Vendredi 13 juin 2025 Elle a dû le taire.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 27-32) : «En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. »
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Samedi 14 juin 2025 Yes !
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 33-37) : «En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais. »
A la fin de notre vie, nous paraîtrons devant le Seigneur. Il nous posera la question : Veux-tu être avec moi pour toujours ? Il faudra répondre « Oui ». Ce oui éternel se prépare durant toute notre vie. Où en suis-je de mon « Oui » ? C’est un mot qui revient souvent dans nos journées Il y a le « oui » tranquille de l’affirmation vraie et sans hésitation. Vous avez appelé Untel ? « Oui ». Il y a le « oui » exclamatif qui ne cache pas sa joie : ça vous dirait un pèlerinage à Rome ? « Ouiiii » ! Il y a le « oui » douteux qui se dédouble, pour faire semblant d’être un vrai consentement. Vous avez appelé Untel ? « Oui oui, je le fais tout de suite ». Il y a le « oui » qui veut dire « non ». Vous penserez à répondre à Machin qui se plaint de n’avoir toujours pas reçu de réponse de votre part ? « Mais oui, je m’en occupe. » C’est le « oui cause toujours ». Il y a des « oui » de tendresse, voire plus si affinités. Des « oui » solennels, sacramentels, que la foule émue guette dans les églises ou les salles de mariage quand les mères écrasent des larmes. Il y a la rubrique Carnet blanc de la presse locale : Marcel et Germaine se sont dit oui. Il y a le « oui » ironique, donneur de leçons : « Oui, bravo ! Eh bien maintenant il ne te reste plus qu’à ramasser les morceaux ». Il y a le « oui » triomphal du coup gagnant, souvent traduit aujourd’hui par un « yes » de conquérant. Et le « oui » pâteux, mollasson, sans conviction, extorqué, qui se prononce « mouaais ». Celui-là se rapproche dangereusement du « non » . Il y a le oui facile à dire mais pas facile à tenir.
Ce n’est pas facile de dire oui. Cela demande du courage, de la persévérance, de la fidélité, de l’humilité, et ce qu’on appelle du discernement. Discerner, cela veut dire réfléchir, chercher, se creuser la tête. Jésus a accompli lui-même ce qu’il nous demande : Que votre oui soit oui, que votre non soit non (Mt 5,37). Saint Paul nous dit : Jésus n’a pas été oui et non Il n’y a eu que oui en lui (2Co1,19) Tout Jésus se résume en « Oui Père ». Pour cela il lui a fallu dire non aux solutions de facilités de transformer des pierres en pain, de sauter du sommet du temple sans parachute ou de prendre un pouvoir international. C’eut été pourtant pour la bonne cause Il a dit non à Pierre quand celui-ci a sorti l’épée. La vie de Jésus c’est le « oui Père » de plus en plus libre, de plus en plus clair, de plus en plus ferme. Et saint Paul nous dit « C’est par lui que nous disons notre oui à Dieu pour sa gloire » (2Co1,20).
Au cours d’une réunion à Paris des Equipes Notre Dame, nous devions échanger sur la Règle de vie que chacun se fixe pour progresser dans le Oui Père , voici ce que nous a partagé Elisabeth une jeune maman enceinte de son quatrième enfant. Elle est institutrice dans une école publique de banlieue où le directeur et tous ses collègues sont communistes. Sachant qu’elle est catholique, ils la harcèlent de critiques et d’observations blessantes. Chaque information en défaveur de l’Eglise est prétexte à l’attaquer. Or elle venait de prendre comme règle de vie de répondre par le sourire à toute agression quand au cours d’une réunion de parents d’élèves une maman prend la parole et en la fixant se met à lui faire de vifs reproches complètement injustes. Dès que la réunion est terminée, elle n’a pas le coeur de rester plus longtemps. Durant le trajet jusqu’à la maison, elle parle au Seigneur : Oui Seigneur, je t’avais promis. Mais c’est trop dur pour la première fois Bien sûr, j’ai promis de ne rien dire ; mais toi, venge-moi Et malgré l’affection de Philippe, son mari, et de leurs trois filles, cette histoire trouble sa nuit. Le lendemain après-midi, mercredi, on sonne. Elle va ouvrir. Son sang ne fait qu’un tour quand elle aperçoit la maman qui lui a fait tant de mal la veille. Elle l’accueille du mieux qu’elle peut. Et cette maman lui dit : Je viens vous demander pardon. Je suis timide et parmi les instits, il n’y avait que votre visage qui m’était sympathique et qui ne me faisait pas peur. C’est pourquoi j’ai parlé en vous regardant. Mais ce n’est pas vous que je visais. Elisabeth se dit : Merci Seigneur. Mais elle lui dit tout de même : Je vous remercie mais comprenez que vis-à-vis de mes collègues je suis maintenant très gênée – Justement, lui répond la maman, je voulais vous dire aussi : hier soir vous êtes partie très vite. Je n’ai pas eu le temps de vous parler. Alors j’ai fait le tour de toutes les instits pour leur dire que je ne parlais pas du tout de vous. Sourire de Dieu : il nous prend au mot et soutient vraiment nos efforts quand nous décidons de lui dire Oui. Si je viens à la messe, c’est que le Oui de Jésus m’aide à découvrir quels Oui le Seigneur attend de moi. Et il me donne le courage de les lui dire.
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Fête de la sainte Trinité, Première Communion à Polignac
Frères et soeurs, en cette fête de la Sainte Trinité, contemplons un instant le chef-d’oeuvre des chefs-d’oeuvre parmi les représentations de ce mystère… Icône que vous avez collée sur un bois, les enfants, lors de la première journée de préparation à Espaly, pour votre coin-prière à la maison. Cette icône a été peinte vers 1415 à Zgorsk, en Russie par un moine, Andreï Roublev. Il a voulu représenter une scène curieuse de l’Ancien Testament, au chapitre 18 de la Genèse. 1900 ans avant Jésus-Christ, la révélation ne fait que commencer. Abraham a répondu à l’appel de Dieu. Il a quitté son pays. Il est ce jour-là dans le désert, sous le chêne de Mambré. Et on annonce : « Voici comment Le Seigneur apparut à Abraham ». Or, on nous décrit l’arrivée de trois étrangers mystérieux. Abraham s’empresse de leur offrir l’hospitalité. Et ces visiteurs lui annoncent que dans un an, Sara sa vieille femme aura un fils. Cette « prédiction » fait rire Sara. C’est pourtant ce qui va arriver. Et ils vont appeler le fils de la promesse « Eclat de rire », en hébreu Isaac. On ne comprenait pas pourquoi Le Seigneur s’était montré ce jour-là sous la forme de trois personnes. On a compris lorsque Jésus nous a révélé que Dieu, le Très-Haut, le Transcendant, le Créateur est bien Un, Unique, mais il n’est pas solitaire : il est Père, Fils et Saint-Esprit. Un seul en trois personnes. Ce mystère est bien représenté : sur l’icône, les ailes dorées et les auréoles nous disent bien que ces personnes sont « D’Ailleurs ». Elles sont très grandes et malgré tout, elles sont inscrites dans un cercle : la sphère est le signe de la plénitude, de la perfection, de l’absolu, le signe de Dieu. Nous entrons dans l’intimité de Dieu.
Sur l’icône qui est le Père ? le Fils ? et le Saint-Esprit ? Mathématiquement, il y a six solutions. Trois seulement sont défendables. Je vous dis celle qui m’aide à contempler, à prier… Le Père est à gauche, le Fils est au centre, l’Esprit est à droite.
Chaque personne tient un long bâton très fin, de couleur rouge. Celui du Père, à gauche est parfaitement vertical. (Mon père à moi est charpentier et quelle que soit la pente du toit il doit, pour le construire, partir de la verticale donnée par le fil à plomb). Le Père est la référence de tout. C’est de Lui que tout « procède », que tout vient. C’est parce qu’il y a un Père qu’il y a un Fils et qu’il y a leur amour commun, le Saint-Esprit.
Les autres bâtons sont plus ou moins inclinés. Si vous faites l’effort de ne regarder que les bâtons, vous aurez l’impression d’un mouvement qui rappelle celui d’une cuillère dans un saladier. Si bien que rien n’est statique dans cette icône, tout est mouvement, communion, élan d’amour dans lequel est emportée toute la création : regardez le chêne au-dessus du Fils : il est devenu un roseau. Regardez le rocher : il est bien couleur sable mais il a la forme d’une vague soulevée par ce Vent d’amour.
Le Fils est au centre car il porte un vêtement rouge-marron couleur de la terre sur laquelle il est venu marcher, et bleu, couleur du ciel d’où il venait et où il veut nous emmener. Ils sont parfaitement égaux. Mais c’est le Fils qui a pris notre humanité : Il est à la fois Dieu et Homme. De plus ces couleurs ont un autre symbolisme : sur la croix Jésus a reçu le coup de lance qui a ouvert son coeur. Et il en est sorti du sang et de l’eau. On voit bien le sang qui part du côté du Christ pour descendre dans la coupe posée sur la table qui est devenue un autel. C’est par l’Eucharistie que nous recevons le sang du Christ.
On voit bien l’eau qui jaillit comme une fontaine qui devient un torrent, puis un fleuve. C’est la source du baptême.
Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le symbolisme des couleurs, des motifs au-dessus de chaque personne, de la position des mains et des pieds, de la position du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Il y aurait beaucoup à contempler de la majesté de ses trois personnes, leur sérénité, leur paix rayonnante, sur l’échange des regards. (Ils sont en conversation. Ils s’entretiennent de la coupe placée sur l’autel. La coupe c’est la passion, la mort du Fils qui a pris nom Jésus… et qui a accepté de boire la coupe jusqu’à la lie pour nous sauver).
Le plus beau est peut-être ceci : en fait, il y a une quatrième personne dans cette icône. Ne cherchez pas un visage et un corps car elle est représentée symboliquement. C’est l’Eglise, c’est toi, c’est vous qui contemplez cette icône. Si vous regardez entre les deux personnes des deux extrémités, le Père et l’Esprit. Si vous suivez le contour intérieur du Père et de l’Esprit ainsi que le bas de l’autel, vous obtenez le dessin d’une coupe. Voilà : tu dois être, nous devons être une coupe vide qui se laisse remplir par les flots d’amour, de vie, de lumière qui jaillissent du coeur ouvert du Christ crucifié. Il nous « plonge » (= « baptise », en grec) dans l’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Selon le mot de saint Bernard : « La sagesse consiste pour toi à jouer le rôle d’un bassin et non pas d’un canal. Un canal rend presque immédiatement ce qu’il reçoit. Un bassin au contraire, attend d’être rempli pour communiquer sans dommage ce dont il surabonde… Laisse-toi combler par Dieu avant de pouvoir partager avec les autres ». Amen !
Les bonus : https://youtu.be/LZXXV5mb_TQ?si=bEumGdA2QpMM_KHs (Trinité)
Lundi 16 juin 2025 Saint-Pourçain
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 5, 38-42) : «En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »
Le Seigneur s’efforce de faire passer l’humanité de la loi de la jungle (la loi du plus fort), à la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent – dans le diocèse de l’Allier, ils disent … Saint-Pourçain .. !) ; cette loi du talion limite la vengeance et a une vertu éducative : elle avertit que l’on pourrait bien vous faire de même. En gros, il s’agit de la justice des hommes. Mais Jésus nous invite à aller plus loin et à nous efforcer de pardonner. Pardonner, c’est la marque de fabrique du chrétien. Qu’est ce qui va nous aider à nous engager dans cette voie du pardon ?
Des exemples entraînant. Dés juin 1940, Maïti Girtanner, jeune pianiste de 18 ans promise à une grande carrière, fonde un réseau de résistance. Arrêtée en 1943, elle est torturée par un jeune médecin de la Gestapo qui lui détruit une partie du système nerveux, la laissant pour toujours dans la douleur. Quarante ans plus tard, ce médecin, terrifié devant la mort, entreprend toutes les démarches nécessaires pour retrouver celle qui, sous la torture, avait si bien décrit « l’après mort ». Elle accepte de le recevoir et c’est à la fin de leur entretien qu’il lui demandera pardon. Rentré dans son pays, l’homme respecté qu’il était devenu, révélera enfin à sa famille et à ses amis son passé. « Vous voyez, nous confie Maïti Girtanner, le mal n’est pas le plus fort ».
Mais ces exemples si forts risquent de nous laisser croire que pardonner reste exceptionnel. Or, le pardon est à vivre au quotidien. Parce qu’il concerne souvent soit de petites choses qui agacent soit des situations qui perdurent (quand vous souffrez tous les jours du tempérament de votre conjoint ou des suites d’un accident dont il était la cause, c’est chaque jour qu’il faut dire : je pardonne. Les personnes qui vivent cela emploient la prière : « Bénis-le, Seigneur ». Ce qui va nous aider aussi c’est ce qui est suggéré dans le magnifique dessin animé de Kirikou et la sorcière. Il s’agit d’un conte africain repris par Michel Ocelot. Un village souffre énormément du mal incarné par Karaba, la sorcière orgueilleuse et jalouse du bonheur des villageois : elle « mange » les hommes dès qu’ils s’approchent d’elle. Le mal est sans remède et la lutte totalement inégale, car Karaba est entourée de ses fétiches maléfiques. Mais ce serait sans compter sur la naissance d’un enfant, le petit Kirikou. Cet enfant sans peur et sans reproche va affronter, grâce aux ruses que lui inspire sa vive intelligence, cette femme qui est l’incarnation du mal. Il découvrira la faille de ce monstre de méchanceté : Karaba est méchante car elle souffre ! Elle souffre parce qu’une épine a été enfoncée dans son dos. Comme personne n’ose s’approcher d’elle, personne ne peut lui retirer cette écharde dans sa chair. Kirikou réussira ce tour de force et la méchante sorcière se transformera en une très belle femme, douce et aimante. Kirikou grandira rapidement et se mariera avec Karaba. Ce conte est très profond et nous réjouit, profondément et à bien des niveaux. La clef est cependant dans cette phrase qui sonne comme une révélation : elle est méchante car elle souffre. Un jeune de l’équipe des « Jeunes professionnels » nous a raconté qu’un de ses neveux a visionné des dizaines de fois ce dessin animé. Et voilà qu’un jour, sur la cour de récréation, il est agressé par un autre enfant. Quand il réussit à se libérer, il lui dit alors : « Où est-elle, ton épine à toi pour qu’on puisse te l’enlever ? » … !
Jésus nous indique aussi un autre secret pour progresser dans le pardon : l’humour. L’humour de Jésus pointe souvent. Il en a même mis dans la prière très sérieuse du Notre Père. Quand il nous fait demander « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés », il faut dire cette demande avec le sourire. En effet, Dieu devrait nous imiter ; « y a intérêt » ! Nous pardonnons, alors toi Seigneur, encore plus ! Nous serions une référence pour le Père, un modèle ! Pardonner, pour un chrétien, c’est inviter le Seigneur dans une relation conflictuelle, c’est lui demander d’investir cette relation, de la visiter. Ainsi soit-il !