Samedi 11 juillet - Des ronds dans l’eau

Que Jésus nous invite à imiter une veuve casse-pied, et que lui-même se mette en scène comme un juge qui n’en a rien à fiche des gens, c’est dire combien il attend notre prière.

Pourquoi la prière. Une des réponses est donnée dans un épisode de l’ancien Testament. Josué , chef d’armée livre le combat contre les ennemis d’Israël, les Amalécites ; il gagne tant que Moïse a les bras levés. Cela préfigure la croix. Chaque fois qu’un chrétien prie dans le secret de sa chambre ou en église, rapidement ou en prenant son temps, c’est la Victoire du christ conte tout la qui est vécue. Car Jésus est victorieux du mal. La victoire est acquise. C’est comme dans une guerre. Quand la paix est revenue les historiens disent : la bataille décisive a été celle-ci. Les combats les escarmouches ont continué mais la guerre était pliée.

Exemple.

Une maman venait de perdre un enfant (qu’y a-t-il de plus douloureux pour une maman ?) Elle se met à crier vers Dieu sa détresse. Elle crie à l’injustice. Et puis subitement, elle se reprend et elle dit : « Non, je n’ai pas le droit. Je blasphème. Ce n’est pas que mon enfant, c’est aussi ton enfant. » Et à ce moment-là, elle ressent une joie étonnante qui jaillit du fond de son cœur. Elle va trouver un prêtre parce qu’elle est très culpabilisée de cette joie. » Le prêtre l’écoute attentivement et pour lui, il ne fait aucun doute : c’est la joie du Saint Esprit. Saint Paul n’a pas dit : « Si c’est dimanche matin, que vous avez pu faire la grasse matinée, que les enfants sont très câlins, qu’il fait beau, que tout se présente bien, louez ». Non ! Il dit « en toutes circonstances, louez… »

Comment prier ?

Un Père curé rendait visite, ce jour-là, à un paroissien bien peu pratiquant parce qu’on lui avait signalé qu’il n’allait pas bien du tout. Malgré toutes ses tentatives, monsieur le curé n’arrive pas entendre le son de sa voix. Il est sur le point de partir mais auparavant, il lui propose de dire un Notre Père. « Vous l'avez bien appris dans votre enfance quand vous étiez à l'école chez les Frères, n’est-ce pas ? ». Et à sa grande surprise, il entend Baptiste se mettre à dire son Notre Père, à l'ancienne : « Notre Père qui êtes z’aux cieux... que votre règne arrive... ne nous laissez pas succomber à la tentation... » Mais il arrive au bout : « Ainsi soit-il ».  Monsieur le Curé lui propose de réciter le « Je vous salue Marie ». Monsieur le Curé essaie alors de proposer à nouveau une visite, un médecin ou un repas. Mais il retrouve le même silence. Alors il se lève et s'en va lentement en reculant : « Puisque vous me dites que vous n'avez besoin de rien, je vous laisse » ... Et au moment où il se retourne pour ouvrir la porte, il entend Baptiste lui dire du fond de son lit : « Je sais aussi mes départements » ... ! Baptiste avait appris ses prières comme on apprenait les départements français, les préfectures, les sous-préfectures.

Qu’est-ce que la prière ? C’est essentiellement un dialogue le plus entretenu possible avec le Seigneur. 1 Thess 5,16-19 : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus ». (ce serait un volontarisme terrible si nous n’ajoutions pas la fin) : « N’éteignez pas l’Esprit. »

La prière consiste en ceci : amorcer la pompe. Il y a des jours où tout foire. Des emails à n’en plus finir, des coups de fil, des sollicitations de partout, des déceptions, des contrariétés, des oppositions… Si, par miracle, je dis : « Seigneur, c’est pour toi… » Si par ce miracle au carré, je loue le Seigneur, tout va bien. Pourquoi ne le faisons-nous pas ? Parce qu’il s’agit de combat spirituel. Il y en a un qui nous fait oublier de louer. Amorcer la pompe c’est se tourner vers le Seigneur consciemment, établir le contact avec lui résolument. Pour un temps un peu conséquent avec des prières toutes faites (comme Baptiste !), ou dans un cœur à cœur. Il faut se rappeler que la première qualité de notre prière ce n’est pas l’absence de distraction (d’ailleurs, un grand prédicateur de retraite disait à ses retraitants : « si vous n’avez pas de distraction dans vos prières, c’est que vous êtes malades ».. ) ce ne sont pas les résultats obtenus, ce n’est pas l’intensité, ce n’est pas la longueur, c’est la régularité, l’assiduité. 

Il faut se rappeler que notre prière a des fluctuations suivant que nous sommes en pèlerinage ou dans nos meubles, en bonne santé ou malades, en vacances ou au travail, la nuit ou le jour (Tiens la nuit, quand vous avez des insomnies, au lieu de compter les moutons, parlez donc au bon Berger !). A certains moments, on dit facilement le chapelet, à d’autres, plutôt la prière du Cœur (répéter répéter répéter « Jésus Christ Fils de Dieu sauveur prends pitié de moi, pécheur, en se basant sur la respiration inspiration expiration). Pour nourrir notre prière, penser aux mots magiques : MERCI Sil TE PLAIT PARDON JE T’AIME.

Mais cela peut être aussi par des prières lancées comme des flèches.  Tout le monde sait que saint Philippe Néri était un saint rigolo. A la manière des Pères du désert, il conseillait les oraisons jaculatoires, ces petites prières furtives que l’on peut lancer au Seigneur à tout moment de la journée tout en travaillant : « Seigneur ouvre mes lèvres, Seigneur, je t’aime, Seigneur, viens vite à mon secours, Seigneur pardonne-moi, Seigneur fais-moi connaître ton amour ! »  Des historiens en ont identifié près de deux cents dont on est sûr que saint Philippe les ait dites. Parmi celle-ci, il y en a une dans laquelle il est tout entier : « Seigneur, méfie-toi de Philippe ».

La prière ça fait des ronds dans l’eau, cela va plus loin qu’on ne le pense.

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Lundi 13 juillet - Un salut démesuré

Dans ses lettres, saint Paul nous parle souvent de Justice et de foi. Et ainsi il nous expose le renversement copernicien qu’il a vécu. En tant que pharisien, il mettait l’espérance de son salut dans le fait d’accomplir scrupuleusement les 613 commandements répertoriés. Mais cela ne fait que rendre orgueilleux et méprisants. Cela a conduit les pharisiens à s’opposer violement à Jésus et saint Paul à persécuter les chrétiens. Mais voilà que sur le chemin de Damas, il découvre qu’être sauvé c’est une pure grâce. 

Le péché nous a privés de la Gloire de Dieu. Impossible désormais de le rejoindre. Nous le voyons tous les jours dans les nouvelles de nos élites et dans les faits divers. Mais Le Christ, lui, a réussi à rester ajusté au Père malgré la violence subie, les tentations proposées, les oppositions virulentes et sournoises, les circonstances plus qu’exécrables. Comme Jésus s’est mis à notre portée. Si nous nous unissons à Lui, par la foi, nous pouvons être hissés au niveau de Dieu.  Non seulement Dieu nous aime, mais il a donné en Jésus Christ les moyens de lui répondre réellement.

Pour saisir un peu l’énormité du Salut, il faut se rappeler l’immensité de Dieu, ce que l’on appelle sa Transcendance lui qui a pensé tout à partir de rien, et ensuite effectivement posé dans l'existence ; et ça marche depuis des millénaires ! Il n'y a eu besoin d'aucune reprise aucun réajustement.

Une petite fille dit à sa maman : - « Maman, j’ai envie de dessiner Dieu. - Prends tes couleurs et du papier et dessine. La petite fille installe ses affaires sur la table. Elle réfléchit longuement. Soudain elle revient vers sa mère.  - Maman, est-ce qu’il est grand, Dieu ?  - Oui, ma fille, Dieu, Il est très grand ! La petite fille réfléchit longuement devant son papier. Puis elle revient et dit :  Maman, j’ai décidé de ne pas dessiner Dieu, j’ai trop peur de l’abîmer. »

Ne nous laissons pas avoir par le matérialisme ambiant. Un jour, les belles choses de l’univers tinrent conseil. Le soleil disait: « Je suis beau, Rayonnant d’une grande splendeur! Mais Dieu est mille fois plus splendide que moi… Les étoiles disaient: « Nous brillons de toutes nos forces. Et de nuit, le ciel est un véritable feu d’artifices. Mais Dieu est mille fois plus lumineux que nous. Les fleurs disaient: « Nous sommes des milliers, de toutes espèces, Parfumées de bonnes odeurs, Parées de belles couleurs. Nous sommes des miettes de la Beauté de Dieu.

Et ce que nous voyons n'est rien à côté de tout l'univers invisible, que nous professons dans le Je crois en Dieu. Les milliards de milliards de myriades d'anges en fête, les intelligences créées immatérielles éclairées par la Raison éternelle qu'est Dieu, qui le connaissent et se connaissent elles-mêmes en lui et toutes choses.

On raconte qu’un jeune garçon avait sauvé la vie d'un calife. Le calife magnanime promet de le récompenser. L'enfant n'a qu'à dire ce qu'il veut. L'enfant va simplement chercher le damier pour jouer aux échecs, et il dit au calife qu'il aimerait être récompensé en grains de blé : qu'il mette un grain de blé sur la première case puis deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, huit sur la quatrième et ainsi jusqu'à la soixante quatrième. Il suffit de doubler à chaque fois. Le calife se met à rire bruyamment. « C'est tout ? Mais, j'aurais pu t'offrir bien plus ! »... Seulement voilà. Avec ce système-là, arrivé à la soixante-quatrième case, il faudrait l'équivalent en grains de blé d'un cube qui aurait dix kilomètres de côté par dix kilomètres de hauteur, c'est-à-dire la superficie de la France sur une hauteur d’un mètre. Conclusion : Méfiez-vous des mathématiques. Méfiez-vous aussi de Dieu quand il vous parle de centuple, de vie éternelle, et de résurrection. Dieu est plus magnanime que nous. Avec lui, on sera toujours surpris. Avec lui il faut toujours voir plus haut, plus grand, différent.

Qu’est-ce que cela change ?  L’espérance. Quelle est la différence entre espoir et espérance ?  L’espoir c’est penser que tout finira bien par s’arranger. L’espérance c’est la certitude que tout a un sens, que ça finisse par s’arranger ou non. Dans la Bible l’espérance est symbolisée par une ancre, soit l’ancre de l’alpiniste qui lui permet de se hisser sur le sommet de la falaise, soit l’ancre du bateau qui lui assure la sécurité. L’espérance concerne l’Au-delà mais l’espérance concerne aussi le quotidien. L’espérance nous fait regarder vers le Ciel. Dans la cavalerie militaire, il y a cette devise : « Jette ton cœur par-delà l’obstacle et ton cheval ira le chercher ». La mort est ses prémices que sont la maladie, la motricité réduite, la mémoire qui joue des tours, sont des obstacles. Mais si notre ancre est plantée dans le Seigneur qui dit qu’il est en Personne la résurrection et la Vie, nous ne sommes pas des vivants qui allons vers la mort mais des mortels qui allons vers la vie, vers la planitude de la vie.  Mais l’espérance nous ancre aussi dans le réel.

Frère Georges est décédé récemment à 85 ans; il a passé les huit dernières années de sa vie en communauté avec ses frères, faisant tout ce qu’il pouvait pour participer aux services mais il était très fragile. Il avait de gros ennuis de santé, à cause de son cœur et de ses reins qui dysfonctionnaient. Or, peu de temps avant que frère Georges ne meure, un frère était allé prêcher une retraite. En rentrant il lui demande : « Frère Georges comment allez-vous ? » Réponse : « A part tout ce qui va mal, tout va très bien »…   

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Mardi 14 juillet - Jésus Prêtre

Nous connaissons bien le récit de guérison des dix lépreux. Et nous comprenons facilement que Jésus nous invite à la gratitude. Il nous encourage à la reconnaissance. Mais cela pose un peu question : après tout, les neuf lépreux guéris ont obéi à Jésus puisqu’il leur avait dit d’aller se montrer aux prêtres. « L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » Alors je vous donne l’explication assez originale que nous donnait le Père Jean Galot, prêtre jésuite qui nous enseignait la Christologie, c’est-à-dire le mystère de la personnalité et de la mission de Jésus. Il fait remarquer que ce lépreux, dès qu’il a été guéri, a eu l’intuition que désormais le seul prêtre c’est Jésus. Fini le sacerdoce qui se déployait au Temple de Jérusalem. Cela ne se terminera effectivement qu’en 70, c’est-à-dire 35 ans près la mort de Jésus, mais l’épitre aux Hébreux explique en long et en large que Jésus est désormais le seul Grand-Prêtre.

Parmi les perles du bac il y a celle-ci : « Qu’est-ce qu’un druide ? Réponse d’un garçon de terminale : « Un prêtre à l’état sauvage »… ! Le Père Paul Best  avait été nommé curé d'un gros bourg et de plusieurs villages alentour. Le dimanche suivant son installation dans le plus important des clochers, il s'en va dire la messe dans une des églises qu'il doit aussi desservir. Comme il n'y est encore jamais allé, il part plus tôt pour être sûr de trouver la clef de la sacristie, d'avoir le temps de vérifier que la sonorisation fonctionne bien, de se mettre au courant des habitudes auprès de la dame qui s'occupe de la sacristie, et d'être prêt à l'heure. Il arrive sur la place de l'église, et se gare tranquillement. Les rues sont quasiment désertes, mais en sortant de sa voiture, il aperçoit un homme en bleu de travail qui pousse sa brouette. Heureux à l'idée de faire connaissance de son premier paroissien, il s'avance vers lui, lui tend la main en disant : « Je suis votre nouveau curé »... Le paroissien en question s'arrête, pose sa brouette, mais il dit au curé un peu interloqué : « Je ne serre pas la main au chef des druides »... Dans toutes les cultures et les religions, des hommes ont été chargés de mettre le peuple en lien avec la divinité et désignés pour accomplir des rites sacrés. Mais le sacerdoce catholique est d'une toute autre nature. « Le prêtre n'est pas un sorcier, dit Guy Gilbert, mais un sourcier. » Il n'est pas l'homme du sacré, mais le disciple de Jésus qui a assez de candeur et de foi pour penser qu'il peut aussi être un apôtre. Le Père André Manaranche s’est rendu célèbre avec son livre « Prêtre à la manière des apôtres ».

Je garde précieusement le souvenir d'un petit Loïc. Il a six ans. Sa maman l'amène régulièrement à la messe. Au début des vacances de Toussaint il a aussi participé à la célébration d'éveil à la foi que j'animais. Le lendemain, il se retrouve chez une tante qui habite à une trentaine de kilomètres de chez eux. Loïc raconte à sa tatie ce qu'il a vécu la veille. Sa tante lui dit tout à coup : « Loïc, tu me parles de Pierre ; mais qui est ce Pierre ?… » Et Loïc, après deux secondes de réflexion et un haussement d'épaules explique : « C'est une sorte de Jésus qu'on trouve dans les églises » ! N'est-ce pas une belle définition du prêtre ?

Le Cardinal Sarah souligne : le prêtre n'est pas « un autre Christ », mais « le Christ lui-même » et il ne dit pas « ceci est le corps de Jésus », mais « ceci est mon Corps ». Il n'y a pas cependant de « transsubstantiation » du prêtre au Christ, car dans la transsubstantiation, le pain est changé au Corps, tandis que dans l'ordination la personne du prêtre demeure, et c'est par l'Esprit Saint en vertu d'une alliance indissoluble que le Christ est toujours avec lui et en lui pour rendre présent son Sacrifice et son Sacrement au bénéfice de toute l’Église, quels que puissent être par ailleurs les héroïsmes ou les trahisons du prêtre. Le mystère du Sacerdoce se joue au niveau de son être objectivement consacré, et non pas au niveau de son agir saint ou pécheur.

Un jour, pendant la messe, un petit garçon dit à sa maman, en regardant le prêtre célébrer : « Maman, je voudrais bien être prêtre. »  Intérieurement, la maman se dit : « Amen, merci Seigneur. Comme c'est formidable, je ne suis pas digne d'une telle grâce. » Et à ce moment-là, elle entend l'enfant continuer : « Oui parce qu'un prêtre, ça ne travaille que le dimanche. »

Le ministère du prêtre est irremplaçable. Prenons une comparaison : C'est la guerre. Un père est fait prisonnier. Dans sa famille, on s'organise : épouse et enfants se répartissent les tâches et tentent de suppléer son absence. On ira jusqu'à embaucher quelqu'un pour les gros travaux. Cependant, la situation est-elle devenue normale ? Etre père, est-ce seulement un ensemble de tâches que des suppléants pourraient assumer ? N'est-elle pas plutôt une présence aimante, près d'une épouse et des enfants ? Il en est de même du prêtre dans l'Eglise. Il n'est pas d'abord celui qui fait ceci ou cela. Signe vivant du Christ, il est consacré, ordonné pour être cette présence aimante et active de Jésus ressuscité au cœur de sa famille.

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Mercredi 15 juillet - Bénédiction des cartables.

Au seuil de l’année scolaire je vais d’école en écoles pour bénir les cartables au cours de célébrations qui regroupent tous les enfants. Est-ce que ce n’est pas de la superstition?

Est-ce que ce n’est pas entretenir la croyance que Dieu est comme une espèce d’assurances tous risque ou quelqu’un qui facilite la tâche ? Et à la limite est-ce que ce n’est pas entretenir la paresse ?

Je leur dis deux choses. La première en leur racontant ce fait qui peut être entendu comme une parabole. Un jeune prof a déclenché un chahut monstre dans sa classe en leur montrant un billet de 50 euros.
" Qui le veut ? Evidemment tous étaient intéressés.... Il le plie en deux" Et maintenant qui est intéressé ? "... Tous évidemment. Il le plie en 8. " Qui le voudrait ? " Tous. Il le déplie et le chiffonne. Ajoute une toile d’araignée puis saupoudre de craie. Beurk..  "  puis le piétine. Et maintenant qui est intéressé par ce billet ? " Toutes les mains se lèvent... " Pourquoi désirez-vous ce billet même s'il est chiffonné, plié... ? Parce qu'il a gardé sa valeur. Rappelez-vous toujours ceci : même si vous vous sentez chiffonné, abîmé, froissé, piétiné…  vous conservez toujours votre valeur. Etre béni c’est recevoir l’assurance que je suis unique aux Yeux de Dieu, que j’ai du prix à ses yeux, que je suis unique dans sa collection, irremplaçable.

Deuxièmement recevoir une bénédiction à travers le cartable, c’est recevoir ce qu’il faut pour être une bénédiction vivante. Le cartable d’un enfant parce qu’il contient les cahiers , la trousse, les livres, mais aussi les mots des parents ou de la maîtresse, et même le goûter ou le vêtement de pluie représente toute la vie.  De mon cartable il peut sortir des choses que Jésus ne bénit pas . Exemple.  Julien a une bonne idée pour sécher l’école : - Allo c’est la maîtresse ? je vous téléphone pour vous dire que Julien est malade. - Et qui est à l’appareil ? - C’est mon papa. … ! cette tricherie-là ne marche pas mais d’autres marchent hélas. Le mensonge, les gros mots exclure les autres, procrastiner, autant de choses qui font de la peine à Jésus. Les insultes. (Pingouin) La paresse : attends !

A l’inverse je peux être une bénédiction vivante. Jésus dit Tu peux être sel de la terrer. Le sel a plusieurs usages très importants. Je les leur rappelle en les illustrant avec des anecdotes d’un petit garçon qui est né avec des handicaps moteurs cérébraux ; Il a marché à 4 ans, il n’a pas parlé avant quatre ans ; et aujourd’hui encore il s’exprime très peu ? Mais parce que grâce à ses parents Jésus est au cœur de sa vie, il est une bénédiction vivante. Jésus nous dit « vous êtes le sel de la terre ».

Donner du goût : « C’est notre soleil ! » « Quel bonheur de l’avoir ! » « Heureusement que nous l’avons ! » Timothé apprend tout avec plus de lenteur mais il est une bénédiction vivante..  Un jour, toute la famille est partie dans un bois à la recherche de champignons. Or Timothé trouve un joli cèpe. Il se baisse pour le contempler avant de le cueillir et il se met à chanter la chanson de Christophe Maé ! « Il est où le bonheur ? Il est où !Il est là ! » Cette chanson invite à chercher le bonheur dans les choses toutes simples de la vie de chaque jour. Toute la famille est remplie de joie car Timothé s’exprime très peu et ne sait pas dire ce qu’il ressent profondément. Mais ce jour-là, lui est venu de l’exprimer par cette chanson…

Il avait aussi repris spontanément cette chanson dans la salle d’attente lors d’une visite chez le neurologue au moment de ses crises d’épilepsie. Moyennant quoi, il avait déclenché le rire général chez tous les patients et leurs accompagnateurs qui attendaient leur tour.

Le sel conserve, le chrétien permet de durer : Timothé jouait avec ses voitures et chantait en même temps "regarde l'étoile invoque Marie si tu la suis tu ne crains rien" à tue tête et en boucle ! Pour sa maman c’était  comme si dans son inconscient un petit ange était là pour veiller sur lui et le lui le rappelle par ce chant... d'autant que je ne me rappelle pas à quand la dernière fois il l'a entendu et en plus tout près de la fête de l'Immaculée Conception si ça c'est pas un clin Dieu !!!!!

Le sel fait fondre le verglas. Il Permet de ne pas aller dans le ravin. Une autre fois, à la maison, dans la cuisine, sa maman a une discussion tendue avec un de ses grands-frères. Face à un problème du grand jeune homme, lui-même et sa maman ne sont pas d’accord sur la solution et ils discutent de pied ferme. La maman commence à soupirer. Timothé, lui, est en train de jouer au salon. La porte de communication entre les deux pièces est ouverte. De l’autre côté de la cloison, ils l’entendent dire une parole de son arrière grand-mère que sa maman dit de temps en temps : « Mon Dieu je vous l’offre… ! » Cette prière est tout à fait inattendue parce que sa maman ne l’a dit tout de même pas aussi souvent que son arrière grand-mère et que cette expression ne lui a jamais été expliquée. Cette prière spontanée a enchanté toute la maison et bien détendu l’atmosphère. La maman aurait pu « glisser » dans le découragement ou la tristesse. Ce mot l’a gardée sur la route de  la joie et de l’espérance.

Le sel est dans le corps un fixateur d’humidité (Capter l’amour de Dieu la prière).   Timothé est inscrit à la catéchèse de CE1 « Dieu fait pour nous des merveilles. » Le programme est une alternance de temps en groupe et de temps à la maison. Chaque séance comporte la séquence du mot mystère à deviner. Ce jour-là, sa maman lui épèle patiemment le mot DIEU. Et voilà que Timothé remplace le point du i par un…cœur ! Alors qu’il ne fait jamais de cœur sur les « i »… ! Combien d’adultes associent Dieu et cœur aussi spontanément ?!

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Interview du père François Potez : «Comment dire "oui" à Dieu!» #radiomaria