16 nov. 2025 33ème dim. du T.O. C Pas les pierres mais nos cheveux !

Frères et sœurs nous pourrions méditer sur deux paroles de Jésus : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » et puis à la fin de sa déclaration : « Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. »

Le lundi 18 avril 2005, un certain cardinal Joseph Ratzinger, la veille du Conclave qui allait l’élire Pape, a prononcé une homélie dans la chapelle Papale. Dans cette homélie, il a dit ceci : « Nous devons porter un fruit qui demeure. Tous les hommes veulent laisser une trace qui demeure. Mais qu’est-ce qui demeure ? Pas l’argent. Même les constructions ne demeurent pas ; les livres non plus. Après un certain temps, plus ou moins long, toutes ces choses disparaissent. L’unique chose qui reste pour l’éternité est l’âme humaine, l’homme créé par Dieu pour l’éternité. Le fruit qui reste est donc ce que nous avons semé dans les âmes humaines – l’amour, la connaissance ; le geste capable de toucher le cœur, la parole qui ouvre l’âme à la joie du Seigneur. Alors, allons et prions le Seigneur, pour qu’il nous aide à porter du fruit, un fruit qui demeure. Ce n’est qu’ainsi que la terre peut être transformée d’une vallée de larmes en un jardin de Dieu. »

Le philosophe Fabrice Hadjaj converti au catholicisme il y a quelques années raconte avec humour qu’un coiffeur chez qui il a maintenant ses habitudes, lui disait un jour sa foi tranquille. Il s’interroge sur ce qui motive cette mystique capillaire, et le coiffeur lui répond avec surprise : « Allons, vous n’avez pas la foi ? (Je croyais pourtant l’avoir, dit-il …). L’histoire de Samson et Dalila suffirait à vous suggérer la gravité d’une coupe de cheveux.- en effet Samson avait fait confidence à Dalila que sa force résidait dans ses cheveux très longs et elle l’avait trahi en les lui coupant pendant son sommeil. Et les ennemis avait fait prisonnier Samson. Mais quand, dans sa prison, ses cheveux auront repoussé, il triomphera en faisant s’écrouler le palais sur ceux qui se croyaient invincibles. Et le coiffeur continue : pensez aussi  à  l’onction de la pécheresse, puis à  celle de Marie de Béthanie, l’une et l’autre essuyant les pieds du Christ avec leur chevelure. Cette répétition devrait vous alerter. Rappelez-vous seulement avec insistance le Seigneur Jésus lui-même en Luc 12 ‘ Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus (…). Vos cheveux même sont tous comptés’ ; puis en Luc 21 ‘Vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais pas un cheveu de votre tête ne périra.’ Vous comprenez ? » Pas très bien à vrai dire. Mais ces dernières paroles furent une illumination : « Je voudrais témoigner de l’amour de Dieu pour la moindre partie de notre corps. Quand on a cette assurance de la gloire à venir du cheveu, quand on croit que nos cheveux même sont appelés à la vie céleste, on surmonte sa peur et l’on devient capable de témoigner jusqu’au bout. » Ce coiffeur a même appelé son salon de coiffure et mis comme enseigne ‘La coupe du Salut’. Ce coiffeur était à un cheveu du mystère et il ne coupait pas les cheveux en quatre. L’âme reste et à la résurrection de la chair le Seigneur lui donnera le pouvoir de ressusciter notre corps.

Que nous demande Jésus finalement ? : « Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par … votre persévérance que vous garderez votre vie. »

La persévérance, ce n’est pas la caractéristique principale de notre société. Nous sommes plutôt dans le zapping, l’innovation, l’original, le changement. Alors pensons à Guillaumet. Son aventure a été racontée par Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des Hommes. Guillaumet, un des pionniers de l’aéropostale se trouve un jour naufragé dans la Cordillère des Andes. Ce pilote hors-pair va marcher 5 jours et 4 nuits dans le froid glacial, sans piolet, sans cordes, sans vivre, escaladant des cols de 4500 m. ou progressant le long des parois verticales, saignant des pieds, des genoux et des mains par 40 de froid. Vidé peu à peu de son sang, de ses forces, de sa raison, il avançait avec un entêtement de fourmi revenant sur ses pas pour contourner l’obstacle, se relevant après les chutes ou remontant celle des pentes qui n’aboutissaient qu’à l’abîme, ne s’accordant aucun repos car il ne se serait pas relevé du lit de neige. Et en effet, quand il glissait, il devait se redresser vite afin de n’être point changé en pierre. Le froid le pétrifiait de seconde en seconde et pour avoir goûté, après la chute, une minute de repos de trop il devait faire jouer pour se relever des muscles morts. Il résistait aux tentations.  Dans la neige expliquait-il après, on perd tout instinct de conservation ; après deux, trois, quatre jours de marche, on ne souhaite plus que le sommeil. Je le souhaitais, mais je me disais : “Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi”. Et il marchait, et de la pointe du canif, il ouvrait chaque jour un peu plus, l’échancrure de ses souliers pour que ses pieds qui gelaient et qui gonflaient puissent y tenir. “Ce qui sauve c’est de faire un pas, encore un pas. C’est toujours le même pas que l’on recommence…” Sa phrase célèbre : “Ce que j’ai fait, je le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait”.

Que le Seigneur nous donne la grâce des petits pas pour embellir notre âme et qu’un jour nous ayons la plus belle coiffure du monde ! Amen !

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Lundi 17 novembre 2025 Résistance

Lecture du premier livre des Martyrs d’Israël : « En ces jours-là, de la descendance des successeurs d’Alexandre le Grand surgit un homme de péché, Antiocos Épiphane, fils du roi Antiocos le Grand. Il avait séjourné à Rome comme otage, et il devint roi en l’année 137 de l’empire grec. À cette époque, surgirent en Israël des hommes infidèles à la Loi, et ils séduisirent beaucoup de gens, car ils disaient : « Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent. En effet, depuis que nous avons rompu avec elles, il nous est arrivé beaucoup de malheurs. » Ce langage parut judicieux, et quelques-uns, dans le peuple, s’empressèrent d’aller trouver le roi. Celui-ci leur permit d’adopter les usages des nations. Ils construisirent un gymnase à Jérusalem, selon la coutume des nations ; ils effacèrent les traces de leur circoncision, renièrent l’Alliance sainte, s’associèrent aux gens des nations, et se vendirent pour faire le mal. Le roi Antiocos prescrivit à tous les habitants de son royaume de ne faire désormais qu’un seul peuple, et d’abandonner leurs coutumes particulières. Toutes les nations païennes se conformèrent à cet ordre. En Israël, beaucoup suivirent volontiers la religion du roi, offrirent des sacrifices aux idoles, et profanèrent le sabbat. Le quinzième jour du neuvième mois, en l’année 145, Antiocos éleva sur l’autel des sacrifices l’Abomination de la désolation, et, dans les villes de Juda autour de Jérusalem, ses partisans élevèrent des autels païens. Ils brûlèrent de l’encens aux portes des maisons et sur les places. Tous les livres de la Loi qu’ils découvraient, ils les jetaient au feu après les avoir lacérés. Si l’on découvrait chez quelqu’un un livre de l’Alliance, si quelqu’un se conformait à la Loi, le décret du roi le faisait mettre à mort.  Cependant, beaucoup en Israël résistèrent et eurent le courage de ne manger aucun aliment impur.  Ils acceptèrent de mourir pour ne pas être souillés par ce qu’ils mangeaient, et pour ne pas profaner l’Alliance sainte ; et de fait, ils moururent. C’est ainsi que s’abattit sur Israël une grande colère. »

Nous commençons aujourd’hui le Livre des martyrs d’Israël. On l’appelait il y a peu le Livre des Maccabées, du nom de cette famille  juive cheffe de fil de la résistance à Antiocos qui voulait faire disparaitre la religion juive. Sans doute les traducteurs ont-ils préféré Le livre des martyrs en raison du sens du mot Maccabée qui en français vulgaire désigne un cadavre. Il est facile de faire le parallèle avec ce qu’il se passe aujourd’hui, sans se victimiser. La place de la Nation, dans le XIIe arrondissement de Paris, a accueilli dimanche 28 septembre dernier un rassemblement inédit : une manifestation pour interpeller l’opinion publique sur la christianophobie en France et dans le monde. Un événement pacifique, organisée par un collectif de jeunes chrétiens catholiques, protestants et orthodoxes, qui faisait suite à l’assassinat dramatique d’Ashur Sarnaya, un chrétien Irakien, handicapé, poignardé en plein direct à Lyon le 10 septembre dernier. Les manifestants – 1500 environ – étaient pour certains munis de croix, pour d’autres de drapeaux français, mais aussi libanais ou irakien, ainsi que de nombreuses pancartes affirmant “On tue des chrétiens, le monde se tait”, “Ashour repose en paix” ou encore “pray for Yémen” “pray for Nigeria” “pray for Cuba”… Après un “Notre Père” et des chants, plusieurs intervenants ont pris le micro, sur un coin de la place de la Nation où le rassemblement s’est tenu dans le calme et le recueillement. “Nous sommes ici pour dénoncer la persécution qui vise 380 millions de chrétiens dans 72 pays”. Les manifestants scandaient “Jésus, Jésus”, ou des slogans tels que “Les chrétiens sont tués, les médias restent muets” ou “chrétiens de tous pays, nous portons votre cri”.

La persécution est souvent subtile. Gabrielle Cluzel écrit : Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus ?  C’est la question lancinante que se pose, le lycéen, l’étu­diant ou le jeune qui vit dans un univers spirituellement hostile. Chercher une messe dominicale lors d’un week-end d’intégration ou d’un déplacement professionnel est déjà, aux yeux de certains, obscurantiste : « Ce n’est pas grave, tu n’auras qu’à y aller un autre jour de la semaine ! », lui suggère-t-on obligeamment, comme s’il s’agissait d’une séance de gym. Avouer que l’on ne vit pas avec son (sa) fiancé(e) alors que l’on est sur le point de se marier déclenche des cris d’orfraie : « Mais comment pouvez-vous savoir que vous allez vous entendre si vous n’avez jamais essayé ? » On voudrait rétorquer que la quasi-totalité des gens ordinaires ont « essayé » et que cela ne les empêche pas de divorcer. Pire : on n’a jamais autant essayé, on ne s’est jamais autant séparé, mais l’on n’ose pas. Alors aborder les sujets sociétaux qui font l’actualité… Comment tracer son chemin sans renier, abjurer, trahir, entendre chanter le coq trois fois ? La clé, c’est une jeune prof de philo qui l’a donnée à ses élèves de terminale, lors d’une réunion de rentrée  : « Il ne faut pas toujours dire ce que l’on pense : il faut toujours penser ce que l’on dit. » Cette citation est prêtée à la marquise de Lambert, femme de lettres du XVIIIe siècle, mais elle est éternelle. Il n’est pas interdit d’être stratège, tacticien, adroit, délicat, diplomate, astucieux, malin… mais il est interdit de mentir. Si l’on veut continuer à pouvoir se regarder dans la glace.

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