Samedi 12 septembre 2026 Que votre oui soit oui
Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens : « Mes bien-aimés, fuyez le culte des idoles. Je vous parle comme à des personnes raisonnables ; jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. Voyez ce qui se passe chez les Israélites : ceux qui mangent les victimes offertes sur l’autel de Dieu, ne sont-ils pas en communion avec lui ? Je ne prétends pas que la viande offerte aux idoles ou que les idoles elles-mêmes représentent quoi que ce soit. Mais je dis que les sacrifices des païens sont offerts aux démons, et non à Dieu, et je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez pas boire à la coupe du Seigneur et en même temps à celle des démons ; vous ne pouvez pas prendre part à la table du Seigneur et en même temps à celle des démons. Voulons-nous provoquer l’ardeur jalouse du Seigneur ? Sommes-nous plus forts que lui ? »
On se rappelle qu’Elie avait dit aux prophètes de Baal et à tous leurs partisans : « Jusques à quand clocherez-vous des deux jarrets ?! Si le Seigneur est Dieu, suivez-le ; si c'est Baal, suivez-le »… (1 Rois 18,21) Dans le livre de l'Apocalypse, nous avons un avertissement du même genre aussi sévère : « J'ai contre toi que tu n'es ni froid ni chaud. J'ai contre toi que tu es un tiède »… (Ap 3,16). Dans la même ligne, les évêques africains ont une image pour parler des chrétiens qui ne se décident pas pour Dieu. Ils sont comme des grenouilles qui ont deux pattes dans l'eau ; quand l'eau est trouble, elles sautent sur la terre ferme, et quand il y a un problème à terre, elles se précipitent dans l'eau. Ainsi, des chrétiens récitent le rosaire le matin et, l'après-midi, ils vont chez le sorcier.
Quelles sont les idoles aujourd’hui : celles que l’on honore dans les temples de la modernité c’est-à-dire les stades, les zéniths, les gratte-ciels d’affaire. Les noms de ces banques, de ces assurances, de ces i scintillent dans la nuit en énormes lettres au sommet de ces immeubles. Il est dangereux de mettre en elle notre confiance, notre sécurité, notre assurance. Au mieux cela ne nous protégera que jusqu’à notre mort. Au pire, elles nous feront dériver loin du Ciel, loin de notre vocation.
Mais il y a aussi les idoles qui ne disent pas leur nom…
De nos jours, beaucoup de personnes sont accablées et vont voir des voyants, des marabouts, des gourous, des magnétiseurs, des radiesthésistes, etc…. pour se rassurer. Mais ce n’est pas la bonne voie. Il y a en effet … a) la voie païenne : mages, voyants, sorciers b) la voie ésotérique : comme le nouvel-âge, la franc-maçonnerie, voie initiatique pour acquérir la connaissance par la domination, auto-divinisation. c) la voie humaniste : développement personnel de l’homme calqué sur un modèle, un héros. d) la voie moniste : l’homme dans un processus d’auto-divinisation réalise sa nature divine et devient un libéré vivant : exemple par le yoga, les arts martiaux etc…. il s’agit de la dissolution de l’être, attention danger ! tout l’opposé du chrétien, je vais vers Dieu, je me rapproche de Dieu, je vais vers ma vocation. e) et puis il y a la voie biblique : l’homme est créé par Dieu s’ouvre dans sa liberté à la grâce de Dieu.
Si l’on s’est approché de ces pratiques, on a pu établir un lien avec une idole, un esprit mauvais. Il faut demander une prière de libération.
Dans le domaine de la délivrance, il y a différents degrés : parfois une simple invocation à la Vierge Marie suffit (le démon a horreur de la Vierge Marie car elle lui a tenu tête !), jusque parfois un exorcisme voire plusieurs années de suivi. Différentes prières de l’Eglise doivent être faites.
Nous sommes pêcheurs, malgré le baptême nous sommes tirés vers le péché : on fait le mal alors que l’on voudrait faire le bien. La grâce de Dieu sauve, mais il y a un combat contre notre nature : nous devons perpétuellement rechercher ce qui est bon. « Vous ne pouvez pas boire à la coupe du Seigneur et en même temps à celle des démons ; vous ne pouvez pas prendre part à la table du Seigneur et en même temps à celle des démons. »
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Dimanche 13 septembre 2026. 24° A. Le Valvert Guitard
Frères et sœurs, Ce que Jésus nous dit c’est qu’il ne faudrait pas que nous frappions à la porte du Ciel chargé de rancœur et de rancune et de ressentiment. Le pardon, c’est la grande affaire de nos vies.
Au sujet du pardon, nous faisons plusieurs erreurs :
. « Pardonner, c’est impossible, on ne peut pas oublier ». Bien sûr que l’on ne peut pas oublier. C’est imprimé à vie. Un dessin de Sempé représente un monsieur sur une montagne qui dit à Dieu : « Seigneur, j’ai pardonné à tout le monde, mais j’ai des noms »… ! Mais pardonner c’est, avec la grâce de Dieu, être capable de ne pas réduire l’autre à ce mal, à ce défaut, à cette parole blessante. Avec la grâce de Dieu : un enfant disait dans sa prière : « Pardonne-nous nos péchés comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont tant fessés ».. !
. « Pardonner c’est exceptionnel ». Les fiancés auxquels je parle du pardon l’envisagent seulement en cas d’infidélité. Je leur raconte : J’avais dit aux troisièmes de Notre-Dame du château qu’il était important de réfléchir au pardon, que si un jour on voulait réussir sa vie de couple, il fallait savoir pardonner au moins une fois par semaine à son conjoint. La catéchiste qui m’accompagnait avait raconté ça à sa belle-mère qui avait dit : « On voit bien qu’il est pas marié. C’est sept fois par jour qu’il faut pardonner : les chaussettes qui traînent, la remarque agressive, la voiture encore rayée, les courses oubliées, le beurre pas rangé à sa place dans le réfrigérateur, la lampe de la cave laissée éclairée,…etc »
. « Pardonner c’est injuste ». Mais le pardon ne s’oppose pas à la justice. Le pardon s’oppose à la vengeance. Rien n’empêche quelqu’un d’être assez fort pour ne pas réclamer justice, bien sûr. Mais le pardon s’oppose à la vengeance, pas à la justice.
. « Ce sont les faibles qui pardonnent ». C’est tout le contraire. Dès qu’il y a du pardon, c’est signe que le Saint-Esprit est là. J’avais expliqué aux enfants du caté que si on avait à forger ce mot aujourd’hui on dirait « surdon » parce que c’est un don surnaturel, supérieur à la simple logique humaine ; un petit Lucas m’a dit : « Père, il faudrait dire méga-Don ». Un petit exemple : un petit garçon de trois ans, Valentin, envoie un méchant coup de pied à son grand frère de six ans, Alexis. Leur maman le surprend en flagrant délit, ce qui d’une part, empêche Alexis de se venger et d’autre part, permet à Valentin de savoir qu’il y a des gestes à ne pas faire. Maman dit à Valentin de demander pardon à son grand frère. Valentin bredouille « pardon » à Alexis. « Allez : faites vous une bise » Alexis s’exécute mais il vient dire par derrière à maman : « C’est bien parce que je connais Jésus (… !) ». Jésus nous élèvera toujours au-dessus de nous-mêmes.
. « Pardonner c’est se réconcilier ». Pas toujours. Parfois on ne peut que pardonner parce que la personne en face ne veut pas en entendre parler ou bien parce qu’il faut s’en protéger et que aller lui dire qu’on refait l’accord ce serait s’exposer encore à ses manigances. Or, rien ni personne n’a le droit de nous détruire. On ne doit donner à personne le pouvoir de nous faire du mal.
En fait avec le Pardon, Jésus sauve notre liberté. Jésus sauve notre rapport à Dieu, cela s’appelle la foi. Jésus sauve notre rapport aux autres ; cela s’appelle la vertu de la charité. Jésus sauve notre rapport au temps, cela s’appelle la vertu d’espérance. Jésus sauve notre rapport à la liberté ; cela s’appelle la volonté. Quand nous sommes blessés, nous perdons notre liberté et nous risquons d’être le jouet de nos instincts de rancune, de rancœur, de désir de vengeance bien inscrits en nous par le péché originel, et même le jouet du diable trop heureux de nous diviser. Or, à notre baptême, Jésus nous a donné des pouvoirs surnaturels. Il faut les exercer. Par exemple en faisant ceci : 1. bénir la personne : je lui souhaite quelque chose de formidable pour sa vie. 2. Je demande pardon : cela part du principe que les deux parties sont en cause ; j’ai ma part. 3. Je me laisse aussi bénir moi-même et je fais un vœu pour moi : je proclame une bénédiction pour moi. Je proclame que je n’aurai plus ce type de conflit, que désormais, si je suis dans un tel conflit, tout de suite je me retourne vers Dieu. 4. Je dis « au nom de Jésus, je prends autorité sur cette colère, sur cette tristesse d’avoir été trahi ». 5. Je coupe volontairement ce « lien d’âme » (que ce soit avec un mort ou avec un vivant) ce lien qui a été mal ficelé.
Dès qu’il y a du pardon, il y a la grâce de Dieu. Est-ce qu’on peut pardonner ou demander pardon sans humour, sans autodérision ? Jésus n’a-t-il pas mis une note d’humour dans le Notre Père justement au sujet du pardon. Dieu devrait nous prendre comme modèles ! « Comme nous-mêmes nous pardonnons, tu peux bien nous pardonner » C’est le monde à l’envers ! Mais l’évangile à l’endroit ! Amen !
Les bonus : Pères : à la recherche de la paternité de Dieu
Fête de la Croix Glorieuse 14 septembre 2026
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean : « En ce temps-là,
Jésus disait à Nicodème : « Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »
On le constate depuis le début, depuis deux mille ans : beaucoup d’hommes ne peuvent supporter la croix de Jésus. Les témoins de Jéhovah affirment que Jésus - qui, pour eux, n’est pas Dieu - n’est pas mort sur une croix mais sur un poteau. Dans les pays musulmans, la croix rouge est obligée de repeindre ses ambulances pour cacher la croix. Des musulmans avaient demandé au maire de Paris qu’on supprime les croix vertes des pharmacies. Le Coran n’a gardé que deux articles du credo chrétien : Jésus est bien né de la Vierge Marie et c’est lui qui viendra juger les vivants et les morts. Mais il y est dit que Jésus a été enlevé au Ciel juste avant qu’un autre soit crucifié à sa place, soit Simon de Cyrène, soit Judas. On se rappelle l’histoire de ce jeune qui a transporté seul une croix au sommet des Pyrénées au Pic d’Aneto à 3400 m d’altitude pour remplacer celle que certains avaient jetée en bas de la montagne, une croix métallique de 100kg qu’ils avaient découpée à la meuleuse. Sa propre croix a été démontée quelques jours plus tard. Ce sont des alpinistes espagnols qui l’ont remise en place.
Mais la croix gêne même certains chrétiens. A preuve cet extrait du compte-rendu d'une session internationale sur la prière, extrait un peu ironique : « Dans la plupart des pays, on se confesse pour communier. Les Français surprennent les chrétiens venus d'ailleurs : ils ne font donc pas de péchés puisqu'ils ne se confessent pas ? Au-delà de la diversité nécessaire des théologies plus ou moins centrées sur la faute, il y a certainement un problème en France où l'on positive tellement que le mal ne semble plus exister. Notre temps rêve d'un peuple sans péché, conduit par un Dieu sans colère, vers un royaume sans jugement, sauvé par un Christ sans croix. » Le Pape François disait quele démon déteste tout ce qui a un rapport avec la croix.
Or, la croix est le signe de reconnaissance des chrétiens : alors qu’elle était un horrible instrument de torture et de mort, elle est devenue grâce à Jésus un signe d’amour, de paix et de vie. Dans nos vies de chrétiens d’ailleurs, co-existent toujours la souffrance et la joie. Et toute la vie spirituelle, (sacrements, prières, évangélisation) n’est que la mise en œuvre et le fruit de ce qui s’est passé le Vendredi-Saint.
La croix signifie de multiples choses.
- Le mal est vaincu. Quand les historiens étudient ce qui s’est passé dans une guerre, ils disent : « c’est cette bataille qui a été décisive ». Les combats ont continué mais à partir de ce jour-là, la guerre était gagnée. Le problème c’est que certains chrétiens vivent comme cet homme perdu sur une île du Pacifique. Quarante ans après la guerre de 39-45, il vivait encore dans la peur parce qu’il ne savait pas que la 2ème guerre mondiale était terminée. Un ami prêtre, lorsque nous nous prenons la tête en réunion, nous dit volontiers : « Si je peux vous rassurer : la rédemption est déjà accomplie ». Nous ne vivons pas pour remporter une victoire mais pour gérer une victoire. La croix est comme une échelle déjà disposée. A nous de la prendre.
- La Croix signifie que Dieu est descendu aux enfers : il faut distinguer les enfers et l’enfer. Les enfers : on pourrait traduire par les « bas-fonds » de l’humanité. Aucun homme ne pourra jamais dire : « Pour moi, Dieu n’est pas descendu assez bas ». Aussi bas que quelqu’un puisse descendre dans le vice, il trouvera Jésus.
Quelle espérance ! La croix est comme une ancre à laquelle on peut s’arrimer solidement.
3) La souffrance n’est pas à rechercher mais quand elle ne peut pas être évitée, elle est aussi porteuse de résurrection puisque Jésus « est venu la remplir de sa présence » selon le joli mot de Claudel. « La croix c’est une fenêtre » avait dit joliment une petite fille en pensant sans doute aux croisillons de certaines ouvetures.
Les théologiens des premiers siècles comparaient la croix à une charrue. Elle laboure notre terrain pour développer notre capacité d’aimer.
- Une année, pour sa prédication du Vendredi-Saint au Vatican, le cardinal capucin Raniero Cantalamessa posait la question : « Que faire pour garantir à quelqu'un que telle boisson ne contient pas de poison ? » Il répondait : « La boire avant lui, devant lui ! C'est ce que Dieu a fait avec les hommes. Il a bu la coupe amère de la passion. La souffrance humaine ne peut donc pas être empoisonnée, ne peut être seulement négativité, perte, absurdité, si Dieu lui-même a choisi de la goûter ». Mais « Au fond de la coupe, il doit y avoir une perle, a-t-il ajouté. Le nom de la perle, nous le connaissons : résurrection ! »
C’est le caducée des professions médicales, le serpent au sommet d’un mât, symbole repris de l’évangile selon saint Jean.
Le pape Jean-Paul II a écrit : « Si l'agonie de Dieu sur la croix n'avait pas eu lieu, la vérité que Dieu est Amour serait restée suspendue dans le vide. » La croix échelle, ancre, charrue, caducée, n’est pas un anesthésiant mais un fortifiant.
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