3°dim. A 2026. Les Carmes CONVERSION

Frères et sœurs, Le commencement absolu de la prédication de Jésus est comme le résumé de sa prédication. « Le temps est accompli, le royaume de Dieu est parmi vous. « Convertissez-vous et croyez en l’évangile ». Avant le Christ, lorsqu’on parlait de conversion , on entendait toujours un mouvement en arrière. Le verbe hébreu (shub) indique un mouvement en arrière. C’est un des rares mots hébreux que j’ai retenus parce qu’il me fait penser à chambouler. Shub, chambouler.  Le sens est que quelqu’un qui se rend compte qu’il a pris un mauvais chemin, qu’il a tourné le dos à la loi, se repent et il revient en arrière. Les prophètes parlent sans arrêt de ce retour en arrière. « Revenez ! revenez ! revenez ! » « L’hirondelle connaît le chemin de son retour, le cheval le soir, connait le chemin de son retour, mon Peuple, dit le Seigneur, a oublié le chemin de son retour ». Même dans la bouche de saint Jean Baptiste, la conversion signifie toujours cela. C’était une signification morale, ascétique, elle impliquait un changement de vie, de comportement, un changement concret de sa manière de vivre.

Lorsque Jésus prononce ce mot de conversion, le sens du mot est changé, non pas parce que Jésus s’amusait à changer le sens des mots mais parce que la réalité est changée. Il ne faut plus regarder en arrière. La réalité est devant nous. La signification, n’est plus revenir en arrière mais faire un bon en avant. Et entrer dans le Royaume, s’emparer du royaume. Vous savez ce qu’est un « coup de main » : c’est à plusieurs et très rapidement devenir maitre d’une situation, comme s’emparer d’un poste de garde, ou d’une place forte dans une guerre. L’idée est que Dieu, sans attendre que les hommes changent leur manière de vivre fait advenir  librement, gratuitement le Royaume, le Christ, l’évangile (c’est la même chose). Jésus le dit avec la parabole des invités aux festins : « Venez maintenant tout est prêt ». L’ordre n’est plus : d’abord la conversion puis il y aura le salut. L’ordre est désormais : le salut est arrivé, il est là. La conversion, c’est l’effet du salut, ce n’est plus la cause. C’est en  ce changement radical, absolu qu’est la nouveauté chrétienne. (Rm 3, 20- 25) : « Ainsi, par la pratique de la Loi, personne ne deviendra juste devant Dieu. En effet, la Loi fait seulement connaître le péché. Mais aujourd’hui, indépendamment de la Loi, Dieu a manifesté en quoi consiste sa justice : la Loi et les prophètes en sont témoins. Et cette justice de Dieu, donnée par la foi en Jésus Christ, elle est offerte à tous ceux qui croient. En effet, il n’y a pas de différence : tous les hommes ont péché, ils sont privés de la gloire de Dieu, et lui, gratuitement, les fait devenir justes par sa grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus. Car le projet de Dieu était que le Christ soit instrument de pardon, en son sang, par le moyen de la foi. C’est ainsi que Dieu voulait manifester sa justice, lui qui, dans sa longanimité, avait fermé les yeux sur les péchés commis autrefois. »

Mais 2000 ans après la majorité des chrétiens n’a pas réalisé cette nouveauté. C’est à nous de la faire découvrir. Se convertir et croire, ce ne sont pas deux choses différentes. C’est la même chose. Convertissez-vous, cela veut dire croyez. Saint Thomas d’Aquin dit que la première conversion consiste précisément à croire. Voilà la bonne nouvelle. Jésus nous dit que la porte d’entrée dans le Royaume ce n’est pas d’être irréprochable, parfaitement converti. C’est la candeur des enfants. Si c’était l’observance de la loi, nous en serions exclus pratiquement tous. Mais si la porte d’entrée est la foi, alors nous avons nos chances. Dieu nous a créés libres précisément pour que nous soyons capables de poser l’acte de foi qui sauve.

Voilà le grand message évangélique. La fameuse justification gratuite par la foi qui a constitué le thème d’un débat de plusieurs siècles entre catholiques et protestants. Cette révolution dans la manière de voir vient de Jésus. Saint Paul l’a développé dans toutes ses lettres parce qu’il en a fait l’expérience. Il est au fond comme un homme qui marche dans la nuit avec une toute petite torche, juste pour lui éviter les écueils du chemin. Et soudain sur le chemin de Damas, c’est la lumière complète du jour. Il n’a plus besoin de la petite torche. Toutes les religions commencent par dire ce que l’homme doit faire. Le christianisme est la seule religion qui commence par dire ce que Dieu a fait. Avant les commandements il y a la grâce, le Don. Les devoirs de l’homme viennent précisément du Don. La morale chrétienne est basée sur la gratitude.  

Il nous faut faire le coup de main, le coup d’audace. Prenons une comparaison. Il y a de plus en plus de SDF dans les rues du Puy. Imaginons qu’un jour, la nouvelle se répand qu’une propriétaire de magasins de vêtements invite tous ces SDF couverts de haillons, à aller chez elle prendre une douche et s’en aller habillés de neuf. Cela n’arrive jamais mais avec le Christ si. Au baptême le nouveau baptisé enfant ou adulte est revêtu de la robe de baptême, de l’aube ou symboliquement de l’écharpe. Seigneur Dieu, tu es mort sur la croix je te confie mes péchés mes échecs, mes blessures. Je m’en vais, ils sont à toi, tu t’en occupes.

Le Pasteur Thomas Roberts était anglo-saxon mais il était tellement malicieux qu’il arrivait à faire des jeux de mots en français. C’est ainsi qu’il avait sa façon bien à lui de traduire le passage d’évangile de ce dimanche: « Passant au bord du lac, Jésus vit Pierre et André qui lavaient leurs filets. Il leur dit : « Venez à ma suite et je vous enverrai pêcher non plus des poissons mais des hommes. » … Et aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent » (Mc1, 18) Le pasteur Thomas résumait avec humour : « Et Jésus leur dit : Jetez vos péchés et filez »…! Amen !

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Lundi 26 janvier 2026 Le Blasphème contre l’Esprit-Saint.

« Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés.  Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. » (Mc 3, 22-30)

Qu’est-ce que le blasphème contre l’Esprit-Saint ?

Une maman venait de perdre un enfant (qu’y a-t-il de plus douloureux pour une maman ?) Elle se met à crier vers Dieu sa détresse. Elle crie à l’injustice. Et puis subitement, elle se reprend et elle dit : « Non, je n’ai pas le droit. Je blasphème. Ce n’est pas que mon enfant, c’est aussi ton enfant. » Et à ce moment-là, elle ressent une joie étonnante qui jaillit du fond de son cœur. Elle va trouver un prêtre parce qu’elle est très culpabilisée de cette joie. » Le prêtre l’écoute et la rassure : « C’est bien la joie du Saint-Esprit » Elle jaillit quand on s’y attend le moins mais elle confirme un acte de foi.

Autrefois sur les bateaux, il y avait cet avertissement :
“Celui qui blasphémera le saint Nom de Dieu, le saint Nom de la Vierge Marie, et même le saint nom de tous les saints sera passé par la quille. S’il récidive, il sera passé par-dessus bord”. Quand l’un des leurs s’était rendu coupable de blasphème, la corne de brume retentissait. Tous les marins étaient réunis sur le pont et la sentence était prononcée. L’heure n’était plus à chanter des chansons de marin … ! Ce n’était pas une vague menace. C’était très sérieux ! Passer par la quille signifiait que l’on attachât le blasphémateur à une corde qui passait par-dessous le navire d’un côté à l’autre. Des marins tiraient aussi vite que possible de l’autre côté. Quand la mer ne fait qu’un petit clapotis, le risque est moins grave, mais quand la mer est en tempête, il vaut mieux ne pas être passé ni par la quille ni par-dessus bord.. En ce temps-là, on ne riait ni avec le respect de la religion, ni avec le respect de Dieu ! Dans une interview, voici ce que répondait le penseur Bertrand Vergely, penseur orthodoxe : à la question « Iriez-vous jusqu’à identifier une dimension diabolique dans l’héritage des « Lumières » ?
Si l’on observe certains événements récents, on a parfois le sentiment que notre société bascule dans un univers proche de celui, terrifiant, dépeint par le marquis de Sade dans La philosophie dans le boudoir, dont le libelle était, je le rappelle : « Français encore un effort, si vous voulez être républicain ». Sade

Les bonus : Ils bondiront de joie ! (6366) 28 грудня 2025 р. – YouTube

Qui est Jésus ? L’enquête historique et biblique.