11 décembre 2025. Quel regard Jésus porte sur Jean-Baptiste et quel service Jean-Baptiste rend à Jésus ?

« En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « Amen, je vous le dis :

Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux

est plus grand que lui. » (Mt 11,11)

Aujourd’hui, nous pourrions essayer d’imiter Jésus dans sa façon de dire son admiration pour son cousin. C’est sublime.

Il aurait pu dire « J’aime beaucoup Jean. Cependant, enfin… ne croyez pas que je dise cela pour critiquer. Mais tout de même sa façon de s’habiller. Du poil de chameau ! C’est sans doute pour se démarquer de ses parents…Et puis il se néglige trop au niveau nourriture : du miel et des sauterelles ! Je ne dis pas ça pour critiquer mais il manque de foi ; vous allez voir qu’un jour il va m’envoyer une délégation pour savoir si je suis bien le messie. Sa maman lui  a pourtant raconté ! Et – mais attention nous avons  tous nos défauts, je ne critique pas – je sens qu’il y a  – oh peut-être pas de l’orgueil mais  – de la vanité dans sa façon de parler avec sévérité. Le Bon Dieu n’en demande pas tant. Vous allez voir qu’un jour, il va en perdre la tête (… !) »

Ma génération au moins, nous avons été formés (déformés !) à la dictée « cinq fautes = zéro ». Si nous pouvions nous exercer à identifier le bien chez l’autre plutôt que la faute ou l’erreur, et à le dire tout haut, à le lui dire à lui, et à le dire aux autres ! L’épitre aux Hébreux nous invite (Héb 3,13) « Encouragez-vous les uns les autres. » Mais nous sommes sans doute un peu sourds et nous entendons : « Corrigez-vous »… « La gratitude est une vertu qui se cultive en famille », affirme le père Lionel Dalle dans son livre Le miracle de la gratitude (Éditions Emmanuel). Et pour inciter chacun à prendre part à ce bel exercice, il propose une activité simple et ludique appelée « l’arbre de gratitude » : « Dessinez un arbre et collez-le sur un mur. Chaque soir, venez tous déposer votre moment préféré de la journée, écrit (en secret) au verso d’un post-it. Le dimanche, lisez ensemble les joies de la semaine et louez le Seigneur pour les merveilles de vos vies ! ». Un excellent exercice pour petits et grands, pour apprendre à reconnaître les bienfaits et les dons qui émaillent nos journées, et pour acquérir le réflexe de remercier l’auteur de ce bienfait, qu’il soit son conjoint, son enfant, son père ou sa mère, ou encore le Seigneur, et tendre à ne parler qu’en termes positifs. Certains réussissent très bien : Jean-Luc, un ouvrier du bâtiment a cette belle expression, quand il veut faire comprendre à quelqu’un qu’il est « sans-gêne » : « Toi, il y a deux endroits où tu es bien : chez toi et chez les autres » ! …

Jésus continue : « Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » (Mt 11, 13-15)

Élie, le retour !  Jean le Baptiste est pour nous une figure familière, et nous sommes heureux d’entendre Jésus en faire l’éloge. Mais tout d’un coup surgit un intrus : que vient faire Élie dans cette histoire ?

Dans la tradition juive, Élie est le plus grand des prophètes. Nous le retrouvons d’ailleurs aux côtés de Moïse lors de la Transfiguration de Jésus. Le Livre des Rois nous montre Élie luttant, au péril de sa vie, contre l’idolâtrie. Élie annonce la parole de Dieu et Dieu lui donne d’accomplir des signes puissants pour attester de son autorité. On dit d’Élie que « sa parole brûlait comme une torche » apportant la lumière de la vérité dans les ténèbres de l’erreur. Jean le Baptiste et Élie partagent donc la même mission de détourner le peuple de sa conduite mauvaise pour le ramener sur les chemins du Seigneur. Mais Jean le Baptiste n’est-il pas plus qu’un lointain successeur d’Élie ?  Dans le récit biblique, Élie n’est pas mort, il a été emmené au ciel dans un char de feu. Et depuis, la tradition rapporte qu’Élie reviendra avant la venue du Messie. Si Jean le Baptiste est le prophète Élie « qui devait venir », alors Jésus est le Messie. Cette référence à Élie ne nous touche pas beaucoup aujourd’hui, mais pour les contemporains de Jésus, le message était très clair : Jésus est notre Sauveur.

Élie et Jean le Baptiste sont deux très belles figures du « disciple-missionnaire » : ils se nourrissent de la Parole de Dieu au point que toute leur vie la proclame. Le Père Timothy Radcliffe raconte : « Accueilli dans la chambre d’amis de gens que je connaissais et incapable de dormir après avoir donné une conférence, j’ai allumé la vieille télé, qui ne disposait que d’une chaîne. J’ai regardé un acteur comique qui ridiculisait la religion. Ce n’était pas méchant, c’était même plutôt drôle mais le message général était clair : « Il faut être vraiment naïf pour croire tous ces trucs : la résurrection des morts, sacré bon sang … !!! » Toute personne ayant un tant soit peu de sens commun peut voir que c’est de la bêtise ; c’est manifestement faux. Les gens naïfs sont en fait ceux qui croient que les seules vérités recevables sont celles qui sont évidentes pour le sens commun et peuvent être comprises à la lettre. Et pourtant, dans cette circonstance, son type d’humour emporta l’adhésion de la foule. Son regard fit le tour de la grande salle où des centaines de gens partageaient son dédain et il demanda si quelqu’un était chrétien. Un jeune homme à l’air affable et sans malice leva la main. Il y avait quelqu’un qui était prêt à porter la honte. » La mission incarnée par Elie-Jean-Baptiste se poursuivait. Seigneur, puissions-nous leur ressembler !

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(5715) Les cinq raisons de ne pas manger halal -793 – YouTube