11 mai 2025 Dimanche du Bon Berger et de prière pour les vocations

Jean (Jn 10, 27-30) : «En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

L’évangile de ce 4° dimanche de Pâques est très court. On peut le commenter ligne par ligne.

« Mes » : cet adjectif possessif est tellement affectueux ! Tout baptisé peut dire : « Je suis « de Jésus » !

« Brebis » Ce n’est peut-être pas la première comparaison que nous aurions choisie mais c’est pourtant tellement beau. Le Père curé de mon enfance était nommé dans des paroisses où il fallait construire des « maisons des œuvres » parce qu’il savait faire le bûcheron, le maçon ; c’était un travailleur infatigable. Mais il devait aussi solliciter ces ouailles pour payer les factures. Il disait avec malice : « Quand je paraîtrai devant le Seigneur, il me dira : « Alors, Jean, as-tu été un bon berger pour mes brebis ? » Je lui répondrai : « j’ai essayé, Seigneur ; en tout cas, il y a une chose qui est sûre, c’est que tes brebis je les ai toujours tondues de près, de très très près. » … !   Etre comparé à une brebis cela peut faire niais, grégaire, mais y a-t-il meilleur symbole de tendresse, de délicatesse, de non-violence, de douceur, de docilité ?

« écoutent » : dans l’écoute il y a plus qu’entendre. « Je lui avais conseillé de prendre telle route mais il ne m’a pas écouté. » Ecouter, c’est donner sa confiance. Ecoute : c’est le premier mot de la Règle de saint Benoît qui se termine par « et tu parviendras ».

« Ma voix » : une voix c’est très caractéristique. Quand vous décrochez votre téléphone, dès le premier « allo », vous savez qui est au bout du fil. La voix de Jésus, il arrive un jour où vous la reconnaissez entre mille.

« Je les connais » : ça c’est le christianisme. Il y a un moment dans notre parcours religieux où soudain les idées deviennent une personne, où on a la certitude que notre nom est inscrit dans les cieux, où l’on sait que Le Seigneur sait exactement le nombre de nos cheveux. Sainte Thérèse : « Et moi, j’étais avec Dieu comme une petite fille sur les genoux de son papa, et qui se croit tout permis. » Ca c’est la religion chrétienne. Un garçon a vécu trois grands traumatismes dans son enfance. Chacun aurait pu bouziller sa vie à lui tout seul. Mais arrivé en cinquième, en internat, une nuit, Jésus l’a visité et lui a dit : « J’ai besoin que tu sois mon ami. » Pas « je t’aime ». Pas « je suis ton ami » mais « j’ai besoin que tu sois mon ami ». Il a pris très au sérieux cette Parole qui l’a bouleversé. Cette Parole est devenue sa force. Aujourd’hui il est un époux comblé, un papa très heureux, chef d’entreprise d’une PME de 120 salariés, et à la tête d’une association qui s’occupe de 400 jeunes des banlieues, toujours aussi proche de Jésus.

« Et elles me suivent » : Jésus est devant nous. Nous sommes dans son sillage. Ça nous rassure et c’est notre fierté.

« Je leur donne la vie éternelle ». La vie c’est un cadeau merveilleux. Il nous a été offert absolument gratuitement, et pas pour un temps limité mais pour l’éternité. C’est somptueux d’exister ! Ce n’est pas quelqu’un d’autre ! C’est bien moi. On comprend la prière de sainte Claire d’Assise toute simple : « Merci mon Dieu de m’avoir créée ! » Le corps se déglingue mais l’âme ! L’âme c’est extraordinaire ! J’ai le sentiment qu’elle rajeunit de jour en jour ! Il ne faut pas que j ’aille trop vite ; on dirait que je tombe en enfance ! Au Ciel, l’ennui on ne saura pas ce que c’est. La tristesse, de quoi tu parles ? La déception ? c’est quoi ce mot ? L’échec, c’est quoi ? Il faut se placer dans la perspective décrite dans le Livre de l’apocalypse (2° lecture) : « ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif. Ni le soleil ni la chaleur ne les accableront puisque l’agneau sera leur berger pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toutes larmes de leurs yeux. »

« Jamais elles ne périront. Personne ne les arrachera de ma main. » Nos contemporains sont un peu comme quelqu’un qui se réveillerait sur un bateau au beau milieu de l’océan. D’où je viens ? Je ne sais pas.  Où je vais ? Je ne sais pas. Qui m’a mis dans ce bateau ? Je ne sais pas. Pour quoi faire ? Je ne sais pas. Edmond Rostand : « Nous venons de rien. Nous allons vers rien. Nous ne sommes rien. » Ce n’est pas très grisant. Eh bien l’évangile nous répond : quelles que soient les circonstances dans lesquelles il a été conçu, chacun existe d’abord parce qu’il a été désiré par Jésus. 

« Mon Père est plus grand que tout ». 

« Personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi nous sommes un. » On ne peut rien arracher au Père, arracher au sens d’obtenir par force ou par négociation. On ne peut que recevoir. On ne peut que célébrer son Nom. On ne peut que dire « Amen » « je valide ». Voilà pourquoi Jésus a institué le sacerdoce, le sacrement qui fait les prêtres. Pour perpétuer partout et dans toutes les générations la joie éternelle de l’unité du Père et du Fils, la joie de cette communion éternelle mise à notre portée par le baptême et la confirmation et entretenue par la messe. Le prêtre est l’homme de la communion. Quand il confesse, il chasse l’esprit de division. Quand il célèbre la messe, il donne Jésus qui unifie chacun et qui fait l’unité (comme l’axe de la roue de vélo rapproche les rayons les uns des autres). 

Les prêtres sont des humains. J’aurais été Dieu, j’aurais choisi des archanges pour transmettre la joie de l’évangile. A saint Jean-Marie Vianney futur saint curé d’Ars, menacé d’être exclus du séminaire, pour insuffisance intellectuelle. « Vous n’êtes qu’un âne ». Réponse de saint Jean-Marie : « Avec une mâchoire d’âne, le Seigneur a mis en déroute 10000 philistins. Que ne fera-t-il pas avec un âne tout entier ? »

Brebis ou âne, que le Seigneur nous garde à notre juste place. Amen !

Les bonus : Ignis, alias Benoît Plaut… Nous parle de son parcours de foi