12 mars 2026. A malin, malin et demi

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 11, 14-23) : « En ce temps-là,
Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et les foules furent dans l’admiration. Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux mêmes vos juges. En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous. Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement, auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »

Cet homme très certainement né muet est un symbole du malheur innocent. D’où vient le mal ? Qu’est-ce qui produit du mal ?  Pour Jésus parler de démon n’est-ce qu’un genre littéraire, une façon de personnifier le mal, une figure de style ?

Voici un petit apologue moderne. Nous sommes dans un amphithéâtre d’université aux Etats-Unis. Le professeur d’éthique raconte cette fable moderne à ses étudiants : Un grand savant reçoit un jour la visite du diable. Il lui propose une invention extraordinaire qui va révolutionner l’humanité. Elle va permettre de faire se rencontrer les gens,… plus de solitude, les gens vont communiquer, cela va les rapprocher, ouvrir leurs horizons… Elle va raccourcir les distances, transformer la planète en petit village, favoriser les rencontres… Mais, c’était le diable. Et il y avait une contrepartie. Le prix à payer, c’était… cent mille morts par an… Que faire ? ! Le savant était bien embarrassé… « Qu’auriez-vous fait ? demande le professeur. Est-ce que vous auriez accepté le marché ? » Évidemment, c’est alléchant ! Dans une société où l’on recherche toujours des innovations, où l’on paie très cher des ingénieurs de toute discipline pour améliorer, progresser en tous domaines, la proposition est attrayante. Mais la majorité des étudiants fait remarquer que cent mille morts c’est cher payé… et qu’il vaudrait mieux refuser… « C’est dommage, vous venez de condamner l’invention de l’automobile » dit le professeur.

… Le mal ne serait-il que l’ambiguïté des choix humains ? Non ! le pape Paul VI a écrit que le mal n’est pas que la déficience humaine, c’est un être spirituel, une puissance cachée. …. Alors faut-il avoir peur ? Non ! Saint Augustin a cette belle image… : Depuis que Jésus l’a vaincu par sa Passion, sa mort sur la croix et sa résurrection, le mal est comme un chien méchant enragé… mais attaché. Il ne mord que ceux qui s’approchent de lui.

Le mal n’a de pouvoir sur nous que celui que nous voulons bien lui donner.

Mais il nous faut être vigilants. Un jour, le diable avait fait organiser une foire-expo de toutes ses armes. Pendant des jours, des diablotins avaient aménagé des chapiteaux, branché des spots, déroulé des tapis, mis en place des stands et réparti toutes les armes du démon. Il y avait les armes pour les petits péchés, pour les péchés graves (ceux qu’il ne faut pas prendre à la légère) et en particulier les sept péchés capitaux : les armes incitant à l’orgueil, à l’avarice, à l’envie, à la colère, à l’impureté, à la gourmandise et à la paresse.

Quand les armes n’étaient pas exposées, les diablotins avaient pensé aux commandes : des montagnes de catalogues, de cassettes vidéos, de disques compacts et même des disquettes et des C-D Rom… ! Les prix étaient tous affichés. Mais, dans cette exposition-vente, se cachait un mystère. Dans une vitrine, on pouvait voir une toute petite clef, dorée, magnifique dans un écrin rouge mais il n’y avait pas le prix. Et même, une étiquette portait cette mention : « HORS de PRIX ». Cependant, un visiteur intrigué insiste. il veut savoir et il est prêt à payer le prix fort. Alors, on appelle le grand patron…

Au bout de plusieurs heures d’attente, il arrive enfin. Et il explique au client visiblement très intéressé que si cette clef est si chère, si elle n’a pas de prix, c’est qu’il y tient beaucoup car elle lui permet de rentrer chez tout le monde, qu’il soit laïc, prêtre, religieux et même évêque ou cardinal… ! Quel que soit le degré de foi, de sainteté, quel que soit l’âge, cette clef fonctionne.

Finalement, le diable, bien que malin, ne sait pas tenir sa langue et lui lâche le morceau : « cette clef, c’est le découragement. » Voilà l’arme absolue du démon. Il y tient parce qu’avec cette arme, il est venu à bout des plus grands enthousiasmes, des meilleurs éléments, des meilleures volontés, des plus beaux départs dans la foi, des plus grandes résolutions concernant la prière, la lutte contre le péché, la mission…

Ne nous laissons pas décourager. Pour cela, une bonne solution : boucher le trou de la serrure. Il se situe sur le front. Donc ce qui repousse le découragement, c’est l’adoration dont le front posé sur le sol est le symbole.

Dès les premiers signes de découragement, de ce qu’on peut appeler avec humour l’ « aquoibonite » (vous savez, quand on dit « à quoi bon ? » , faisons vite un acte d’adoration pour boucher le trou de la serrure : demandons au Seigneur de mettre son doigt qui est en fait l’Esprit Saint. « Si c’est par le Doigt de Dieu que j’expulse les démons ».

Les bonus : (7091) Série de Carême “Les péchés capitaux aujourd’hui” : la paresse/acédie – YouTube

Vendredi 13  mars 2026 Jésus le « apple » des commandements.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 28b- 34) : « En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger. »

Paradoxalement, on peut dire qu’une des valeurs les plus recherchées aujourd’hui dans notre société hyperorganisée et hypercomplexe, c’est la simplicité. Le monde contemporain a soif de simplicité. Le savoir disponible double tous les cinq ans alors qu’il y a trois siècles, il doublait tous les cent ans. La simplicité est la valeur montante. Dans les appareils informatiques, électroniques, on cherche à éliminer le plus possible de fils électriques, le plus possible de boutons, le plus possible de volume, le plus possible d’appareils. Cela faisait dire à un malicieux : « La technologie vise tellement la simplicité que bientôt nous pourrons nous passer de technologie »

Jésus rejoint ce désir. Scrutons l’évangile. Il y a deux mille ans, il arrive dans un monde hyper-complexe. S’entremêlent les Romains – qui ne sont pas des romains, d’ailleurs, mais des soldats d’autres pays conquis par l’empire- les romains, les pharisiens, les sadducéens, les esséniens, et beaucoup d’autres groupes religieux. On avait dénombré 613 commandements. Et chaque rabbin y allait de sa classification. Certains aimaient dire qu’il y avait 248 commandements positifs, un pour chaque partie du corps recensée à l’époque et 365 négatifs, un par jour de l’année. On passait un temps fou à établir des catégories et des sous-catégories. On prenait des jours et des jours pour argumenter pour telle ou telle option. Et voilà qu’un jour, on envoie le Goliath de la théologie pharisienne rencontrer le petit David de Nazareth. Et le petit David abat le géant en disant : « Il n’y a qu’un seul commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toutes tes énergies et ton prochain comme toi-même »

Jésus est le « apple », le bouton unique des commandements.

On peut s’indigner que les animaux prennent autant de place dans la vie des gens aujourd’hui. Pour certains, c’est devenu une religion. Cependant c’est le Seigneur qui les a créés et lorsqu’on ne tombe pas dans l’excès, les animaux ont beaucoup à nous dire. Voici un témoignage très touchant…Une femme vétérinaire raconte le jour où elle a dû procéder à l’euthanasie d’un chien dans une famille. Alexis, le petit garçon de six ans, calme, le caressait une dernière fois. Elle se  demandait s’il comprenait vraiment ce qui se passait. « Après quelques minutes de silence, nous nous sommes assis en nous demandant pourquoi la vie des chiens était si courte comparée à la nôtre. C’est alors qu’Alexis, qui avait écouté attentivement, a dit : « Moi, je sais pourquoi. » Ce qu’il a dit ensuite m’a bouleversé, et je n’ai jamais entendu une explication aussi belle. » : « Les gens viennent au monde pour apprendre à vivre une bonne vie : aimer les autres, être gentil, hein ? Eh bien… les chiens, eux, savent déjà faire tout ça. Alors, ils n’ont pas besoin de rester aussi longtemps que nous. » La morale de cette histoire : Si un chien était ton professeur, tu apprendrais : à courir saluer ceux que tu aimes quand ils rentrent. À ne jamais rater une occasion de partir en promenade. À sentir le vent et profiter de l’air frais. À courir, sauter et jouer chaque jour. À accepter les câlins et les contacts humains. À éviter de mordre quand un simple grognement suffit. À te coucher dans l’herbe les jours ensoleillés. Et surtout, quand quelqu’un passe une mauvaise journée : reste en silence, assieds-toi près de lui, et fais-lui sentir que tu es là. C’est là, tout simplement, le secret que les chiens nous enseignent, chaque jour, sans un mot.

Et pour terminer sur un mot d’humour. Père Fabio, ce soir-là, introduit un temps d’adoration du Saint-Sacrement pour des jeunes étudiants et des jeunes professionnels. Pour expliquer en quoi cela consiste, il prend la comparaison du chien qui se tient à côté de son maître ou devant son maître. Le chien est là couché, la tête posée sur ses pattes avant. Il semble dormir, mais en fait il reste aux aguets, prêt à réagir au moindre signal de son maître. Mais en tout cas, il se tient là, simplement en présence de son maître. Il est heureux. Il trouve sa joie dans le fait de cette proximité avec son maître. Les jeunes l’écoutent. Mais voilà que l’un d’eux, Dimitri dit malicieusement : « Moi, quand je me tiens devant le Saint-Sacrement j’attends quand même les croquettes » … ! Est-ce que nous attendons Jésus lui-même ou ce que Jésus peut nous apporter ?

Les bonus : (7091) L’Idolâtrie des mots / Olivier Bonnassies – YouTube

Samedi 14 mars 2026 L’humilité du publicain

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 18, 9-14) : «En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

La parabole du pharisien et du publicain nous invite à l’humilité. Qu’est-ce que l’humilité ?

L’humilité est l’un des cadeaux de Dieu le plus précieux. Mais ce mot ne fait pas très moderne. En partie parce qu’il est mal compris. On confond l’humilité avec la modestie, voire la dépréciation de soi. Or, être humble, ce n’est pas se complaire dans l’infériorité, ce n’est pas s’effacer par paresse ou manque d’ambition. C’est une vertu que seul Le Seigneur peut nous donner si nous « travaillons » le terrain de notre cœur. Nous entrerons dans l’humilité, d’abord par trois points d’attention. Ils sont faciles à retenir : ils commencent tous les trois par la même syllabe, même s’ils ne sont pas de la même racine. Il s’agit de « humus », « humiliation », et « humour ».

Humus « Souviens-toi que tu es poussière, que tu es tiré du sol, et que tu retourneras en poussière. » C’est Le Seigneur qui nous donne toute notre consistance. A partir de l’humus, Dieu se fait des enfants ! C’est là notre dignité et notre place de créatures. L’humilité consiste d’abord à accepter joyeusement notre condition d’être créés. Chaque matin, nous sommes réveillés par cette bonne nouvelle : grâce à Dieu, nous avons la vie, la croissance et l’être ! « Ne va pas te glorifier… Ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte. » (Rm 11,18)

Favorisée par Dieu et par la Vierge Marie, sainte Bernadette Soubirous l’a été certes. Mais elle croit à la gratuité des dons de Dieu : « Je n’avais aucun droit à cette grâce. » Et avec humour elle ajoute : « La Sainte Vierge m’a ramassée comme un caillou. » Une autre fois elle déclare : « Je suis une pierre. Que tireriez-vous d’une pierre ? » Apprenant qu’à Lourdes on vend son image, elle fait cette réflexion : « Dix centimes, c’est ce que je vaux. » Comme écrit le Père René Laurentin : « Le secret de son humilité, c’est, en définitive, la vive conscience d’avoir tout reçu, sans esprit d’appropriation, et c’est la conviction d’avoir été un instrument, sans être rien par elle-même, devant l’amour qui la comblait. » Nous sommes à Nevers. Sœur Marie-Bernard a eu un entretien sur les apparitions avec sœur Philippine Molinéry. A brûle-pourpoint, la voyante de Lourdes interpelle sa compagne :- « Que fait-on d’un balai quand on a fini de balayer ? » – « Pourquoi cette question ? » – « Je vous demande où se place le balai quand on a fini de balayer ? » – « Dans un petit coin, derrière la porte. » – « Eh bien ! j’ai servi de manche à balai à la Sainte Vierge. Lorsqu’elle n’a plus eu besoin de moi, elle m’a mise derrière la porte. J’y suis, j’y reste. »

Humiliation Il ne faut pas confondre « humilité » et « humiliation ». Mais, comme disait Bernadette Soubirous : « Il faut beaucoup d’humiliations pour un peu d’humilité. » Dans la vie, les humiliations visibles ou secrètes ne manquent pas. La vie des saints en est saupoudrée. Le bienheureux Henri Suzeau rapporte cette anecdote dans son autobiographie : on avait fait croire, dans la ville de Constance, que sa sœur se prostituait… Cela le blessait profondément. Une nuit, il voit dans le cloître du couvent un chien jouant avec un paillasson, le traînant par terre, le jetant en l’air et y faisant des trous. Il se dit : « Le paillasson se laisse maltraiter, fais de même. » Il descend, prend le paillasson qu’il conserva de nombreuses années comme un trésor. Lorsqu’il allait éclater d’impatience, il le prenait pour s’y reconnaître et garder un tranquille silence. Jeanne Jugan, la fondatrice des petites sœurs des pauvres quêtait dans la rue. Un passant lui donne une gifle. Elle dit simplement en tendant la main : « Cela c’est pour moi, maintenant pour mes pauvres. » Si nous essayons d’avancer dans la foi et la charité au nom de l’évangile, nous aurons bien des humiliations. Prenons les comme de belles occasions de grandir en humilité.

Humour C’est tellement important de ne pas se prendre au sérieux, de considérer sa propre petite personne, ses œuvres, ses réussites, ses échecs aussi, avec humour ! On dit que même les mamans de prêtres doivent surveiller leur humilité… Un jour, quatre mères de prêtres discutent des mérites de leur fils. « Le mien, dit la première est nonce. Quand il entre quelque part, on lui dit : Oh ! Bonjour Monseigneur. »

« Mon fils, dit la deuxième, est évêque. Quand il entre quelque part, on lui dit : Oh ! Bonjour Excellence. »

« Mon fils, continue la suivante, est cardinal. Quand il arrive, on lui dit : Oh ! Bonjour Eminence. »

Et la quatrième femme réfléchit un moment et finit par dire : « Mon fils mesure un mètre quatre-vingt dix et pèse zéro tonne cent quinze. Quand il entre quelque part, les gens disent :  Oh mon Dieu ! » (…!)

Humus Action de grâce, humiliations recyclées, humour pour dégonfler les baudruches.  Vive l’humilité !

Les bonus : (7091) Comment bien faire son careme – YouTube(7091) La lutte contre le mal (catéchisme adulte 18/31) – YouTube

4° dimanche de carême Chadenac (récollection pour des couples) 15 mars 2026

Frères et sœurs,

Ce récit de la guérison de l’aveugle-né est vraiment plein d’humour. Ce garçon est tellement heureux qu’il ne sait que répéter : « Vous pouvez bien dire ce que vous voulez de Jésus ; il y a une chose qui est sûre c’est qu’avant de le rencontrer, je ne voyais pas et maintenant je vois ».

Avant Jésus, on disait : « S’il est né aveugle c’est qu’il doit expier des péchés, c’est son destin, c’est son karma. Il faut laisser faire. » A partir de Jésus, les chrétiens se sont dit que ces handicaps (de naissance ou par accident) devaient être des occasions de manifester la Gloire de Dieu c’est à dire d’aimer cette personne encore plus que les autres, et de lui donner la capacité d’aimer à son tour. Et pour ne parler que des aveugles, ce n’est pas un hasard, si c’est dans un pays chrétien, qu’un chrétien a inventé une écriture en relief qui permet aux non-voyants d’écrire et de lire, d’avoir accès par eux-mêmes à la culture. Il s’agit de Louis Braille. Il était professeur et organiste, lui-même était atteint de cécité depuis l’âge de trois ans. C’était en 1830. 

Mais cette merveilleuse page d’évangile fait plus que d’insuffler dans notre humanité cette dynamique en faveur de ceux qui ont un handicap. Elle nous fait comprendre que les véritables aveugles sont ceux qui croient être dans la Lumière, ceux qui se targuent d’être lucides, éclairés, clairvoyants. Au fond, Jésus nous dit : « Attention, vous ne verrez la vraie Lumière (et c’est Lui qui est la vraie Lumière) que si vous reconnaissez que vous êtes aveugles. » Un apologue peut nous faire comprendre la nécessité d’être éclairé d’En-Haut. (Il est inspiré de Tolstoï). Un prince fit venir au palais quatre aveugles et leur demande de décrire le même objet qu’il venait de faire entrer dans la cour. Le premier aveugle s’avança, palpa et dit assez vite : « Il s’agit d’un tronc d’arbre. » Le deuxième aveugle marcha prudemment les mains en avant. Il rencontra l’objet, le palpa et dit : « Il s’agit d’un tuyau d’arrosage. » Après avoir bien réfléchi, le troisième dit : « C’est une balayette »… Le quatrième était perplexe. Il tâte longuement l’objet et lâche finalement : « C’est une énorme feuille de la jungle »… En fait, les quatre aveugles venaient de toucher le même … éléphant ! Le premier avait rencontré une des quatre pattes, le second avait touché la trompe encore humide. Le troisième était venu par derrière et avait caressé la queue, et le quatrième se trouvait à côté d’une des deux grosses oreilles. « Un éléphant, ça trompe énormément. » Si Dieu lui-même ne vient pas nous éclairer, nous nous tromperons facilement. Comment le voyons nous ? il y a quelque part dans nos esprits les  idées du  Dieu magicien, du Jupiter effrayant, du Dieu permissif,  ou du Dieu gendarme, Du Dieu ingénieur froid ? Du Dieu énergie cosmique,… Quelle idée de Dieu dans la tête des islamiste terroriste ? L’évangile nous présente Dieu à la fois si grand que les galaxies ne peuvent le contenir et si petit qu’il tient dans un berceau. Si puissant qu’il crée ce monde à partir de rien, et si faible qu’il se laisse clouer sur une croix. Si exigeant qu’il nous demande la perfection. Si indulgent qu’il vient nous rechercher comme une petite brebis perdue. Si fort qu’il peut guérir un aveugle. Si respectueux de notre liberté qu’il ne peut pas nous forcer à le croire.

De même si nous ne prenons pas Jésus comme Lumière, nous nous tromperons facilement sur les autres. Pour des raisons négatives : nous ne sommes malvoyants mais malveillants. Ou même pour des raisons  positives : ne dit-on pas que l’ « amour rend aveugle » ?  Un petit exemple : Les filles amoureuses développent certains syndromes. – Le syndrome de Mère Térésa : à nous les malheureux ! vivent les petites soeurs du coeur. – le syndrome de Schéhérazade : ce garçon n’est pas pour moi, mais je l’aurai, je serai seule à pouvoir le changer. – Le syndrome de Blanche-Neige et les sept nains : la ménagère refait surface. Tout reluit dans la maison. Mais la fantaisie ?
– le syndrome de la Joconde : les voilà mains croisées, sourire figé. Elles n’osent rire, être elles-mêmes, qu’avec les copines. Il faut poser la question aux amoureuses et aux amoureux : est-ce que tu l’aimes par amour ou par manque d’affectivité ?

Le principe du doigt pointé. Jésus avec la parabole de la paille et de la poutre nous donne un moyen de mieux nous connaitre. Quand je pointe le doigt sur le défaut de quelqu’un, il y a trois doigts qui sont tournés vers moi. C’est souvent le signe que ce défaut m’agace parce que je ne le supporte pas chez moi.

Jésus est venu nous éclairer, c’est clair ! Jésus change nos lunettes, c’est net ! Amen !

Les bonus : (7091) « Les Sermons de Marcel Pagnol » : Vincent Fernandel – YouTube

Lundi 16 mars 2026 Jésus médecin sans frontière.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 4, 43-54) : «En ce temps-là,
après avoir passé deux jours chez les Samaritains, Jésus partit de là pour la Galilée. – Lui-même avait témoigné qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays. Il arriva donc en Galilée ; les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête. Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Or, il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver ; il lui demandait de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils qui était mourant. Jésus lui dit : « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! » Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C’est hier, à la septième heure (au début de l’après- midi), que la fièvre l’a quitté. » Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu’il revint de Judée en Galilée. »

Jésus guérit le fils d’un fonctionnaire royal. Il répond favorablement à l’intercession de ce fonctionnaire.Les guérisons tiennent une place considérable dans l’évangile.  Et aujourd’hui, l’Eglise a-t-elle délaissé ce commandement du Christ : « Guérissez les malades » ? Non, de tout temps, les chrétiens ont créé toutes sortes d’institutions bénéfiques au soulagement des souffrances des malades : hôpitaux, léproseries, dispensaires, associations, communautés, mouvement (Foi et Lumière, Pèlerins de l’eau vive, Fraternité des malades, Association saint Camille de  Lellis, etc etc… ) C’est un aspect grandiose de l’activité de l’Eglise au fil des siècles. Mais, de cette façon, le charisme de guérison s’est « institutionnalisé », il est devenu une institution. Dans ce processus, aussi bénéfique soit il, quelque chose s’est perdu. L’homme a deux moyens pour affronter ses problèmes, en particulier la maladie : la nature et la grâce. La nature indique ici la science, la technique et la médecine, en somme, toutes les ressources que l’homme a reçues de Dieu dans la création et qu’il a développées par son intelligence ; la grâce indique la foi et la prière avec lesquelles on obtient parfois selon la volonté de Dieu, la guérison au-delà des moyens humains. Tout autre moyen n’appartenant pas à ces deux catégories est exclu, à savoir la magie et d’autres formes ambigües pratiquées par de soi-disant « guérisseurs de métiers ».

Devant la maladie, le chrétien ne peut pas se contenter d’utiliser seulement la « nature » c’est-à-dire de fonder des hôpitaux en collaboration avec l’Etat dans le domaine de la santé publique. Le Christ lui a donné un pouvoir tout particulier : « Jésus leur donna pouvoir sur les esprits impurs, de façon à les expulser et à guérir toute maladie et toute langueur. » (Mt 10,1). Il ne doit pas commettre de péché par omission, en oubliant de recourir à ce pouvoir qui redonnerait de l’espoir à ceux pour qui la science ne nourrit plus aucun espoir.

Le fait le plus impressionnant, toutefois, est la réapparition dans de nombreuses Eglises chrétiennes du charisme de guérison, au sens entendu par saint Paul. C’est un don gratuit fait à certains croyants sans rapport nécessaire avec leur sainteté particulière mais que Dieu donne en vue du bien commun pour montrer sa fidélité dans la réalisation des promesses du Christ. Il s’agit d’un domaine délicat, sujet à des manipulations et à des abus de tout genre, pour lequel on n’apprécie jamais assez la prudence et la vigilance de l’Eglise qui tendent à discipliner et non à étouffer ce charisme. Une garantie d’authenticité est le maintien de l’équilibre, que nous voyons en Jésus, entre l’annonce de l’Evangile et le soin des malades. La prière pour la guérison ne doit jamais devenir une fin en soi, distincte du temps de l’annonce, mais plutôt une occasion d’annonce ; C’est souvent le cas, grâce à Dieu. 

Que faut-il pour guérir ? Une chose contre laquelle les psychologues nous mettent en garde, c’est l’attachement à sa propre maladie. Il est possible, en effet, que l’on finisse par se réfugier dans sa maladie ou sa névrose comme dans un abri, ne parvenant plus à concevoir sa propre vie dans une autre situation ni à renoncer à la commisération dont a fait l’objet jusqu’alors. Au paralytique de la piscine de Bethesda, Jésus pose une question qui semble étrange de prime abord mais qui recèle en fait un grand sens : « Veux-tu guérir » ? (Jn 5,6)

Quand il s’agit de profondes maladies psychologiques où la liberté du malade est en quelque sorte impliquée, il est nécessaire que le malade collabore à l’action de l’Esprit en éliminant certains obstacles. Il est très important de fréquenter dans la foi les sacrements. Grâce à eux, nous pouvons toucher « le manteau » de Jésus pour être guéris (cf Mt 9,21) ; cette « force qui sortait de lui et les guérissait tous » (cf Luc 6,19) continue à sortir du corps eucharistique de Jésus.

Notre réflexion sur la guérison n’est pas encore complète : nous devons y ajouter une dernière observation. La chose la plus importante dans l’esprit de l’Evangile n’est pas de penser à ses propres infirmités, mais à celles du prochain. Les saints acceptaient de mal se porter, mais ne supportaient pas que les autres se portent mal. Ils hésitaient à prier pour leur propre guérison, mais se montraient très audacieux quand il s’agissait de la guérison des autres. C’est le cas de ce fonctionnaire royal. C’est le cas aussi de ces « quatre personnes » qui font tout pour conduire leur ami malade à Jésus : elles découvrent la toiture au-dessus du lieu où se trouve Jésus, y creusent un trou et y font descendre le grabat. Jésus, voyant leur foi, dit alors au paralytique : « Lève-toi, prends ton grabat et va-t-en chez toi. » (cf Mc 2,1-12) Imitons leur zèle !

Les bonus : Il avait pressenti beaucoup de choses : Soljenitsyne #21stcentury

La spiritualité chrétienne : les grands principes (catéchisme adulte 17/31)

Mardi 17 mars 2026 (4ème semaine de carême) Je n’ai personne

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 5, 1-16) : «À l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades, aveugles, boiteux et impotents. Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l’homme fut guéri. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pied : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. » Il leur répliqua : « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard, et marche !” » Ils l’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit.Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat. »

Nous avons commencé hier la lecture de l’évangile selon saint Jean. Nous ne le lâcherons plus jusqu’à Pentecôte et même le lundi de Pentecôte dont le Pape François a voulu faire une fête de la Vierge Marie, Mère de l’Eglise. Nous serons le 24 mai. Nous ne lâcherons pas saint Jean pendant deux mois, à quelques exceptions près comme la fête de sainte Catherine de Sienne et quelques autres, et aussi quatre jours pendant l’Octave de Pâques (sans doute pour que les autres évangélistes ne soient pas jaloux puisqu’eux aussi annoncent la résurrection de Jésus… !)

Saint Jean nous raconte aujourd’hui la guérison d’un homme paralysé depuis 38 ans à la piscine de Bethzatha, la piscine aux cinq portiques. « Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. »

Je n’ai personne ! On demandait un jour au Père Stan Rougier dans une interview façon Proust quel était selon lui le comble de la misère. La pire des misères …  Le Père Stan Rougier  a répondu : ce serait de ne pas savoir qui appeler au téléphone, de n’avoir personne à qui se confier même par téléphone. « Je n’ai personne ! »

A contrario, nous pensons aux personnes malades que l’on conduit à Lourdes. Que ce soit pendant le voyage en car, à l’accueil Notre-Dame ou à l’accueil Marie-Saint Frai,  aux piscines, pendant les processions ou les célébrations,  … ces personnes souffrantes sont très bien entourées. Jésus a introduit dans notre humanité cette dynamique de l’attention. Et dans nos sociétés occidentales de culture chrétienne, sa parabole du Bon samaritain a été inscrite dans le marbre de la loi :aujourd’hui vous pourriez être poursuivis « pour non-assistance à personne en danger » si on arrive à prouver que vous n’avez pas secouru un blessé sur le bord de la route.

Le Père Joseph-Marie Verlinde qui a fondé la famille Saint-Joseph propose des sessions de guérison intérieure qui permettent à des centaines de personnes de faire l’expérience de l’amour miséricordieux du Seigneur. Il a écrit  L’expérience interdite, éd. Saint-Paul et bien d’autres livres. Le Père Verlinde est docteur en science physiques. Il parle couramment plusieurs langues. Très fervent dans son enfance il abandonne sa foi chrétienne vers l’âge de 15 ans parce qu’il ne trouve personne pour répondre à ses questions. Rattrapé par le désir de spiritualité il devient disciple d’un gourou qui l’ initie à la méditation transcendantale, et  il passe plusieurs années dans des ashrams hindous où très peu d’occidentaux sont allés. Qu’est ce qui l’a fait revenir à la foi chrétienne ? Cette anecdote , entre autres : un jour, alors que de très bonne heure, il traverse un village aux côtés du gourou, dans la pénombre, il heurte du pied ce qui lui semble un corps humain. Il se penche vers lui et s’apprête à demander de l’aide pour ce pauvre homme. Le gourou lui dit : « Viens laisse-le… »  Et comme il hésite, le gourou ajoute : « C’est son karma ». C’est à dire : « C’est son destin. Il faut lui laisser vivre ce qu’il a à vivre. » Peu à peu, sa culture chrétienne se réveille. Il se rappelle la parabole du Bon samaritain. Le Seigneur veut que nous trouvions notre joie à mettre toutes les ressources de notre intelligence et de notre cœur au service de celle ou celui qui souffre.  Nous ne pouvons pas guérir mais nous pouvons nous rapprocher de ceux qui souffrent.

Une autre anecdote pour nous encourager ? Alors une enfandise ! Un petit Martin est avec sa maman et joue dans le jardin devant la mairie. En courant de ci-de là, il aperçoit un vieux monsieur, assis seul, sur un banc, tout triste. Martin ne sait pas qu’il  vient de perdre sa femme. Mais il a vu la tristesse et les larmes discrètes du vieux monsieur. Alors, il va vers lui, et, sans rien dire, il s’assied à côté de lui. Sa maman l’appelle et lui dit : « Tu vois bien que le monsieur a beaucoup de peine. Il ne faut pas le déranger. » – « Maman, je ne le dérange pas, je l’aide à pleurer. » Seigneur aide-nous à aider à pleurer !

Les bonus : L’immensité de l’univers : Il est Grand le Seigneur !! (7065) #science #experience #shorts – YouTube

La mort et la résurrection de Jésus (catéchisme adulte – 6/31)