Samedi 13 décembre 2025 Elie
La prophétie (Si 48, 1-4.9-11) : « Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges ! Qui pourrait se glorifier d’être ton égal ? Toi qui fus enlevé dans un tourbillon de feu par un char aux coursiers de feu ;
toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu’il est écrit, afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate, afin de ramener le cœur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob… heureux ceux qui te verront, heureux ceux qui, dans l’amour, se seront endormis ; nous aussi, nous posséderons la vraie vie. »
La réalisation de la prophétie (Mt 17,10-13) : « Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre toute chose à sa place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. Et de même, le Fils de l’homme va souffrir par eux. » Alors les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean le Baptiste.
Élie est le prophète le plus fréquemment cité dans le Nouveau Testament.
Dans l’Évangile selon Jean, les pharisiens demandent à Jean le Baptiste ceci : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es pas le Christ ni Élie, ni le prophète ? »
Élie est encore cité dans l’Évangile selon Luc. Jean-Baptiste et Élie sont comparés pour leur costume fait de peaux de bêtes. L’ange Gabriel affirme, avant la naissance de Jean-Baptiste, qu’il aura l’esprit et la puissance d’Élie. Dans les trois évangiles synoptiques, on trouve une manifestation d’Élie en compagnie de Moïse et Jésus dans l’épisode dit de la « trans-figuration » : « Et pendant qu’il (Jésus) priait l’aspect de son visage changea, et son vêtement, d’une éclatante blancheur. Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu’il allait accomplir à Jérusalem. »
A la suite de cet évènement, les disciples interrogent Jésus concernant le retour d’Elie et celui-ci leur confirme qu’il s’agit bien de Jean-Baptiste : nous l’ entendons ans l’évangile d’aujourd’hui (Matthieu 17.10-13)
Dans les épîtres, Élie est également mentionné comme modèle d’inspiration pour la prière. L’apôtre Paul dit ceci d’Élie : « Ne savez-vous pas ce que l’écriture rapporte d’Élie, comment il adresse à Dieu cette plainte contre Israël? » L’Épître de Jacques fait aussi référence à Élie pour parler du pouvoir de la prière : « Élie était un homme de la même nature que nous, il pria avec instance pour qu’il ne pleuve point, et il ne tomba point de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. Puis il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit. »
Les évangiles soulèvent la difficile question de l’identité Jean le Baptiste Élie ; affirmée par Jésus « Et lui, si vous voulez bien le comprendre, il est cet Élie qui doit venir ». Cette identité est déniée par Jean le Baptiste « Qu’es-tu donc ? Lui demandèrent-ils. Es-tu Élie ? Il dit: Je ne le suis pas». Une contradiction apparente. Jean-Baptiste et Elie sont deux exemplaires uniques. Mais tous les deux sont prophètes précurseurs avec des ressemblances frappantes.
Dieu s’est servi à un moment important de l’histoire d’Israël d’Elie, afin de s’opposer à un roi mauvais et d’ouvrir la voie à un réveil spirituel dans le pays. Le ministère d’Élie a marqué le début de la fin du culte de Baal en Israël. Il a cependant été durement éprouvé tout au long de sa vie. Parfois, il était ferme et courageux, tandis qu’à d’autres moments, il était rempli de doutes et de crainte. Il a été victorieux, puis abattu, puis restauré. Il connaissait la puissance de Dieu et la profondeur de la dépression.
Comme pour Élie, quand nous nous laissons troubler par le tumulte de la vie dans ce monde, nous perdons de vue notre Dieu et sommes en proie au découragement. Dieu ne se manifeste pas par la puissance de son jugement, manifestée par le vent, le feu et le tremblement de terre, mais il veut une relation d’intimité avec nous, comme un souffle léger. Il répond à nos besoins physiques, nous encourage à examiner nos pensées et notre attitude, nous apprend comment nous devons nous comporter et nous assure que nous ne sommes pas seuls. Si nous sommes attentifs à sa voix et que nous obéissons à sa Parole, nous serons encouragés, victorieux et récompensés. Élie luttait avec des faiblesses typiquement humaines, mais Dieu l’a utilisé puissamment. Si nous nous abandonnons entre ses mains, il peut nous utiliser puissamment aussi, pas forcément pour accomplir des miracles aussi évidents, mais en tout cas pour l’avancée de son Royaume.
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Dimanche 14 décembre- 3° Avant A 2025 (Malpas et Valvert). Ne pas gémir.
Frères et sœurs, c’est le dimanche de la joie et nous pourrions nous arrêter sur ce conseil de saint Jacques : « Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres »
Il faut d’abord nous rappeler que face aux agressions, nous ne sommes pas égaux. Nous avons tous un filtre et un filtre plus ou moins négatif. La maman d’une petite Myriam raconte : « Je me souviens du jour où j’ai dit à Myriam : « Tu as taché ta robe ». Elle m’a répondu : « ça fait une décoration ! » Le lendemain, je lui fais remarquer un accroc à sa jupe. Et sa réponse fut : « ça fait une dentelle ! » Sa fille a vingt-cinq ans aujourd’hui et elle a toujours un regard aussi positif. Nous n’avons pas hélas tous ce regard positif sur les événements et sur les personnes. Et quand nous avons un filtre négatif, nous sommes plus portés à nous plaindre, à gémir, à critiquer.
Pourquoi nous gémissons ? Sans doute connaissez-vous l’histoire de Kirikou et la sorcière. Il s’agit d’un conte africain repris par Michel Ocelot. Un village souffre énormément du mal incarné par Karaba, la sorcière orgueilleuse et jalouse du bonheur des villageois : elle « mange » les hommes dès qu’ils s’approchent d’elle. Le mal est sans remède et la lutte totalement inégale, mais un enfant, le petit Kirikou est très malin. Il découvre la faille : Karaba est méchante car elle souffre ! Elle souffre parce qu’une épine a été enfoncée dans son dos. Kirikou réussira ce tour de force de la lui enlever et la méchante sorcière se transformera en une très belle femme, douce et aimante. Kirikou grandira rapidement et se mariera avec Karaba. Elle est méchante car elle souffre.
Une paroissienne qui avait alors une soixantaine d’années, me dit : « J’ai confié mon souci à notre médecin de famille. En effet, mes parents se sont toujours beaucoup aimés. Nous les avons toujours vus plein d’attention l’un pour l’autre. Et voilà que maintenant à l’âge de 80 ans ils n’arrêtent pas de se chamailler. Cela nous rend tristes, leurs enfants, de les voir se faire de la peine. Et le docteur m’a répondu : vous savez on ne se plaint qu’à ceux qu’on aime ». Il faut que nous acceptions d’être des éponges pour nos proches, des exutoires, des « amortisseurs », c’est-à-dire des personnes capables d’entendre des plaintes sans faire d’histoires.
Il faut nous dire aussi qu’il y a le niveau psychologique mais aussi le niveau spirituel. Nous sommes engagés dans un combat spirituel.
Concrètement qu’est-ce que cela veut dire ? Si un petit grain de sable s’introduit dans une huître, il provoque une irritation telle que celle-ci cherche aussitôt à se débarrasser du corps étranger. Ne pouvant réussir, elle l’enveloppe de nacre. C’est ainsi que se forme une perle. Que de “grains de sable” s’introduisent dans nos vies : contrariétés, ennuis de famille, soucis de travail, difficultés dans nos rapports avec nos semblables. Pourquoi ne ferions-nous pas une “perle” de chacun de ces petits problèmes irritants ? On m’adresse une remarque peu aimable que je n’ai pas méritée ? Voilà le grain de sable qui me blesse. Si j’y réponds par la douceur, c’est comme une perle précieuse. On me traite injustement ? Encore un grain de sable. Si j’accepte l’injustice dans un esprit d’humilité, c’est aussi une perle. Le secret : compter sur Jésus, et au besoin, l’appeler au secours.
Voici un témoignage tout récent. Marie avait été invitée à un repas par des amis. Mais envahie par la peur, elle avait préféré leur téléphoner de ne pas l’attendre. Le soir, elle s’adresse à Jésus : « Seigneur ça fait quarante ans que je vis dans la peur de rencontrer certaines personnes, il n’y a que toi qui peux me délivrer de ces peurs, de ces angoisses, de ces appréhensions. Je t’en supplie : libère-moi ». A ce moment-là, elle entend monter dans son esprit ce chant d’acclamation que l’on entend notamment à Lourdes pour la procession du Saint-Sacrement : « Lauda Jerusalem Dominum, Lauda Deum tuum Sion ! Hosanna Hosanna Hosanna Filio David ! » En même temps, elle « voit » Jésus sur un petit âne blanc monter la route qui le conduit à Jérusalem.
Les moines n’ont pas le droit de se plaindre. Or voici qu’un frère au cours du repas en silence comme il se doit, a la désagréable surprise de voir arriver dans son assiette au milieu de la louche de haricots, une souris. Elle avait dû tomber dans la marmite et cuire en même temps que les fayots. Que faire ? Il appelle le frère qui vient de lui remplir son assiette, et lui dit tout bas, en lui montrant son assiette et celle de son voisin : « Pourquoi mon frère, lui, n’a-t-il pas de viande ? » Cultiver l’humour nous aide.
Une réflexion très courte mais qui vaut son pesant d’or de Anne-Dauphine Julliand, une journaliste écrivain d’une quarantaine d’années. Avec Loïc, son mari, ils ont perdu trois de leur quatre enfants. Elle écrit dans son petit livre « Ajouter de la vie aux jours ». Toutes mes journées commencent comme ça. « Allez, on y va ! » Je le répète parfois deux fois. Même trois. « Allez, on y va ! » Où ça ? Nulle part. Ou du moins pas loin. Dans la cuisine petit déjeuner, dans la pièce d’à côté travailler. Pour cela, il faut se lever, avancer, aller à la rencontre de la réalité. Pourquoi ne pas rester couchée, attendre que la journée s’achève, que la vie passe ? Chaque matin, je connais cette hésitation, cette négociation intérieure. Alors … je convoque les mots : « Rien que pour aujourd’hui. » Lève-toi rien que pour aujourd’hui, agis rien que pour aujourd’hui, souris rien que pour aujourd’hui, …Il m’arrive encore de renoncer, de me cacher sous la couette, de déserter le jour. Mais ces démissions se font moins fréquentes. Les pourparlers ne s’éternisent plus autant. … C’est la victoire de la volonté sur l’apathie, du courage sur le désespoir, de la force de vivre. Quand je pose un pied sur le sol, j’ai l’impression de me relever. D’être au milieu du chaos toujours, mais d’être debout encore. J’entends Loïc murmurer lui aussi en s’extirpant du lit :« Allez, on y va ! »
Pour ne pas gémir, ou pour moins gémir, Seigneur, donne-nous la grâce de changer notre filtre, une bonne capacité pour encaisser les remarques blessants, l’idée de nous regarder avec autodérision, et la grâce de nous savoir engagés dans un combat spirituel que nous ne gagnerons qu’en te faisant appel. Amen !
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15 décembre 2025 Balaam
L’histoire de Balaam est splendide. C’est dans les chapitres 22 à 24 du Livre des Nombres que l’on nous raconte ce qui est arrivé à ce devin païen. Balaam est envoyé par Balak, roi de Moab, pour maudire les Israélites qui, après avoir traversé le désert, traversaient ses territoires vers le pays de Canaan. Le devin, monté sur une ânesse, se rend chez Balak ; mais, en chemin, un ange, tenant une épée nue à la main, empêche l’ânesse d’avancer malgré les coups donnés par son maître. L’ânesse, douée tout à coup de la parole, reproche à son maître sa dureté. Dieu ouvre alors les yeux de Balaam ; devant Balak, il bénit, par trois fois, le peuple qu’il avait pour mission de maudire. Il prophétise : « Oracle de Balaam, fils de Béor, oracle de l’homme au regard pénétrant, oracle de celui qui entend les paroles de Dieu, qui possède la science du Très-Haut. Il voit ce que le Puissant lui fait voir, il tombe en extase, et ses yeux s’ouvrent. Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près : Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël. » (Nb 24, 17).
La réalisation de la prophétie : « Les grands prêtres et les anciens du peuple
demandèrent à Jésus : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »
Regardons de près la prophétie et sa réalisation. Une ânesse a compris plus vite que Balaam. Les grands-prêtres et les anciens du peuple sont plus retors.
Balaam a fini par lâcher prise. Les grands-prêtres et les anciens du peuple ne désarment pas. Du moins pas pour le moment. Peut-être qu’à Pentecôte ils feront partie de ces trois mille qui recevront le baptême. Balaam, au lieu de maudire le peuple d’Israël, prononce sur lui des paroles de bénédiction. Sort alors de sa bouche une des plus belles prophéties de l’Ancien Testament : « Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël. »
Jésus qui est sans cesse en lien avec son alter ego qu’il appelle le Paraclet c’est-à-dire tout à la fois son souffleur, son conseiller, son avocat, son consolateur oppose à ses contradicteurs qui essaient de le confondre une répartie géniale. Saint Irénée dit que Le Seigneur Esprit-Saint en conseillant Jésus s’habituait à conseiller les hommes de bonne volonté.
Voici trois preuves qu’il le fait. Des religieuses françaises recevaient un prêtre libanais. Il passait quelques jours en France pour parler de son pays aux élèves de l’école tenue par les sœurs. Un jour elles lui servent du boudin aux pommes. Il le mange de bon appétit et accepte de se resservir. Quand il demande aux sœurs de quoi il s’agit, il ne laisse absolument rien paraître, mais il est très indisposé. Dans la nuit, il est très malade. Le lendemain, au petit-déjeuner, les religieuses toutes fières de leur cuisine, lui demandent : « Alors, ce repas d’hier au soir, mon Père ? » Le prêtre répond : « Inoubliable ».
Je me rappelle aussi une répartie entendue un soir au séminaire. Nous avions organisé un débat entre des rédacteurs en chef des grandes revues chrétiennes : Famille Chrétienne, La Vie, France Catholique, etc… Question : « Y a-t-il un regard chrétien sur l’actualité ? » Réponse peut-être un peu rapide d’un des participants : « Non, je ne pense pas qu’il y ait un regard chrétien. Il y a des regards chrétiens. » Réplique de Christian Chabanis de France Catholique : « Je pense que oui, il y a un regard chrétien sur l’actualité. Mais (ajoute-t-il)… il vous échappe ». Le précédent a poussé un «ouf». Les deux au fond étaient d’accord. Mais la réponse de Christian Chabanis dit mieux que nous avons absolument besoin du Seigneur pour bien regarder, pour entrer dans Ses vues…
Le Seigneur Esprit-Saint inspire ses disciples. On se souvient de Monsieur Charasse sénateur du Puy de Dôme et ministre de l’économie sous Monsieur Mitterrand. Pour l’enterrement de ce dernier, il n’est pas rentré dans l’église ; il a gardé le chien. Il se disait athée et anticlérical ; cependant il payait son denier du culte, considérant qu’il s’agissait d’un service public. (Le propre de l’adulte c’est d’avoir des paradoxes et de les assumer … !) Monsieur le ministre (on donne toujours le plus haut titre) participe à l’inauguration d’un EHPAD réalisé par une congrégation religieuse. La responsable générale, une femme remarquablement intelligente, lui fait visiter le bâtiment. « Ici l’atelier Saint-Joseph » – « Ah c’est super d’avoir prévu un atelier Joseph où les résidents pourront faire des travaux manuels. » « Ici la bibliothèque Sainte-Elisabeth », – « Je vois qu’il y a déjà beaucoup de volumes dans la salle Elisabeth », « Ici le séjour Saint-François », – « Je vois que le séjour François est très bien exposé » … Au bout d’un moment, la religieuse lui dit : « Vous n’entendez pas le début des mots, monsieur le ministre ? » – « C’est que j’ai horreur des saints. » A la fin, après les discours, après la coupure du cordon, le « pince-fesse », les papotages et les congratulations, la religieuse raccompagne monsieur le ministre jusqu’à sa voiture. Tout en lui serrant la main, elle lui dit : « Alors, au revoir Monsieur Rasse, au plaisir. » Il rectifie aussitôt : « Non, c’est CHA-RAsse » … Et la répartie géniale de la sœur : « C’est que j’ai horreur des chats » … A bon chat, bon rat !
Seigneur donne-nous l’humilité de Balaam. Donne-nous assez de foi pour nous laisser remettre en question et prophétiser des paroles qui édifieront.
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