privé de son concours je n'aurai pas aussi bien réussi. Â» Permettez-moi de faire savant quelques secondes En théologie, on distingue l'Amour  Â« quod Â» et l'amour « quo Â». Souvent, et nous avons bien raison, nous imaginons Dieu face à nous, et nous le prions, nous lui disons merci, nous lui faisons des demandes, nous lui demandons pardon. Il est l'Amour que nous offensons, que nous sollicitons que nous célébrons, que nous louons, que nous remercions. Mais il n'est pas seulement l'Amour « quod Â», l'amour que nous aimons. Il est aussi l'amour  Â« quo Â»  l'amour par lequel nous aimons. Le chrétien sait qu'il n'est qu'un instrument, et il en fait sa joie Et son espérance : Dieu peut donner beaucoup à son insu, à travers lui. Au fond, l'humanitaire c'est - dans le meilleur des cas- l'affaire de l'homme avec le concours de Dieu  tandis que la charité chrétienne c'est  l'affaire de Dieu avec le concours de l'homme.

            Parfois on demande : « Mais qu’est-ce que ça vous apporte de communier ? Â» La bonne question ce n’est pas de demander « Qu’est-ce que ça va me faire ? Â» mais « Qu’est-ce que ça va me faire faire ? Â» Amen !

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Le moment le plus poétique de la télévision française.

vendredi 15 mai 2026 En gestation.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 16, 20-23a) :« En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine,
mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

Un slogan publicitaire posait astucieusement la question : "Y a-t-il une vie avant la mort ?"... En soi, c'est une formule très belle qui rejoint celle du mouvement chrétien de la Vie Montante : "Il ne s'agit pas tant d'ajouter des années à la vie mais de la vie aux années". Mais cette question laisse entendre clairement que la seule vie qui existe c'est celle sur cette terre. Un chrétien, lui, sait que la vraie vie est à venir, que nous travaillons pour le Ciel.
Et le Seigneur a voulu que nous ayons dans la vie une comparaison très éclairante : l'image de la naissance. Quand un enfant est dans le ventre de sa mère, il est bien. il ne connaît pas d'autre univers. Bien sûr, il ne sait pas très bien pourquoi lui poussent des yeux, des bras, des jambes inutiles... Et vient le jour où on le retire brutalement de ce qui pour lui était le monde. Nous appelons cela une naissance. Mais, pour lui, c'est une mort. Il hurle de peur. Mais bientôt il se découvre toujours en vie. Merveilleusement adapté au monde nouveau où il se trouve. Ses yeux, ses bras, ses jambes inutiles, voilà qu'il comprend maintenant : tout cela, irrésistiblement, le préparait à sa vie nouvelle. Et de ses propres yeux , enfin, il regarde sa mère, qui ne l'a jamais quitté, mais dont il découvre seulement maintenant le visage. Ainsi est notre monde. Ainsi est notre vie. L'univers est un grand ventre. Vastes entrailles où l'humanité lentement prend forme humaine. Bien sûr, nous nous sentons chez nous. Mais nous sommes perplexes. Comme des jambes et des bras inutiles, traînent le long de nous-mêmes des désirs de vie infinie, d'amour fou et de fraternité absolue. Avec, malgré tout, cette immense attente de bonheur. Un jour, l'univers accouchera enfin l'humanité parvenue à terme : nous appellerons cela une mort. Nous hurlerons de peur. Mais Dieu appelle cela une naissance. Avec des larmes, des larmes de joie, nous découvrirons. Nous découvrirons que tout, absolument tout de notre vie humaine, nos humbles amours, nos échecs et nos deuils, nos grandes joies, la grande et inutile souffrance, tout cela nous aura merveilleusement préparés à cette vie nouvelle. Rien ne sera perdu. Et nous découvrirons le visage de Dieu, comme un enfant celui de sa mère, qui ne l'a jamais quitté. Ce grand accouchement a commencé. Le Christ en a souffert les premières douleurs. Morte la mort ! C'est cela que nous appelons Pâques ou Résurrection. Passage de la mort à la vie.  Nous ne sommes pas sur terre comme en exil ou pour une installation définitive mais pour une Pâque, un passage.

Dès les premières pages de la Bible, Dieu nous révèle qu'il nous veut " à son image et à sa ressemblance". Nous pouvons donc devenir Enfants de Dieu, Habitants des Cieux !!!... Mais reconnaissons que nous lui donnons beaucoup de mal. Nous n'acceptons pas facilement d'être modelés, travaillés.

Imaginons un dialogue entre deux enfants, deux jumeaux dans le ventre de leur maman …   ! : - « Oh… comme c’est étroit ici   ! Je n’arrive plus à bouger… Tu es devenu trop grand - Mais non, c’est toi qui as trop grandi   ! Moi je suis plutôt mince   !

- Arrête de te moquer de moi   ! Cela ne mène à rien   ! Tout de même, tu as bien une idée de ce à quoi ça va aboutir ? - Je n’en sais rien moi   ! - Tu ne crois donc pas qu’il y a une vie après la naissance ? - Une vie après la naissance ? Tu y crois, toi ? - Mais bien sûr que oui   ! C’est bien le but de notre vie ici. Il faut grandir et se préparer pour qu’on devienne assez fort pour l’accouchement et pour la vie après la naissance. - Tu es fou ? C’est complètement absurde ça, une vie après la naissance. Et ça se passera comment là-bas ? - Je ne sais pas trop moi. Mais de toute façon, ça sera plus lumineux qu’ici. Et peut-être que nous allons être capables de marcher et de manger par la bouche, et tout le reste. - Ouah… quelle bêtise   ! Marcher, ça ne marche pas du tout   ! Et manger avec la bouche, bizarre, comme idée   ! Nous avons le cordon ombilical qui nous nourrit. Déjà ce cordon est trop court pour se promener avec   ! - Mais si   ! Bien sûr que si que c’est possible   ! Evidemment il y aura des différences. - Mais personne n’est revenu de là-bas   ! Personne   ! Tu as bien compris ça ? Avec la naissance, la vie se termine, un point c’est tout. D’ailleurs je trouve cette vie assez douloureuse et assez sombre. - La naissance, ce n’est pas un point final. C’est un point à la ligne… Même si je ne sais pas trop comment cela se passera après la naissance, de toute manière on va finalement voir notre mère   ! - Notre mère ? Tu y crois toi ? Elle est où notre mère ?  - Ben ici. Partout, autour de nous   ! Sans elle on ne pourrait même pas vivre   ! - Bah   ! Je n’ai jamais rien remarqué d’une mère, donc elle n’existe pas non plus   ! - Mais si. De temps en temps quand nous sommes bien tranquilles, j’entends comme une voix qui est inaccessible mais, en même temps, très proche de nous. Je pense qu’on la verra un jour. Comme il me tarde de la voir et de la connaître   ! Â»

On dit que s'il faut une sage-femme pour bien naître, il faut une femme Sage pour bien mourir. Nous la connaissons cette femme sage, sage femme du Ciel… ! Elle nous accompagne pour vivre les Mystères joyeux de nos vies, et aussi les Mystères douloureux. Nous lui demandons sa prière pour vivre un jour auprès d’elle les Mystères glorieux.

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4 choses à prier chaque jour pour tes enfants

Samedi 16 mai 2026 du Père au Père

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 16, 23b-28) : «En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite.En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Jésus disait à ses disciples : « â€¦.Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Un sociologue américain qui s’appelle Rod Dreher vient de publier un livre qui s’appelle Le Pari Bénédictin. Dans ce livre il appelle le christianisme des « valeurs » le « déisme éthico-thérapeutique ». C’est une forme de pseudo-christianisme qui n’en a que l’apparence, qui est sans contenu intellectuel et qui repose en fait sur le sentimentalisme. « On réduit le christianisme à des valeurs mais à une version très creuse de ces valeurs. Si l’on suit le définition du déisme éthico-thérapeutique donnée par le Professeur Christian Smith de l’université américaine Notre-Dame, les gens croient que Dieu existe, qu’il nous demande d’être bons, qu’il veut notre bonheur, et qu’il veut que nous nous sentions bien. Il s’agit d’une version molle, gentillette et sans exigence de la religion : ce n’est pas du christianisme ! Et même c’est un cancer parce que les gens ne comprennent pas que c’est décadent. »

Depuis le 15 mars, quatrième dimanche  de Pâques, dimanche de Laetare, nous lisons chaque jour une page de l’évangile selon saint Jean. Jésus nous fait la grâce inouïe de nous faire connaître son intimité avec le Père.

C’est en sortant du Père et en venant au plus près de chacun qu’il nous sauve. Puissent tous les baptisés entretenir le désir de connaître le Mystère de la Sainte Trinité.

L’enjeu est de nous habituer à vivre éternellement dans l’intimité du Père et du Fils et du Saint-Esprit !

Dieu si Grand et pourtant à notre portée !

Dieu si lointain et pourtant à notre porte !

Que Tu sois « Tout Autre » au-delà de tout,  quoi de plus compréhensible? Tu es Transcendance. Que Tu sois  « Tout nôtre », au-dedans de tout, quoi de plus compréhensible ? Tu es Immanence. Mais que  « Tout Autre », Tu sois précisément ici, que  l'Au-delà de tout soit au plus près de nous, voilà qui est proprement incompréhensible ! Dans le langage théologique cela s'appelle : «  L'Incarnation. » Dans l'Evangile cela se nomme « Emmanuel, Dieu avec nous » Dans la langue de tous les jours, celle où l'on se fatigue, où l'on vit et où l'on meurt, dans la langue des Galiléens, des pieds dans la vase, et des étonnés du soleil levant, cela s'appelle « Jésus, mon maître et mon ami, mon frère et mon Dieu. »

Jésus est venu dans le monde pour nous en sortir. La grâce est à notre disposition comme aussi la possibilité terrible de se retrancher de cela, de refuser l'amour de Dieu, dans une sorte de rébellion qui nous achemine inexorablement vers la perdition éternelle ; c'est pour cela qu'il nous faut toujours demander la grâce de persévérer jusqu'à la fin dans la foi chrétienne, et avoir assez de charité et de courage pour inviter nos frères à venir au festin afin qu'ils ne se perdent pas. Jésus dit aujourd’hui même à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite.

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Ce qu'ils ne disent pas sur l'euthanasie

Lundi 18 mai 2026. Jamais seul

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 16, 29-33) : «En ce temps-là, les disciples de Jésus lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. » Jésus leur répondit : « Maintenant vous croyez ! Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

« Mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Â» Voilà donc le secret de Jésus. Comment a-t-il pu supporter non seulement la passion mais aussi les difficultés des apôtres pour comprendre, leur lenteur, leurs jalousies entre eux, etc etc â€¦  Mel Gibson dans son film La Passion l’a bien mis en évidence : dans ce film, on entend Jésus, on voit Jésus sans cesse en dialogue avec Son Père. On peut imaginer ce qu’i lui disait : « Papa bien-aimé, ils me font encore ça, ils me reprochent ça, tu te rends compte ! Ils se sont laissés envahir par la haine. Tu entends leur mauvaise foi ! Papa, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. Père qu’ils voient enfin de quel amour nous les aimons, Papa bien-aimé, en tes mains je remets mon esprit, …." 

Et Jésus nous invite à faire de même en pensant Ã  lui : "Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde.

Afin que vous ayez la paix EN MOI.

C'est bien exprimé dans le Psaume du Bon Berger : "Passerais-je le ravin de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi: ton bâton, ta houlette sont là qui me rassurent. "

Un responsable de jeunes a demandé un jour à sa petite fille si elle voulait aller faire un tour en voiture avec lui. Elle raffolait de se promener en voiture avec son papa - jusqu'à ce qu'ils arrivent au lavage automatique de voitures. Elle avait déjà été dans une de ces stations de lavage, et le bruit de l'eau qui giclait et la vue des énormes rouleaux qui avalaient la voiture l'avaient fait mourir de peur. "Et si on allait au Mc Donald et puis après au zoo ?" supplia-t-elle, essayant d'éviter cette expérience atroce. Mais ça n'a pas marché et lorsque la voiture est amenée sous le jet d'eau, elle saute sur les genoux de son père, met son visage tout contre le sien et le regarde droit dans les yeux. "Parle-moi, papa", supplie-t-elle. Il lui parle tout le long du passage sous les rouleaux. Elle découvre qu'après tout ce n'est pas si effrayant, aussi longtemps qu'elle regarde droit dans les yeux de son père et qu'il continue à lui parler.

Le Seigneur nous offre la même chose. Fixons notre attention sur lui. Laissons-le nous parler. Il connaît l'avenir, il nous  aime et il nous accompagne à chaque pas. On dira volontiers : la foi ce n’est pas évident mais c’est certain. Il n'est pas inutile de rappeler que, dans tout acte de foi et dans le cÅ“ur du croyant, seul Dieu peut témoigner de Dieu par une pentecôte actuelle. Avec nos seules forces nous ne pouvons jamais avoir l' évidence de la foi, ce serait un Jugement dernier, mais la certitude , c'est autre chose. On croit que l'on croit. La réponse de Jeanne d'Arc à ses juges qui lui tendaient un piège dit cela en une phrase bien connue. Alors qu'ils lui demandaient si elle était en état de grâce, elle répond : Si je n'y suis, Dieu m'y mette ; si j'y suis, Dieu m'y garde. On ne peut pas savoir si l'on est en état de grâce. On ne peut pas plus sortir de la foi pour savoir si l'on a la foi. On fait confiance ou non. La foi ce n’est pas une évidence mais une certitude, la certitude de la Présence continuelle de Jésus, le Vainqueur du monde.

Une histoire : un papa élevait seul son fils unique Jérémy. Il assistait à tous les matches de foot de son fils. Et voilà que la veille où Jérémy devait jouer la finale, ce papa qui est son plus fervent supporteur meurt d’une rupture d’anévrisme. Les dirigeants et l’entraîneur ne pouvant pas annuler la rencontre, proposent, la mort dans l’âme,  à  Jérémy, de ne pas jouer. Mais Jérémy y tient et il va tellement se défoncer qu’il va être à l’origine d’une passe déterminante pour son équipe qui remporte la finale. Dans les vestiaires, Jérémy dira : « J’ai une peine immense, bien sûr, mais j’ai aussi une grande joie car je sais que pour la première fois de sa vie, mon papa m’a vu jouer. Â» Son papa, en effet était aveugle.

Outre le beau témoignage de foi en la vie éternelle de ce jeune footballeur, on peut dire que le match de foot est une belle parabole : on sait combien le regard du papa sur le banc de touche est porteur pour le fiston sur le terrain. Le chrétien sait qu’un Père très aimant le regarde avec attention, il est sûr de sa bienveillance, même si les « Ã©clairages Â» du monde nous éblouissent et nous cachent sa présence, sa tendresse, son attention pour nous. Une relation unique est établie entre Dieu et chacun de nous, et nous pouvons nous avancer sur la scène du monde, confiants d'être regardés et aimés par Celui qui est là pour nous. Il ne nous surveille. Il veille sur nous.

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