12 février 2026. Universel. Un terrestre extra.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 7, 24-30) : «En ce temps-là, Jésus partit et se rendit dans le territoire de Tyr. Il était entré dans une maison, et il ne voulait pas qu’on le sache, mais il ne put rester inaperçu : une femme entendit aussitôt parler de lui ; elle avait une petite fille possédée par un esprit impur ; elle vint se jeter à ses pieds. Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance, et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille. Il lui disait : « Laisse d’abord les enfants se rassasier,
car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Mais elle lui répliqua : « Seigneur, les petits chiens, sous la table, mangent bien les miettes des petits enfants ! » Alors il lui dit : « À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. » Elle rentra à la maison,
et elle trouva l’enfant étendue sur le lit : le démon était sorti d’elle. »
Jésus est sorti du territoire d’Israël. Il est en syro-phénicie, c’est-dire actuellement le Liban. La clef de cette rencontre est donnée dans l’évangile selon saint Jean: « En vérité, personne ne vient à moi si le Père qui m‘a envoyé ne l’attire.» (Jn 6,44). Jésus constate que cette femme est appelée par son Père. Il conduit le dialogue de façon à perfectionner la foi de cette maman et peut-être à lui permettre de prendre conscience de la portée de sa foi. Dans le Prologue de saint Jean il est dit : « Le Verbe est la Lumière qui éclaire tout homme qui vient dans ce monde ». (Jn 1,9) Jésus est pour tous les hommes. Le concile Vatican II l’a écrit : « Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. » (Gaudium et spes 22)
Au moins deux conséquences :
1) Quand nous parlons de Jésus à un enfant ou à un hindou ou à un musulman, nous ne lui parlons pas d’un étranger mais de celui qui est déjà dans son cœur, qui le connaît mieux qu’il ne se connaît lui-même. Nous ne lui parlons pas d’un extraterrestre mais d’un terrestre … extra pour lui !
2) Cela doit nous ouvrir à l’universel. Non pas pour dire que « toutes les religions se valent » que « chacun a son chemin pour rejoindre Dieu ». Mais parce que Jésus et son Esprit et le Père travaille chaque culture.
C’est l’histoire d’un petit garçon qui rentre de l’école en pleurant. « Qu’as-tu ? lui demande son papa. » « J’ai eu un zéro en géographie. » « Pourquoi ? » « Je ne savais pas où est la Bosnie. » « Tu ne sais pas ?! Quel idiot, passe moi la carte de France… ». Et le père cherche, cherche… « Bon sang de bois, elle n’est pas assez précise, passe moi la carte de la région. » Et le père cherche, cherche… « Elle est nulle cette carte, passe moi la carte du département. » Et le père cherche, cherche… « Bon sang… cela ne peut pas être si loin, la Bosnie, j’ai un collègue bosniaque qui vient travailler tous les jours à vélo ! »
Nous rions, mais faisons ce petit exercice : prenons une feuille blanche. Dessinons un premier rectangle sur lequel nous écrivons en haut « Europe » et en bas « Afrique », puis un deuxième rectangle avec en haut « Amérique du Nord » et en bas « Amérique du Sud », puis un troisième avec en haut « Asie » et en dessous « Océanie ». Ensuite, essayons d’écrire le nom des pays que nous connaissons – je suis gentil, je ne demande pas les capitales…- Nous constaterons que notre carte est comme celle de Christophe Colomb : nous sommes obligés d’écrire souvent « Territoires inconnus »… où habitent pourtant des milliards de personnes qui sont nos frères ! Le message de salut ne peut pas être uniquement pour les deux milliards et demi de baptisés. Il est aussi pour les autres quatre milliards et demi. Mais comment le sauront-ils si personne ne leur en parle? Si personne ne leur annonce l’amour de Jésus? Si nous, chrétiens, nous ne les aidons pas à ouvrir leur cœur à sa grâce, pour recevoir le Baptême, le pardon des péchés et la vie éternelle? C’est la porte de la Miséricorde, elle est ouverte et ils peuvent encore y entrer. Nous ne vivons pas dans l’étroitesse des limites de notre paroisse mais à la dimension du monde. Ce qui est significatif, quand on va dans les bureaux du Vatican, c’est que les prêtres, les religieux, les laïcs qui y travaillent parlent au moins quatre ou cinq langues. L’internationalisation de la curie romaine est réalisée. Des responsables de dicastères sont originaires de l’Inde ou de l’Amérique du sud. Cela a commencé lorsque Jésus a guéri la fille de la femme syro-phénicienne ou encore le serviteur du centurion romain, prolongé par saint Pierre donnant le baptême à Corneille : « Je constate en vérité que Dieu ne fait pas acception des personnes mais qu’en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable » (Actes 10,34-35). Le fait que saint Jean-Paul II ait convoqué les représentants de toutes les religions à Assise pour prier pour la paix a beaucoup marqué. Ils n’ont pas prié ensemble, mais côte à côte, en même temps. C’est un signe fort. A nous de nous efforcer de vivre cette universalité. Comment ? En priant pour ceux que nous croisons ou avec qui nous travaillons et qui ont une religion différente de la nôtre. On peut aussi faire le tour des pays en disant un « Je vous salue Marie » pour chacun, lire des ouvrages sur la Chine, sur l’Egypte, sur la Colombie, … etc… Ne serait-ce pas plus intéressant que de nous laisser abreuver de nos polémiques franco-françaises ? Pourquoi ne pas participer à l‘A.C.A.T (Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture), militer pour l’A.E.D. (Aide à l’Eglise en détresse), au CCFD, à la Fidesco, ou encore au Secours Catholique qui est aussi international … ? Chaque chrétien peut et doit trouver le moyen de devenir comme on désigne saint Charles de Foucauld ou Sœur Emmanuelle du Caire, frère universel ou sœur Universelle.